
Autant les pochettes vieillottes se sont clairement ringardisées avec le temps – et pour le coup, c’est très clair – autant la musique américaine des années 60-70 n’a jamais été aussi actuelle. Avec son nouvel album solo, John Fogerty repart comme un gamin sur son canasson entre le folk, la country surtout et le blues. Hop, les gens chevauchent leurs montures, direction les plaines désertiques de l’Amérique. La voix inoubliable des Creedence Clearwater Revival – groupe extraordinaire entre 1968 et 1972 et qui aurait pu connaître une carrière géante – est là pour vous guider. A 60 balais passés, Fogerty reste définitivement le mec le plus cool au monde et donne l’envie à tous d’effectuer un saut de 40 ans en arrière pour profiter de l’insouciance des générations rock’n'roll.
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Pour ceux qui ne le connaissent pas, Brendan Benson est le fidèle cavalier de Jack White chez les forts sympathiques Raconteurs. Jack White ayant un peu trop tendance à s’approprier comme un boulimique tous ses side-projects, ceux avec qui il collabore ont tendance à s’effacer presque naturellement. Avec son quatrième album solo ‘My Old Familiar Friend’, l’originaire du Michigan a l’occasion de repasser au premier plan. Armés de onze chansons sans prétention, il semble tout heureux de nous organiser un petit trip power-pop, un retour en grandes pompes vers l’adolescence. La spontanéité du bonhomme et son plaisir de jouer simple font mouche instantanément. Infatigable, il court après sa liberté et nous emmène avec lui. On ressort épuisé de cette course d’endurance, mais avec la certitude que l’effort nous a fait un bien fou.
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L’année dernières, ils avaient été fabuleux sur leur premier album éponyme. Ils avaient su tiré leur épingle du jeu en remaniant gracieusement folk et pop, arrivaient à croiser influences modernes et influences sixties sans choquer l’auditeur. L’alchimie était parfaite, l’album devenait presque incontournable. Un an plus tard, leur ‘Keep In Mind Frankenstein’ avait la lourde tâche de devoir confirmer. Pour ne pas laisser le suspens s’installer, autant dire tout de suite que ce nouvel opus déçoit, autant par son manque flagrant d’ambition, de variété et d’allant. Même si atteindre le niveau du précédent effort relevait franchement du miracle, les Grand Archives pouvaient présenter un produit beaucoup plus complet. Ils ont épuré leur jeu, se sont concentrés sur les voix, et ont par conséquent oublié tout ce qui faisait leur charme il y a encore quelques mois. L’inspiration s’est fait la malle, mais pas le talent, fort heureusement d’ailleurs. Rarement flamboyant, souvent ennuyant, ‘Keep In Mind Frankenstein’ n’est pas désagréable et devrait – à défaut de réjouir les fans du premier album – satisfaire un nouveau public, davantage amateur de pop-folk posée et intimiste.
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Des groupes comme Danger Danger, il en existe certainement des dizaines et des dizaines. L’A.O.R (Album Oriented Rock) est un registre ultra-cliché qui ne laisse aucune place à la surprise. Compositions hard-rock ultra-carrées, ultra fluides, des structures couplet/refrain classiques, des solos envenimés, des claviers kitsch, un gnian-gnian assumé, des chœurs dévastateurs, voila sans grande caricature ce à quoi il faut s’attendre. Le genre d’albums ultra-mélodique bourré d’énergie et de refrains euphorisants, parfait pour mettre son cerveau sur off quelques temps. L’opus ‘Revolve’ des quatre américains de Danger Danger s’inscrit dans ce mouvement et procure un plaisir irréfléchi et instantané, non sans rappeler les mythiques et non moins géniaux Def Leppard.
