Bright Star (2010)

Six ans après le thriller ‘In The Cut’, retour magistral de Jane Campion avec la romance tragico-poétique de ‘Bright Star’. Flottant deux heures sur une dynamique apaisante et monotone, le nouveau long métrage de la cinéaste néo-zélandaise puise toute sa force dans la grâce de ses interprètes et la splendeur de ses environnements.

Synopsis:

Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.  Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature. C’est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie. Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus.  » J’ai l’impression de me dissoudre « , écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause…

Critique:

A première vue, ‘Bright Star’ peut rapidement être considéré comme un film à risques et peu accessible. Il semble des choix plus excitants que ceux de Jane Campion quand celle-ci prend en otage l’Angleterre au début du dix-neuvième siècle, le temps de conter une histoire d’amour passionnelle. Seulement, il ne s’agit plus vraiment d’une romance lambda lorsqu’elle pose dans les bras d’une jeune femme séduisante le mythe post-mortem John Keats. Décédé à seulement 25 ans, la poésie de celui que l’on juge aujourd’hui comme l’un des poètes romantiques les plus importants de sa génération bénéficie d’un hommage royal et captivant, reléguant au second plan le modèle ultra-classique de narration adopté par la réalisatrice. Oui car voilà, dans ‘Bright Star’, et sous le contrôle de sa génitrice, les défauts les plus courants dans le cinéma deviennent des alliés de taille. La négation du rythme, les archétypes de l’amour et l’apparente niaiserie qui découle de vieux mœurs ne font qu’amplifier le caractère enivrant de la relation amoureuse liant Fanny Brawne et John Keats. La poésie et le romantisme propres à la littérature de Keats se retranscrivent idéalement en images, et très vite, le film de Campion prend la forme d’un havre de paix et de douceur éternelle.

S’il ne faut rien attendre des péripéties qui secouent le couple, la mise en scène de leur idylle, bucolique à souhait, laisse rêveur. La photographie soignée et laisse place au moindre détail. Sous des jeux d’ombres et lumières, la brise agite les rideaux de soie et les cerisiers à fleurs. Les héros dépensent des heures à flâner dans des champs luxuriants, déjeunent ou dansent dans les bois, et les papillons bleus volent dans les chambres. Le cadre paradisiaque et presque irréel offert par le film procure un sentiment de plénitude total, et envoie aux oubliettes la présupposée austérité des villages britanniques de l’époque. Qui plus est, la beauté du duo Corbish – Whishaw, leur classe et la délicatesse de leurs gestes attirent perpétuellement l’attention, si bien que le temps, le XIXème siècle et le mode de vie qui y affére n’ont très vite plus aucune importance. De la liaison naissante presque improbable de Fanny Brawne et John Keats jusqu’à la mort inéluctable de ce dernier, ‘Bright Star’ profite de son environnement anesthésiant pour ne glaner des clichés de la tragédie amoureuse que sa pureté et sa beauté.

La réussite de la nouvelle réalisation made in Jane Campion est surprenante, voir inespérée face à l’accumulation de préjugés potentiellement concevables pré-visionnage. Mais bien au delà de l’histoire présentée et du contexte historique, ‘Bright Star’, par son penchant poétique irrésistible et la naïveté amoureuse universellement touchante de ses acteurs principaux, transcende le genre romantique et se positionne comme un  futur film référence.

Titre français: Bright Star

Avec: Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider (II), …

Sortie: 06 Janvier 2010 | Durée: 1 h 59

Genre: Romance, Drame

Réalisateur: Jane Campion | Infos: Allociné

Autres chroniques: Toujours RaisonNicolinux

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Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.
Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids.
John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature.
C’est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.
Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus.  » J’ai l’impression de me dissoudre « , écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause…

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