
Ni fan, ni détracteur, ni grand connaisseur de leur musique, notez que cette chronique s’est faite avec le moins d’aprioris possibles, même si j’ai pu observé à l’occasion de la sortie de « No Line On The Horizon » combien cet album divise. Pour leur grand retour cinq ans après leur dernier album, que peut-on attendre d’un nouvel album des quatre irlandais ? Et bien plus grand chose, tellement peu même qu’on aurait aimé que leurs origines les poussent à se mettre à la cornemuse pour jouer des airs celtiques traditionnels. Quelques fois de mauvais goût, ce nouvel opus reste surtout incroyablement lisse. Manquant considérablement de punch et d’inspiration, U2 a attendu cinq ans pour nous présenter l’archétype du disque commercial, trop bien produit, sans saveur, tout en retenue de peur de se faire mal. Il devient même difficile de trouver un hit, c’est dire. La volonté du groupe à se renouveler après tant d’années pointe le bout de son nez régulièrement. Les maladresses et les excès de confiance aussi. Dommage, car en prenant du recul sur « No One Line To Horizon », on se rend compte que c’est une pile de bonnes idées sabotées ironiquement par ceux-mêmes qui en sont à l’origine.
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Les habitués des productions Ninja Tune pourraient être déconcertés par le contenu du nouvel album de Fink. « Sort Of Revolution » n’emprunte pas vraiment les chemins électroniques de ses collègues officiant sous le même label. Son quatrième opus suit davantage les sentiers de la soul, du folk, du blues, avec toutefois un traitement des genres assez inédit. A une période où le folk se densifie et s’affole au gré des rythmes électroniques, le britannique entame la démarche inverse, et le résultat se veut forcément étonnant. Avec une aisance remarquable, Fink délivre des titres épurés aussi agréables qu’une brise de fraîcheur un soir d’été . Dans une ambiance intimiste et éthérée digne de productions Trip-hop et downtempo, l’artiste se met à nu, livrant quelques prestations dépouillées de grande classe. On regrette simplement qu’une fois installé dans un certain confort, la prise de risques minimum de Fink entache de temps en temps le disque de quelques longueurs évitables.
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Les tauliers du rock indépendant britannique menés par Alex Turner vont lancer en août leur troisième album studio « Humbug ». Tauliers de ce que beaucoup aiment appeler le « rock-hype », les Arctic Monkeys restent un quatuor plutôt éloigné de ce mouvement musical récent. Une chose est certaine, ils cartonnent outre-manche, leurs singles n’en finissant plus d’affoler les charts. Au delà du phénomène qui existe autour des anglais, la qualité de leur musique suffit à expliquer le succès rencontré par le groupe. Avec ce nouvel opus, ils continuent plus que jamais dans la veine rock des albums précédents. Mais c’est imprégné d’une noirceur supplémentaire que « Humbug » tremble sous l’énergie débordante que dégage le quatuor. Nerveux, entêtant et jamais vulgaire, le rock made in Arctic Monkeys reste une valeur sûre cette année encore.
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Comme l’indique l’ignoble pochette de « The Bachelor » ou sa coupe de cheveux improbable, Patrick Wolf aime faire dans l’excentricité. Inconnu à mon bataillon, le quatrième album du folklorique artiste britannique constitue pour moi une découverte. Et la première constatation, c’est que son attitude excentrique et barrée se retrouve totalement dans sa musique. Emporté par ses inspirations grandiloquentes, le grand blondinet livre un album profond, sensible et sincère, même si truffé de défauts. En prenant constamment des risques sur ses compositions, Patrick Wolf trace une limite fragile entre le génie et le ridicule. Mais qu’importe, il préfère foncer tête baissée, laissant derrière lui rires moqueurs et visages émerveillés. Le formatage musical et les étiquettes, Patrick Wolf vous les renvoie comme un bon anarchiste, dans la fraise.
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Après « Marry Me » en 2007, la multi-instrumentaliste Annie Clark, plus connue sous le nom de St Vincent a sorti un deuxième album cette année. Intitulé sobrement « Actor », ce nouvel opus a déjà conquis la majorité des critiques. Et l’une des raisons de cet enthousiasme incontrôlé reste certainement cette tendance actuelle à éviter la pop folk simple et classieuse au profit de l’expérimentation sonore. Rappelons qu’à ce petit jeu, les talentueux Grizzly Bear se sont gentiment ramassés la poire, quoi que mes collègues bloggeurs en disent. L’américaine, elle, s’en sort déjà un peu mieux, certainement par une connaissance plus juste du mot parcimonie. Ses dérives instrumentales dépassent malgré tout trop souvent le seuil de l’inutilité. Regrettable tant l’américaine dispose de qualités qui lui dispenseraient ces écarts un peu ridicules. Sa qualité d’écriture, sa classe naturelle et l’excellente production de cet opus suffisaient amplement.
