
Entouré d’une pléiade d’artistes (Owen Palett, Karl Blau, Mirah, Ryan Beattie), Nick Krgovich s’attaque à la musique ultra-populaire des années 60. A travers une quinzaine de chansons solaires, ses acolytes et lui prennent un plaisir d’enfer à jouer les Jeff Barry, les Shadow Morton ou les Ellie Greenwich.
Photo: Michelle Mayne
Pour sa forme rétrospective, son allure tellement démodée et ses milliers de paillettes, ce projet d’enregistrement plutôt atypique laissera incontestablement derrière lui autant de regards émerveillés que de sourires moqueurs. Et parce que ‘Maintentant’ donne l’impression d’être un remaster d’une compilation de tubes enterrés il y a un demi siècle, le public qui adoptera cet opus ne retiendra certainement que le travail de retranscription fidèle effectué par ce collectif. Après tout, le débordement de nostalgie et l’open bar de bonheur offert par les mélodies suffisent largement pour se laisser convaincre. Dans tous les cas, ce serait minimiser la finesse et la grâce des quinze compositions. Chaque invité a mis du sien pour que ‘Maintentant’ surpasse le simple exercice du copié-collé scolaire et devienne une œuvre à part entière, évocatrice d’un passé, certes, mais capable de s’adapter à son temps. Les Gigi proposent un pêle-mêle de gourmandises aux couleurs rougeoyantes du soleil et à l’odeur de printemps.
Les cuivres et les chœurs s’affichent à nouveau avec exubérance, embrasent des mélodies dont la jeunesse et l’effervescence semblent éternelles (“No, My Heart Will Go On”, “Alone At The Pier”, “Some Second Best”, “Impossible Love”, “Someone Tell Me Please”). Les princes de la nuit, crooners aux cheveux gominés, réincarnent leur noblesse d’antan (“I Can’t Bring Myself To Smile”, “Dreams Of Romance”), réenclenchent leur groove irrésistible (“Everyone Can Tell”). Les divas, elles, retrouvent leurs robes et les ambiances feutrées des cabarets, jouent de leur voix sensuelles pour dompter le public masculin (“The Marquee”, “I’m Not Coming Out Tonight”). Les soirées mélancoliques sont accompagnés par des airs de variété cajoleurs (“The Hundredth Time”), des chansons de bal au parfum d’amour (“I’ll Quit”, “Neathe The Streetlights”). Dans l’exposition faite de la renaissance de la variété des années 60, Nick Krgovich trouvera même le temps de placer quelques clins d’œil aux Rolling Stones et aux Kinks, avec ces rythmiques linéaires qui ont contribué à leur succès (“Strolling Past The Old Graveya”), et démontre comment l’ancienneté peut cohabiter spontanément avec des rythmiques plus modernes (“One Woman Show”).
Si jamais ‘Maintentant’ a la chance de connaître une forte médiatisation, il est à parier qu’un tel projet puisse remporter un franc succès. Pour les curieux et pour tous ceux dont la jeunesse a été bercée par la pop confetti et célèbre des années 60, Gigi offre quelques perles flamboyantes mais authentiques à croquer sur un collier de nostalgie. Un cadeau de noël après l’heure, à la valeur inestimable tant son existence même est inattendue.
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Sortie: 25 Janvier 2010 | Genre: Pop, 60′s
Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
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