
Avec leur premier opus « Limbo Panto », les britanniques donnaient le coup d’envoi à une pop à la fois barrée et subtile. Ajoutons à cela une voix falsetto pour une pointe de lyrisme et un soin énorme apporté aux parties instrumentales, et on obtient en sortie de chaîne une musique inédite et excitante. Et l’excitation arrive à son paroxysme avec la sortie de « Two Dancers », second album de Wild Beasts, et déjà un classique de pop indépendante. Le groupe, qui s’éparpillait un peu partout dans le passé, a su reconcentrer son énergie. Les mélodies sont plus dansantes, plus entêtantes, plus homogènes. Leur côté barré s’estompe un peu, mais ils gagnent en classe et en efficacité. Le résultat est stupéfiant. Comme si Grizzly Bear s’était mis au service d’une pop audacieuse et addictive.
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La suède est décidément une région du monde qui élève des talents comme on élève des cochons. Puits inépuisable d’artistes pop & folk indépendants (José González, Melpo Mene, Shout Out Louds, …), les talents se bousculent au portillon. Parmi les petits nouveaux, Palpitation, un duo féminin de pop sucrée et enjouée, qui a sorti son premier EP « I’m Happy Now » l’an dernier. Si les compositions restent somme toute assez classiques, c’est surtout cette voix enrouée et granuleuse qui procure un charme terrible à ce disque. Respirant la bonne humeur et doté de mélodies sautillantes, « I’m Happy Now » est un apéritif de luxe en attendant l’album qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Très secrètes, les deux jeunes femmes ont pour habitude de se cacher sous des masques ou costumes improbables, s’assurant ainsi que l’on ne s’intéresse qu’à leur musique. Une démarche rigolote qui ne fait qu’attiser la curiosité envers le groupe. Et elles nous le rendent bien.
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Josh Tillman est davantage connu pour son rôle de batteur au sein des Fleet Foxes que pour son parcours en solo. Et pourtant, « Vacilando Territory Blues » est déjà le cinquième opus du folk-singer américain. Moins démonstrative que celle de son groupe actuel, sa musique navigue dans les eaux calmes du folk et du blues. A l’instar d’un Ray Lamontagne, les émotions passent davantage par son timbre de voix frissonnant que par ses compositions. Souvent épurées, ces dernières ne laissent que peu de temps à des mélodies plus musclées. Le bonhomme finit logiquement par tourner en rond, voyant ses balades minimalistes se ressembler inlassablement au fil du disque. Mais pourvu d’un organe en or, il compense en partie ce manque de variations par des interprétations sensibles. Malheureusement pas assez pour rendre ces longues minutes à fleur de peau plus jolies qu’elles ne sont ennuyantes.
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Comment ne pas parler de Stuck In The Sound, ce groupe de rock indépendant parisien qui n’en finit plus de crouler sous les éloges, sans cesse comparé aux piliers des années 90 comme les Pixies ou Sonic Youth. Le second album du quatuor français est sorti en début d’année et a fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical de notre belle nation. Pourquoi ? Peut être pour ses guitares noisy. Peut être pour sa production très british. Peut être est ce suffisant aujourd’hui pour vendre du rêve quand on sait que la scène française peine à rivaliser avec la qualité des sorties américaines ou britanniques. Alors oui, Stuck In The Sound a cet atout déjà énorme de retranscrire des sonorités et des rythmiques typiquement anglo-saxonnes sans aucune difficulté. Mais une fois cette étape franchie, il réside toujours les problèmes de composer, de posséder son propose son et son propre charme. Et sur tous ces points, Shoegazing Kids n’est pas si convaincant qu’il en l’air. Hormis deux ou trois très belles chansons, la seule arme de ce deuxième disque reste sa production. Et sans remettre en cause le talent indiscutable du groupe, il faudra faire preuve de plus d’audace et ne pas suivre simplement les chemins tracés par les petits copains pour mériter autant de critiques élogieuses.