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19 ans, une participation à Australian Idol non concluante, une bouille de mannequin, ou autant de clichés actuels qui font craindre le pire pour le premier album de Lisa Mitchell. Mais comme le dit le bon vieux dicton, il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Car en à peine treize chansons, « Wonder » délaisse les idées préconçues pour une pop-folk fraîche et terriblement variée. Chaque chanson possède un charme, un rythme, une influence particulière, une approche unique. Alors oui, la belle australienne laisse peut-être ses influences prendre encore le pas sur sa personnalité. C’est en tout cas flagrant sur quelques chansons. Mais à 19 ans, réaliser un tour d’horizon aussi mûr de la musique pop & folk demande un certain culot et pas mal de talent. Une surprise rayonnante.
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Extrêmement populaires aux Etats-Unis, et avec une trentaine de millions d’albums vendus à travers le monde, il est surprenant de ne jamais entendre le nom de Dave Matthews Band dans notre beau pays. Brassant des influences pop, folk et jazz au sein de leurs compositions rock, Dave Jon Matthews et ses copains sont connus et reconnus pour leur atypisme musical. Devenus une influence majeure pour beaucoup de groupes progressifs et amateurs de concerts à rallonge uniques, les américains sont de formidables musiciens au service d’une musique inimitable. « Big Whiskey and the Groogrux King », leur huitième album studio, ne déroge pas aux habitudes et n’est qu’un nouveau condensé de leur savoir faire ahurissant. Convenant aussi bien aux amateurs de pop accessible qu’aux plus élitistes fans de sonorités progressives, ce nouvel opus est aussi varié et coloré que la faune d’un océan. Fort de musiciens talentueux sachant évoluer dans tous les genres, le Dave Matthews Band vient de produire dans un air de fête un nouvel explosif au secret de conception bien gardé. Si la mort de leur fidèle saxophoniste LeRoi Moore l’an dernier ne les a pas laissé indifférent, elle les a transcendé pour mettre au jour cet album-hommage.
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Beaucoup voient en Harlem Shakes le nouveau phénomène hype après MGMT et Passion Pit, terme devenu indispensable dans le vocabulaire musical actuel si on ne veut pas passer pour une huître. Sauf la volonté de créer un nouveau produit marketing pour les adolescents et jeunes amateurs de musique qui n’écoutent plus que du rap et du Hip-Hop, la hype est une jolie invention de plus pour étiqueter un peu plus les artistes. Via leur premier album « Technicolor Health », les Harlem Shakes démontrent en fait très simplement leurs différents talents pour écrire des pop-songs surfant sur la vague Beach Boys et les seventies de manière plus générale. Paradoxalement, les New Yorkais possèdent également toutes les caractéristiques d’un groupe d’indie-rock des années 2000. Jeunesse, fougue, influences multiples, et une attitude un peu désinvolte. Ils n’entament pas une révolution musicale, mais font preuve d’une remarquable solidité et offrent un délicieux cocktail coloré pour cet été.
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Dans le monde du rock indépendant, Modest Mouse peut déjà faire figure de vieux routiers. Avec six albums studios au compteur depuis 1996, le groupe américain a toujours su produire des chansons originales, à tel point que les comparaisons avec d’autres groupes deviennent relativement inutiles. C’est pourquoi une nouvelle sortie du groupe reste toujours un petit évènement. Disponible le 4 août prochain, « No One’s First And You’re Next » est un EP contenant pas moins de huit chansons sévèrement accrocheuses. De nouveaux hymnes indie-rock authentiques produits par une bande de pirates déchaînés, naviguant à l’expérience sur leur vieux bateau. Des années que la recette est la même, et ils ne sont à mon avis pas prêts de la changer.
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Avec leur premier opus « Limbo Panto », les britanniques donnaient le coup d’envoi à une pop à la fois barrée et subtile. Ajoutons à cela une voix falsetto pour une pointe de lyrisme et un soin énorme apporté aux parties instrumentales, et on obtient en sortie de chaîne une musique inédite et excitante. Et l’excitation arrive à son paroxysme avec la sortie de « Two Dancers », second album de Wild Beasts, et déjà un classique de pop indépendante. Le groupe, qui s’éparpillait un peu partout dans le passé, a su reconcentrer son énergie. Les mélodies sont plus dansantes, plus entêtantes, plus homogènes. Leur côté barré s’estompe un peu, mais ils gagnent en classe et en efficacité. Le résultat est stupéfiant. Comme si Grizzly Bear s’était mis au service d’une pop audacieuse et addictive.