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Parmi les groupes cultes du rock progressif, Marillion est certainement celui qui divise le plus l’opinion. D’un côté, il y a eu le départ de Fish en 1988 et son remplacement par Steve Hogarth, évènement mal vécu par une grande majorité de fans. De l’autre, il y a les critiques un brin élitistes de musique progressive qui ne comprennent pas trop leur emplacement dans le mouvement progressif. Font-ils vraiment du rock progressif? Bref, des petites choses qui font que chaque nouvelle sortie studio du groupe s’accompagne aussi bien de critiques acerbes que d’énormes acclamations. Depuis l’arrivée de Steve Hogarth – l’un des chanteurs les plus remarquables depuis les années 90, et par ailleurs infiniment plus intéressant que Fish - la discographie du groupe présente de rares et gigantesques ratés, mais surtout quelques chefs d’œuvres bouleversant de beauté comme personne d’autre n’en fait. Leur dernier opus, ‘Less Is More‘, contient onze chansons (+ 1 inédite) de leur répertoire en version semi-acoustique. Un nouveau cadeau indispensable pour les fans, et un album au minimum très sympathique pour les curieux. Zen, apaisant et terriblement, terriblement beau.
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Après la danse tropicale offerte par Jack Peñate avec son album ‘Everything Is New’, c’est au tour du trio suédois Miike Snow de proposer la leur dans un opus éponyme cisaillé entre musique électronique et pop. Tantôt dansants, tantôt reposants, les onze morceaux présents sur leur premier effort dégagent une sensibilité mélodique et une richesse indéniable, si bien que les plus réfractaires à la musique électronique ne devraient avoir aucun mal à rentrer dans leurs chansons. Si ce disque aurait pu être parfois plus dynamique et excitant, il permet au moins de démocratiser la musique électronique avec la manière. L’ensemble est très plaisant, intelligemment construit, et diablement séduisant.
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Sous la complexité de l’intitulé El Perro Del Mar se cache Sarah Assbring, une jeune artiste indépendante suédoise férue de pop. Elle a sorti le 20 octobre dernier un nouvel album – où devrions nous dire un mini album avec seulement sept titres au compteur – succédant donc au très remarqué ‘From The Valleys To The Stars’, sorti l’année dernière et qui comptait dans ses rangs le tube « Glory To The World », ultra-connu et ultra-addictif. Avec ‘Love Is Not Pop’, elle ne dévie pas de son chemin et continue de fouiller dans les vertus apaisantes de la musique pop pour composer des morceaux d’une simplicité irrésistible – des berceuses qui partent errer dans les paysages gelés de la Scandinavie. Une bien jolie surprise, contagieuse, prête à enrhumer la pop avec plein d’amour.
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Des clips bien connus sur la toile, des premières parties en pagaille, une succession de festivals, et ce sans véritable album à l’appui. C’est désormais chose faite pour les quatre toulousains de The Dodoz, qui sortent leur premier effort aujourd’hui et qui sont en tournée dans toute la France depuis le début du mois. C’est d’ailleurs sans aucun doute sur la scène que The Dodoz devrait rencontrer le plus de succès. Leur premier disque fournit un bon lot de tubes punk-rock clairs et accessibles, parfaits pour enflammer les salles de concerts. Peut-être plus enclins à attirer un public ado de plus en plus tourné vers les productions anglo-saxonnes, les originaires de la ville rose donnent en tout cas tout ce qu’ils ont. Un souffle de jeunesse et de fraîcheur non négligeable pour un premier disque encore imparfait, mais décomplexé au possible.
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La Suède est définitivement une terre de miracles, une contrée où fleurit de manière incroyable des dizaines et des dizaines d’artistes ultra doués. Pour nous le prouver une fois encore, le duo suédois de Friska Viljor vient de sortir leur troisième opus depuis leur formation en 2005 , intitulé ‘For New Beginnings’. On connaissait déjà les suédois excellents pour composer des chansons tristounettes et mélancoliques. Avec Daniel Johansson et Joakim Sveningsson, le ton est clairement plus festif et enjoué. ‘For New Beginnings’ est un album cramé au soleil et terriblement pêchu, incapable d’accueillir le trop plein d’énergie des deux hommes, deux talents décomplexés en guerre contre la grisaille.