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Guitariste à l’origine du groupe de rock 30 Seconds To Mars, Solon Bixler s’est lancé en 2005 dans une nouvelle aventure musicale aux côtés de Rachel Stolte pour former le groupe Great Northern. Auteur d’un premier album remarqué en 2007 grâce à ses mélodies en apesanteur, les américains ont décidé avec Remind Me Where Is The Light de tenter un pari rock plus incisif, abandonnant leur style aérien prometteur. Ce revirement artistique n’est pas un échec cuisant, mais une belle déception. Malgré quelques mélodies puissantes et sucreries rock un peu adolescentes très efficaces, le duo peine à trouver ses marques, alternant le bon et le moins bon, dans un registre finalement moins intéressant. Remind Me Where Is The Light est un album rock à l’instrumentation lassante, dont les compositions oscillent maladroitement entre productions indépendantes et commerciales. Déjà très prévisible par le passé, Great Northern manque trop souvent d’idées pour espérer trouver sa place dans un milieu rock surpeuplé.
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Créateur et guitariste flamboyant du groupe Mostly Autumn, Bryan Josh a décidé d’inviter quelques uns de ses amis pour produire son premier effort solo. Cherchant à s’éloigner des compositions progressives de son groupe principal, le britannique aux doigts de génie dévoile ici quatorze pistes rock beaucoup plus directes et plus accessibles. Mais aux vues de ses expériences artistiques au sein de Mostly Autumn, le digne héritier de David Gilmour n’oublie pas de soigner l’instrumentation et de gratifier l’auditeur de quelques solos splendides que tout amateur de Pink Floyd appréciera. A des lieux de la hype de la musique britannique actuelle, Bryan Josh puise ses inspirations dans son univers progressif très seventies et le résultat est d’autant plus original, voir inédit. Imaginez si Roger Waters & David Gilmour décidaient de faire de la pop-rock aujourd’hui avec leur bagage instrumental … . Et bien « Through These Eyes » en serait un chouette aperçu.
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L’annonce de la formation de The Dead Weather, nouveau groupe mené par Jack White, a suscité beaucoup d’intérêt. C’est aux côtés d’Alison Mosshart (The Kills), Dean Fertita (Queens Of The Stone Age) et de Jack Lawrence (Raconteurs) que le leader des White Stripes a accouché de ce petit bijou. Enregistré en trois semaines par cette équipe de luxe dans un studio à Nashville, « Horehound » est un disque de blues plongé dans l’acide, une musique mystique comblant sa profondeur par de la crasse. « Horehound » est un disque dont le son heavy ferait transpirer le diable et dont le groove fait trembler la tombe d’Elvis. « Horehound », c’est une paire de Ray-Ban, un jean transpercé de toutes parts et un blouson en cuir poussiéreux. « Horehound », c’est la voix chaude et sexy d’Alison qui rend brûlante les mélodies du reste de la troupe. Bref, « Horehound » aurait presque pu être un nouvel album des White Stripes si une panthère n’avait pas rejoint les rangs. Peu ou pas de surprises à se mettre sur la dent, mais un contenu qui laisse espérer une suite dans les plus brefs délais.
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Ils sont trois, ils sont français, et comme c’est souvent le cas, ils chantent en anglais. Revolver est en fait un énième groupe dont l’univers pop/folk baigne dans les sixties. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le groupe porte le nom d’un album des Beatles. Plus qu’un simple clin d’œil, les britanniques font parti des influences majeures du groupe, comme l’ont été certainement d’autres groupes ayant évolué à cette période. Et ce qui fait en fait toute la différence entre Revolver et les autres, c’est qu’ils assument pleinement leurs références. Et tant pis si l’écriture se confond avec les hits de Simon & Garfunkel, des Kinks et des Beatles. Dans cet exercice de retranscription artistique plutôt osé, encore plus pour des français, Revolver a le mérite de nous replonger dans une des plus belles périodes pour la musique, grâce à des mélodies soignées et un amour transpirant pour les artistes qu’ils affectionnent. Leurs compositions sautillantes et leurs jolis chœurs effaceront quelques baisses de régime naturelle pour un premier album. Il se pourrait bien qu’on ait trouvé nos Fleet Foxes à nous.