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La suède est décidément une région du monde qui élève des talents comme on élève des cochons. Puits inépuisable d’artistes pop & folk indépendants (José González, Melpo Mene, Shout Out Louds, …), les talents se bousculent au portillon. Parmi les petits nouveaux, Palpitation, un duo féminin de pop sucrée et enjouée, qui a sorti son premier EP « I’m Happy Now » l’an dernier. Si les compositions restent somme toute assez classiques, c’est surtout cette voix enrouée et granuleuse qui procure un charme terrible à ce disque. Respirant la bonne humeur et doté de mélodies sautillantes, « I’m Happy Now » est un apéritif de luxe en attendant l’album qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Très secrètes, les deux jeunes femmes ont pour habitude de se cacher sous des masques ou costumes improbables, s’assurant ainsi que l’on ne s’intéresse qu’à leur musique. Une démarche rigolote qui ne fait qu’attiser la curiosité envers le groupe. Et elles nous le rendent bien.
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Josh Tillman est davantage connu pour son rôle de batteur au sein des Fleet Foxes que pour son parcours en solo. Et pourtant, « Vacilando Territory Blues » est déjà le cinquième opus du folk-singer américain. Moins démonstrative que celle de son groupe actuel, sa musique navigue dans les eaux calmes du folk et du blues. A l’instar d’un Ray Lamontagne, les émotions passent davantage par son timbre de voix frissonnant que par ses compositions. Souvent épurées, ces dernières ne laissent que peu de temps à des mélodies plus musclées. Le bonhomme finit logiquement par tourner en rond, voyant ses balades minimalistes se ressembler inlassablement au fil du disque. Mais pourvu d’un organe en or, il compense en partie ce manque de variations par des interprétations sensibles. Malheureusement pas assez pour rendre ces longues minutes à fleur de peau plus jolies qu’elles ne sont ennuyantes.
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Comment ne pas parler de Stuck In The Sound, ce groupe de rock indépendant parisien qui n’en finit plus de crouler sous les éloges, sans cesse comparé aux piliers des années 90 comme les Pixies ou Sonic Youth. Le second album du quatuor français est sorti en début d’année et a fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical de notre belle nation. Pourquoi ? Peut être pour ses guitares noisy. Peut être pour sa production très british. Peut être est ce suffisant aujourd’hui pour vendre du rêve quand on sait que la scène française peine à rivaliser avec la qualité des sorties américaines ou britanniques. Alors oui, Stuck In The Sound a cet atout déjà énorme de retranscrire des sonorités et des rythmiques typiquement anglo-saxonnes sans aucune difficulté. Mais une fois cette étape franchie, il réside toujours les problèmes de composer, de posséder son propose son et son propre charme. Et sur tous ces points, Shoegazing Kids n’est pas si convaincant qu’il en l’air. Hormis deux ou trois très belles chansons, la seule arme de ce deuxième disque reste sa production. Et sans remettre en cause le talent indiscutable du groupe, il faudra faire preuve de plus d’audace et ne pas suivre simplement les chemins tracés par les petits copains pour mériter autant de critiques élogieuses.
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Guitariste à l’origine du groupe de rock 30 Seconds To Mars, Solon Bixler s’est lancé en 2005 dans une nouvelle aventure musicale aux côtés de Rachel Stolte pour former le groupe Great Northern. Auteur d’un premier album remarqué en 2007 grâce à ses mélodies en apesanteur, les américains ont décidé avec Remind Me Where Is The Light de tenter un pari rock plus incisif, abandonnant leur style aérien prometteur. Ce revirement artistique n’est pas un échec cuisant, mais une belle déception. Malgré quelques mélodies puissantes et sucreries rock un peu adolescentes très efficaces, le duo peine à trouver ses marques, alternant le bon et le moins bon, dans un registre finalement moins intéressant. Remind Me Where Is The Light est un album rock à l’instrumentation lassante, dont les compositions oscillent maladroitement entre productions indépendantes et commerciales. Déjà très prévisible par le passé, Great Northern manque trop souvent d’idées pour espérer trouver sa place dans un milieu rock surpeuplé.
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LEMON SUN – ‘Touch The Lightning’
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