
Quatrième album pour Barton Carroll et un style qui s’affirme. Sur ‘Together You And I’, son chant chaleureux croise la joie et la mélancolie, l’ombre et la lumière, en une poignée de mélodies sincères et noyées dans le whisky. Un hommage à la musique folk à plusieurs visages, maquillés sans débordement par un homme de goût et de talent.
photo: Will Austin
Dans un album concis et ne comportant que dix morceaux, Barton Carroll présente un état des lieux du folk plutôt complet. Sans humeur prédéfinie, sans dynamique préférentielle, l’artiste fait preuve d’une aisance vocale déconcertante pour s’adapter à des compositions fondamentalement différentes. S’il ne s’éloigne jamais très loin du territoire folk, la connaissance suprême qu’il possède de la notion de nuance, ajoutée à son jeu à cloche pieds sur les influences jazz & blues, lui suffisent pour construire un album solide et intelligent. Solide dans le sens où une écoute linéaire et complète démontre sa cohérence, puis intelligent dans l’idée qu’une écoute aléatoire ou qu’une simple pioche peut laisser un plaisir ponctuel. Avec des airs de voyageur aguerri, armé d’un timbre de voix profond, faussement fatigué, le songwriter a échangé les mélodies terreuses et vieillissantes du folk contre des tubes hautement addictifs, des métissages d’une finesse surprenante.
De vieux saxophones rouillés sortent de nulle part pour mettre sur leur 31 des mélodies dansantes et particulièrement joviales (« The Poor Boy Can’t Dance »). Les guitares rock reprennent vie, surchauffent et envoient Barton Carroll jouer des titres à mi-chemin entre le folk-rock de Neil Young et la pop de REM (« Monday Night »). Profitant de travail d’orfèvre de ses musiciens, l’américain enchaîne les métamorphoses avec une facilité presque abusive, évoque Michael J. Sheehy en crooner désabusé (« Something Good », « Do You Want To Get Out Of Here »), devient héros de rockabilly entre chœurs et saxo (« Past Tence »), puis héros des cœurs lors de duos renversants de tendresse (« Together You And I », « This Town Is Cold »), de sensualité et de luxe (« Let’s Get On With The Illusion »). Ne sortant que très rarement de son état de grâce, il convient de profiter de son retour parmi les mortels pour attaquer l’aspect classique et prévisible d’une ou deux mélodies folk, qui même sous la teinte bluesy des guitares (« Shadowman ») et la mélancolie ambiante (« Rich As A Rolling Stone »), ne semblent jamais faire figure de pièces essentielles du puzzle.
Au delà d’une étonnante polyvalence vocale, Barton Carroll offre des compositions d’une rigueur et d’une diversité admirables. ‘Together And I’ laisse l’occasion à chacun de trouver son titre phare, son morceau référence, et entretient – sans que cela ne soit un but – une forme de résistance de la musique folk artisanale face au prétendu folk de grande surface.
NOTE: L’artiste à mis son album à disposition sur son site, gratuitement et en très bonne qualité. Raison de plus pour découvrir sa musique et son talent.
Sortie: 19 Janvier 2010 | Genre: Folk, Jazz
Infos: Myspace | Acheter sur: Amazon
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Ce titre me plait beaucoup. Je vais aller écouter la suite…
Merci pour l’info.
En effet y’a du Neil Young là dedans. Du beau son. Thank’s pour la découverte. ^^