A l’instar de Peter Doherty, mais dans un registre beaucoup plus soft, Lily Allen a l’habitude de se retrouver dans les magazines people pour quelques excès de boissons et sorties peu glorieuses. Pourtant, elle aussi est une artiste dont le talent se doit d’être saluée. Depuis « Alright Still« , la charmante londonienne a su devenir une des grandes dames de la pop britannique et mondiale. « It’s Not Me, It’s You » ne se limite pas à son simple succès commercial impressionnant. Regorgeant de pistes électro-pop, sucrées, pleines de charme et de sensualité, ce nouvel album, varié, sans surenchère synthétique et sans faute de goût, est vraiment une jolie surprise. Celle qui ressemble à s’y méprendre à Natasha Khan des Bat For Lashes fait preuve de beaucoup de justesse dans son interprétation vocale, et parvient à apporter toujours de la fraîcheur et l’engouement qui font mouche sur ses compositions. En fait, Lily Allen a la bonne idée de ne pas se prendre la tête avec la musique, se gardant de toute ambition artistique démesurée, préférant se concentrer sur une conversion à l’électronique pas toujours évidente. Subtil et sobre dans ses arrangements, l’artiste mise avant tout sur des mélodies accessibles et envoutantes. Un album qui ne fait que refléter la beauté naturelle de sa créatrice.
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« Born On Flag Fay », deuxième album pour les américains de Deer Tick, a la lourde tâche de succéder à « War Elephants« , unique LP du groupe avant ça. Pépite d’or dans l’univers folk-rock actuel, ce premier essai retentissait déjà comme un chef d’œuvre et lançait par la même occasion la carrière du groupe. C’est donc avec une certaine excitation qu’on attendait de nouvelles chansons à mettre dans nos oreilles. En dix pistes, et dans un temps plutôt court, la recette de Deer Tick reste inchangée. Toujours aussi attachés aux racines musicales de l’Amérique, le blues, le folk et la country continuent de transpirer leurs compositions. Homogène, rempli de belles mélodies qui entretiennent une certaine nostalgie envers la période musicale qui a vu entre autre la naissance de Bob Dylan ou Neil Young, « Born On Flag Day » tente de s’installer comme une confirmation de leur talent. Mais en en faisant le moins possible, c’est une tâche bien ardue. On ressent donc une certaine déception tant ce nouveau disque a bien du mal à tenir la comparaison avec son prédécesseur. L’état de grâce a clairement fait ses valises, et même avec un peu de recul, la satisfaction a en partie déserté.
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Découvert par le plus grand des hasards grâce à l’inévitable IndieRockCafé, Lemon Sun est un groupe de rock californien, du vieux rock puissant et groovy comme on les aime, qui sent bon les cigarettes et les virées sur la côte ouest. Après la sortie de deux EPs, ils proposent leur premier album, « Run With The Faithless« . A priori classique si on se réfère au son chaleureux et à un jeu sans excès de la part des membres du groupe, l’opus se révèle de plus en plus intéressant au fur et à mesure que les titres défilent. En se calquant parfois sur des rythmiques typiques des écuries de rock indé britannique, on pense souvent aux très bons Kooks, Lemon Sun arrive à diversifier sa musique et à conserver leur fraîcheur de par un côté power-pop vraiment sympathique. En 12 titres, dont pas un seul n’est à jeter, les américains font preuve d’une efficacité et d’une rigueur dans leurs jeux qui compensent sans problème un manque de folie un peu dommageable. Qu’importe, le disque est très bon, solide de A à Z, et la seule question qui nous reste après son écoute est: « Pourquoi un groupe de cette trempe n’est pas encore signé chez un label ? »
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Il aura fallu attendre trois ans pour entendre à nouveau parler de Chris Garneau, un singer-songwriter qui méritait bien une seconde chance après un premier opus mélancolique et larmoyant un brin décevant, aux compositions trop attendues. Alors très proche de l’univers des Damien Rice, Ray Lamontagne ou du regretté Eliott Smith, il se distinguait tout de même (comme Ray Lamontagne d’ailleurs) de cette meute grâce à un timbre de voix extraordinaire, d’une tristesse assommante, comme si l’homme portait toute la misère du monde sur ses épaules. Sur « El Radio« , son nouvel opus, il continue d’impressionner les foules grâce à son organe et cette façon si particulière de décomposer chaque phrase, chaque mot, chaque