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Le trio explosif des Noisettes n’aura pas attendu longtemps pour s’assagir. Après « What’s The Time Mr. Wolf ? », sorti en 2007, le groupe nous sert son second opus « Wild Young Hearts » cette année. Le groupe confirme qu’on peut compter sur eux quand il s’agit de faire un cocktail de genres musicaux. De la soul, un peu de rock, beaucoup de pop, et un penchant assumé pour les sixties. Paradoxalement, l’album se veut plutôt simple d’accès. La production aseptisée donne à leur musique un coté FM dommageable, en même temps qu’une certaine homogénéité non négligeable. Au final, le groupe s’en sort avec les honneurs, proposant au milieu de quelques titres plats sans grand intérêt quelques morceaux dansants énergiques. En revanche, dans le bon comme dans le mauvais, le timbre de voix de Shingai Shoniwa est toujours aussi juste et sexy. De quoi donner de la personnalité à leur musique et pardonner à moitié certains écarts trop radiophoniques.
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Le quatuor basé à Portland tient décidément un rythme infernal. « The Satanic Satanist » est déjà le quatrième album depuis 2006 pour le groupe répondant au doux nom de Portugal, The Man. Généralement avides d’expérimentations sonores pas toujours du meilleur effet, ce nouvel opus prône fraîcheur et simplicité mélodique, pas malvenues quand l’été bat son plein. Enregistré en une semaine et demi, on pouvait s’attendre au pire, ou au mieux à un album quelconque. Tout faux, il suffit de quelques jours aux membres de Portland pour sortir un petit chef d’œuvre de pop rétro terriblement entêtant, le tout avec une pincée de psychédélisme et d’influences diverses. La première écoute se savoure comme un fondant au chocolat qui sort juste du four, et c’est en toute logique que « The Satanic Satanist » s’impose immédiatement comme un classique. C’est un voyage première classe en direction des langoustes et des cocotiers que les américains nous offrent. Une musique enivrante et chaleureuse qui a choisi le bon moment pour pointer le bout de son nez. Une musique d’une savoureuse simplicité. Comme une crêpe sans grumeaux.
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S’il existe bien un artiste sous-médiatisé dans le métier, c’est bien Joseph Arthur. Depuis des années, le songwriter américain s’évertue à être hyper productif, sortant EPs sur EPs, albums sur albums, sans négligence artistique. Et malgré des critiques élogieuses en France, la force de son talent est encore peu connue du grand public. Découvert par Peter Gabriel et Lou Reed, l’artiste, accompagné depuis quelques temps des Lonely Astronauts, sort en 2008 son septième album studio intitulé « Temporary People ». Et comme a son habitude, il fait valoir son savoir-faire exceptionnel pour composer ballades folk intimistes et compositions folk rock plus musclées. Un peu moins ambitieux qu’avec son prédécesseur « Let’s Just Be« , le chanteur se débarrasse d’expérimentations sonores inutiles, se consacrant davantage à rendre une copie plus hétérogène. Le timbre de Joseph Arthur, toujours autant vecteur d’émotions, porte avec sincérité douze titres de folk-rock intenses. Et il n’a pas oublié de glisser quelques perles dont il a le secret. Un énième album qui ne doit son époustouflante réussite qu’au travail dans l’ombre effectué par ce bosseur exemplaire.