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A 46 ans, celui qui a longtemps été l’un des fers de lance des Stone Roses sort un nouvel album studio, son sixième en onze ans. Et il aurait annoncé via son site officiel que peu importe le moyen utilisé, il faudrait posséder ‘My Way’ car ce serait à ce jour son meilleur album. Autant dire que si ce qu’il dit est vrai, découvrir sa discographie risque d’être une sacrée perte de temps. Non pas que son nouvel album soit juste nul et inécoutable, mais parce qu’une chanson ou deux suffisent à en résumer son intégralité. Plongé dans une ambiance spatiale, futuriste, la fusée Ian Brown tourne en rond sans s’en rendre compte. Pire encore, elle traverse plusieurs fois les immondes constellations des années 80. Reste alors à espérer que son septième bébé ne soit pas le plus beau.
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Parmi ceux qui naviguent depuis un petit moment dans la bulle musicale indépendante, le nom de Clap Your Hands Say Yeah ne peut pas laisser indifférent. En deux albums assez fous, le groupe de Brooklyn s’est installé comme un incontournable de la scène indie-rock. Et ce statut, ils le doivent en grande partie à leur leader charismatique Alec Ounsworth, un songwriter pétri de talent brut et d’un je-m’en-foutisme tellement assumé qu’il en a fait une marque de fabrique. Habitué aux expériences un peu tarés dans son groupe principal, il s’est lancé aux côtés de potes musiciens dans une aventure solo. Fidèle à ses habitudes, c’est donc sans aucun calcul qu’il présente ‘Mo Beauty’, une collection de titres qui pourraient résumer les souvenirs d’une nuit mouvementée à écumer tous les bars de la ville. Une soirée foutraque et inoubliable.
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Shakira est une pop-star adulée par des millions de gens, une artiste ultra-médiatisée et rangée malencontreusement avec les icônes de la pop que sont Madonna ou Britney Spears. Jolie, amatrice de déhanchés ultra-sexy, figure marketing exceptionnelle vendant des millions de disques dans le monde, rien ne l’obligeait à composer de bonnes chansons. Mais contrairement à bon nombre de pétasses américaines croulant sous les millions – et ce n’est pas ce qui manque – la colombienne semble un minimum intéressée par la musique et son studio, laissant aux autres le temps d’aller montrer leurs strings dans les soirées people. Un effort peut-être pas surhumain, mais tellement rare de la part de ce genre d’artistes qu’il est normal de le noter. Et les efforts payent, puisque son nouvel opus ‘She Wolf’ est rempli de titres tout à fait honorables où priment rythmes dansants et sensualité. Attention simplement de ne pas trop se laisser tenter par les sangsues du marketing et les poubelles de la pop.
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Comparé dans son pays aux plus grands artistes - Joe Strummer, Billy Bragg, Mike Sinner ou encore Alex Turner des Arctic Monkeys – Jamie T est à 23 ans une des nouvelles icônes de la jeunesse britannique. Avec ‘Kings & Queens’, il sort son deuxième album, une occasion rêvée pour laisser son talent se déverser sur une douzaine de petites histoires, sans prévoir de dosages et de recettes bien précises. Déjà frappé d’un certain atypisme sur son premier disque ‘Panic Prevention’, Jamie T, armé de son flow terrible, continue en 2009 de jongler aisément avec les genres musicaux. Ce nouvel opus qui apparaît encore une fois comme une chambre désordonnée n’est pas un foutoir ordinaire. Entre les cadavres de bières et les vinyles poussiéreux, l’artiste anglais a troqué ses compositions un peu flemmardes contre des hymnes d’une efficacité redoutable.
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Grandiloquence et confettis sont au programme du cinquième album des canadiens de The Hidden Cameras. Dotés d’une imagination sans limites, ce vaste collectif originaire de l’Ontario a visiblement décidé de réveiller la bonne humeur de chacun et de prolonger l’été le plus longtemps possible. Sous une orchestration fantasque et des mélodies soignées se cache une pop multicolore et généreuse aux allures de comédies musicales. Avec le froid qui débarque à l’horizon et les virus prêts à vous pourrir l’automne, voici onze cachets remplis de vitamines à avaler. Avec modération tout de même pour éviter des effets secondaires indésirables.
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