syllabe, produisant un effet d’articulation exagéré. Plus intéressant, il semble bien décidé avec cet album de sortir un peu (trop peu) d’une mélancolie ambiante, devenant lourde et pénible, même pour lui. Pour ça, il n’hésite pas à composer des titres originaux mêlant pop, folk, musique de carnaval et des orchestrations baroques un peu barrées. Le disque reste encore inégal, mais la prise de risques, si concise soit-elle, parvient à aérer un peu la musique de Chris. Et même ses chansons les plus tristes gagnent en beauté et en fraîcheur. Avec des compositions qui semblent osciller entre l’univers sanglant de Tim Burton et les étoiles de Walt Disney, sa musique pop devient un peu plus attirante que par le passé. Le train avance très lentement, et il semble être sur les bons rails …
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Fondé en 2001, le groupe parisien Chicros (ou Los Chicros, comme il vous plaira) a parcouru bien du chemin avant de sortir le mois dernier « Radiotransmission« . C’est seulement le deuxième album pour le groupe, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne manque pas d’ambition. En proposant pas moins de 19 chansons, les Chicros proposent un véritable zapping virtuel sur des ondes de radio fictives. Sans aucun doute original, ce disque était sans doute l’occasion pour la bande d’étaler leurs influences et leurs envies musicales, sans aucune autre limite que le concept même leur permettait. Un concept qui a le seul désavantage de ne pas favoriser l’écoute titre par titre (si tenté qu’on aimerait piocher de ci de là quelques chansons). En revanche, écouter l’ensemble d’une traite s’avère intéressant, amusant parfois, et rafraîchissant. Certes, l’intégrale des pistes se tient sur 36 petites minutes, mais sans doute que le concept même de l’album se se serait essoufflé au delà. Assez déroutant au premier abord, et pas vraiment transcendant du début à la fin, les quatre frenchies semblent être à l’aise dans leurs baskets, et il est nécessaire de saluer une démarche musicale plutôt casse gueule. Les Chicros sont heureusement de bon équilibristes.
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Sensation Indie depuis la sortie de son premier album « Matinée » en 2007, Jack Peñate profite de l’arrivée de l’été pour revenir avec un nouvel opus « Everything Is New« , apparemment très différent et infiniment plus réussi que le précédent. C’est bien possible, seulement je découvre cet artiste, avec ses neuf nouvelles chansons, qui devraient se retrouver dans pas mal de lecteurs MP3 d’ici les vacances, si tout se passe bien d’ici là. Mélangeant habilement musique pop et attitude rock dans une rythmique dansante et une ambiance de fête, Jack Peñate a de quoi s’attendre à un franc succès, tellement il sera difficile de ne pas devenir addict à ses mélodies si catchy. Bien plus subtile qu’elle n’y paraît au premier abord, la musique du britannique dégage vraiment une énergie euphorisante, en particulier au début du disque. Tous les morceaux ne sont pas forcément très convaincants, mais ils pourraient presque tous être choisis comme singles potentiels. Un album ensoleillé, aux allures tropicales et qui semble délivrer un message simple, que l’on pourrait résumer par un: « Let’s Go To The Party« . A savoir maintenant si un tel disque peut résister au temps une fois les vacances d’été terminées.
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Troisième album déjà pour les texans de Balmorhea, formés en 2006. Après l’excellent « River Arms« , disque posé, varié mais plutôt calme, « All Is Wild, All Is Silent » s’inscrit dans une veine plus Post-Rock, variant délicieusement moments calmes et instants plus mouvementés, en gardant l’ambiance polaire qui transpire sur leurs compositions. Encore plus diversifié, cet opus est plus attractif, plus épique, plus inspiré. Bref, plus réussi. Avec seulement neuf pistes au compteur, le quintet américain traverse montagnes, océans et paysages glacés. Leurs chansons sont plus riches et rythmées qu’auparavant, plus structurées aussi. En écoutant leur nouvel opus, les structures mélodiques de Sigur Ros et la classe de Cinematic Orchestra planent au dessus de chacune des pistes. Pour le reste, « All Is Wild, All Is Silent » est un album à écouter dans son ensemble pour être pleinement apprécié, à l’instar de pas mal de bandes originales de films. Et ce même si certaines pistes prises indépendamment restent excellentes. Allez, place à un voyage instrumental en première classe.