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Il m’a fallu du temps pour me décider à consacrer deux heures d’un dimanche après-midi à ce Looking For Eric, dernier bébé en date de Ken Loach. Et c’est avec une connaissance de sa filmographie finalement assez limitée que je me suis assis dans les confortables fauteuils du Diagonale de Montpellier. Après avoir entendu comme tout le monde, un peu partout, que le zozo britannique était un formidable réalisateur, depuis longtemps parmi les plus grands, je ne vous cache pas que les deux heures consacrées à cette bizarrerie cinématographique auraient certainement été plus rentables pour arroser le jardin ou tondre la pelouse. Et je n’exagère qu’à peine. Si la présence d’Eric Cantona, interprétant son propre rôle, ravira les fans du personnages et les plus curieux d’entre nous, le reste du film n’est clairement pas à la hauteur, si tenté que ce bon vieux briscard de Ken Loach ait tenté de raconter vraiment quelque chose. Film décousu, comme j’ai rarement eu l’occasion d’en voir, « Looking For Eric » alterne beaucoup d’ambiances différentes, beaucoup de genres cinématographiques, dans une joyeuse confusion générale inintéressante dès lors que l’ancien pensionnaire de Manchester United quitte la caméra. Difficile même de parler de déception tant l’ensemble n’a aucun sens et semble simplement répondre aux envies ponctuelles d’un grand monsieur du cinéma dont la vieillesse laisse visiblement pas mal de séquelles. J’ai du mal à croire que cet homme soit auréolé dans le monde du cinéma. Ou alors a-t-il choisi dans un nouveau coup de folie d’échanger son auréole contre un bonnet d’âne.
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Souvent déçu par une production musicale française plutôt désastreuse depuis pas mal d’années, ma curiosité pour les artistes du pays est longtemps restée au point mort. Mais depuis la disparition de l’immense Alain Bashung, ma seule vraie référence dans ce milieu, la recherche de la relève a commencé. Et je me suis rendu compte en y mettant un peu de bonne volonté que pas mal d’artistes moulinaient de bons produits dans leur coin, avec plus ou moins de talent. A défaut d’être une piquette devant les caméras, Jean-Louis Murat a offert l’an dernier avec « Tristan » un véritable chef d’oeuvre à la musique française. Anaïs, Camille ou Olivia Ruiz continuent de tricoter dans leur coin des univers originaux et inspirés. Et dernièrement, le disque « La Musique Et La Matière » de Dominique A n’est pas passé inaperçu grâce au dépressif « Immortels« , lourd de sens après la mort de Monsieur Bashung. Et puis il y a Emily Loizeau, une franco-britannique venue embellir l’année 2009 avec son « Pays Sauvage« . Cet opus est un recueil de chansons délicieuses, où poésie, humour et absurdité se bousculent au sein de compositions folk et country dépaysantes. Débordant d’idées et foutrement varié, ce disque complètement barré est une invitation à la fête qui ne se refuse pas après le vide et la morosité laissés par une partie de nos artistes sur les plateaux de télévision.
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A l’image de son leader Tony Dekker, le nouvel album des Great Lake Swimmers est arrivé avec la plus grande discrétion dans les bacs et sur les plateformes numériques. Depuis 2003, le quintet a eu le temps de sortir trois albums de folk-rock aussi rafraîchissants qu’un ‘Mister Freeze’ à la menthe en été. Experts pour produire des mélodies qui sentent bon l’évasion en haute montagne, les lacs et les chèvres, les américains ont décidé de remettre le couvert avec ce nouvel opus, qui présente les mêmes qualités et les mêmes défauts que les précédents. Quand ils décident de jouer la carte de la ballade folk épurée et pure, on aimerait qu’ils se décarcassent un peu plus. Mais dès qu’ils renouent avec leur musique folk aérienne, rêveuse et énergique, le résultat est à tomber par terre, même sans réelles innovations. Et il faudra à mon avis s’en contenter encore un moment, tant ils semblent avoir trouvé chaussure à leur pied depuis le début de leur carrière. « Lost Channels » est en réalité la seule chose importante à emporter en randonnée avec une gourde d’eau et une ‘Pompote’. Des compositions dynamiques pour accompagner l’effort de marche, et des chansons apaisantes pour la sieste du midi, marguerite entre les dents et marmottes à l’horizon. Dommage que ce soit pas trop mon truc … la randonnée. Enfin, c’est ce que je croyais avant cet album.
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