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Connu surtout pour avoir été le multi-instrumentaliste du duo Arab Strap, séparé depuis 2006, le natif de Falkirk n’a pas chômé pour entamer une carrière solo. « Waxing Gibbous » est déjà le cinquième album de l’écossais, le premier de sa part que j’écoute avec un tant soit peu d’attention. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bonhomme possède un univers musical tout à fait étrange, et pas franchement définissable. Assurément influencé par le folk pour son songwriting et sa manière de chanter, Malcolm Middleton fait preuve d’inspirations géniales dans ses compositions, distillant balades et titres pop-rock à mille lieux de ce qu’on pourrait imaginer. Plus impressionnant encore, il n’hésite pas à plonger lui aussi dans le monde électronique pour placer ici et là quelques sonorités modernes, toujours avec modération, sans dénaturer ses mélodies. Mais la véritable force de cet opus vient des ambiances, souvent oniriques, dont la beauté se révèle au moment où Middleton se met à chanter. Rarement un contraste aura été si fort entre un chanteur et sa musique, et si passionnant. Encore plus savoureux qu’une glace menthe-chocolat.
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Après un retour réussi d’Eminem avec son nouvel album « Relapse« , j’attendais avec impatience le nouvel opus des Black Eyed Peas, quatre années après le solide « Monkey Business« . Réputé pour l’introduction de nombreuses influences dans leur musique à base Hip-Hop, le supergroupe américain a le talent de savoir produire des albums universels, pouvant plaire à n’importe quel amateur de musique, et pas seulement aux amoureux de rap ou R&B. Les sonorités Jazz, Funk, Latines, Rock ou Soul ont toujours fait parti de leurs albums précédents. Sur The E.N.D, le groupe tombe un peu dans les travers de la mode en donnant à ce opus une coloration électro-dance évidente. Le résultat aurait pu s’avérer désastreux si on avait à faire à des branques, ce qui n’est pas le cas. Avec une discographie honorable derrière eux, les Black Eyed Peas ajoutent sur l’étagère un disque moins varié que les précédents, souvent à la limite de l’indigestion et de la faute de goût, mais qui sait se faire apprécier. D’abord par la prise de risques musicale permanente du groupe depuis leur début de carrière, par l’énergie incroyable qui se dégage de ce disque, démontrant un plaisir de jouer ensemble qui se ressent même via un enregistrement studio, et enfin par les quelques bombes dancefloor délivrées par Will I Am et sa bande. Et voilà encore de quoi continuer à méditer sur l’avenir du rap et du Hip-Hop …
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Né dans le nord de la France et exilé en Belgique depuis des années maintenant, Roman est un artiste expatrié encore trop peu connu dans nos contrées. Après avoir formé un groupe rapidement dissout, l’artiste sort son premier album solo auto-produit, « Any Place But Home« . Mélange classique de blues, folk et rock, le tout en acoustique, c’est avant tout son timbre de voix et son énergie qui donnent du cachet à cet opus. Peu original, mais jamais ennuyant, la sincérité du bonhomme dans son interprétation suffit à rendre l’écoute très agréable. Il me fait beaucoup penser de ce côté là Joseph Arthur ou Ray Wilson. Ce sont des artistes qui parviennent à transcender des compositions simples et très classiques, et qui n’ont pas toujours la renommée qu’ils méritent. Certes, Roman ne propose pas des morceaux toujours excellents, inoubliables, mais l’authenticité musicale présente sur les quatorze titres est incontestable. Pour un premier essai en solitaire, c’est plutôt réjouissant. Et si notre coyote délivre autant d’énergie et de groove en live qu’en studio (ce que l’on peut envisager sans trop de risques), on doit prendre beaucoup de plaisir à ses concerts.
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Après l’ensemble de critiques élogieuses qu’a pu recevoir Grizzly Bear pour la sortie de leur nouvel album, j’avais envie de publier la mienne, pour le coup beaucoup moins enthousiaste. Je vous rassure, je ne viens pas des Inrocks, et je ne descends donc pas un groupe dans le seul but de me différencier des « moutons ». On a beau tremblé d’admiration pour les nouvelles coqueluches indie que sont Grizzly Bear ou Animal Collective, et reconnaitre à la fois leur talent et ambition musicale, ce n’est pas toujours suffisant pour produire des albums intéressants, bien au contraire. Si le dernier disque d’Animal Collective arrive par des rythmes groovy et dansants à compenser le côté cérébral et barré de leur musique, Grizzly Bear, avec Veckatimest, tombe dans les travers de l’expérimentation à tout va. Pourtant plus talentueux, plus réfléchis et plus subtils que les auteurs du récent Merriweather Post Pavillon, la bande à Daniel Rossen a réussi à produire la parfaite caricature de la musique indépendante tel que je la vois aujourd’hui, où il est nécessaire d’expérimenter et de rechercher de nouveaux horizons pour forcer le trait marquant la frontière avec la musique commerciale et les majors. Voici donc Veckatimest, album de pop-folk trop ambitieux, trop fouillis, trop prétentieux, trop cérébral et trop complexe pour être apprécié. Un album surchargé et à mon goût surestimé.
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Présent sur la scène folk depuis 2006 seulement, le jeune trio américain Bowerbirds, composé d’un batteur et de deux multi-instrumentalistes, avait su convaincre les critiques dès la sortie de leur premier album « Hymns For A Dark Horse« . Sorte de folk aux colorations World Music, le groupe produisait une musique originale, et prometteuse d’une carrière intéressante. Leur nouvel opus « Upper Air » était l’occasion de confirmer tout ce potentiel. Globalement un plus épuré, la musique gagne en efficacité mélodique et en homogénéité. Un bien pour un mal puisque le groupe a perdu un peu de folie, un peu de puissance cause de chœurs moins présents, et donc un peu de sa personnalité. En écoutant attentivement ce disque, on retrouve le son dépouillé de Bon Iver, la magie des Calexico ou Iron & Wine, et même la subtilité et les inspirations d’un Andrew Bird. Sauf qu’à l’inverse de ces groupes, le groupe originaire de Caroline du Nord ne peut pas encore se poser comme référence. Parfois barbantes et trop peu variées, les compositions de Bowerbirds restent jolies et rafraîchissantes avant l’été, mais il faudra attendre encore un peu pour le chef d’œuvre.
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Les cinq parisiens qui composent le groupe « Eldia » sont de retour avec un nouvel EP intitulé Favorite Murderer. Auteur d’un premier album convaincant si on s’en tient aux propos des Inrockuptibles, les français assumeraient pleinement des influences musicales en provenance des années 60-70’s. N’ayant pas encore écouté le premier essai du groupe, je me contente des quatre chansons présentes sur cette galette pour me forger mon avis. Effectivement, les références musicales déjà décelées chez eux sont toujours présentes, mais leur musique ne se limite pas à imiter le son d’une époque ancienne. Avec une touche de modernité et de pop rafraîchissantes, Eldia livre un EP concis suffisamment révélateur de leur musique. On restera un peu dubitatif devant quelques expériences sonores pas toujours utiles, tout comme on restera sur notre faim devant le morceau qui conclue Favorite Murderer. Les autres compositions, variées et agréables, sont le fruit d’un groupe très prometteur.
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Deux ans après l’entêtant « Our Earthly Pleasures« , le quintet britannique vient de sortir son troisième disque studio intitulé « Quicken The Heart« . On oubliera assez vite la pochette, en course pour la plus laide de 2009, pour se concentrer sur leur musique, un concentré de pop-punk-rock aux sonorités électro, où simplicité est le mot d’ordre. Dans ce sens, les adeptes du précèdent opus ne seront pas déboussolés, puisque « Quicken The Heart » aurait pu s’appeler « Our Earthly Pleasures II » sans aucun problème. On pourra à juste titre critiquer leur enfermement artistique, l’incommensurable sentiment de répétition dès la première écoute. Mais malgré ça, il est difficile de ne pas accrocher aux rythmiques tubesques présentes sur les douze titres de l’album. Comme il est difficile de ne pas reconnaître la fraîcheur de leur son si léger et aérien, surtout quand l’été approche à grands pas. Maximo Park est un groupe difficile à définir, tant leur approche de la musique est particulière. Même en les définissant avec tous les critères d’un groupe purement commercial (format des chansons radiophoniques, structures ultra basiques, redondance,…), on n’arrive pas à ne pas les aimer. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque, mais on préfère se sentir un peu coupable.
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