District 9 (2009)

A force de rester figé au croisement de différents genres du 7ème art, le film soi-disant ambitieux de Neill Blomkamp n’est au final qu’une simple farce. Après deux heures à souffrir le martyr, à attendre désespérément que le réalisateur trouve quelque chose de sensé à faire de ses dix doigts, il faut se rendre à l’évidence et garder son sang-froid. Oui, ‘District 9′ ne pourrait être qu’un premier volet. La bonne affaire.

Synopsis:

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre…Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire…Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert. L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9 …

Critique:

Avant de décortiquer en long et en travers les raisons de son inintérêt, il est utilise de préciser que le film se découpe laborieusement en deux parties bien distinctes: une introduction mollassonne de près de quarante minutes suivie d’une seconde moitié orientée action, consacrée à une chasse à l’homme. Le scénario est un nid à sables-mouvants, un traquenard dans lequel Neill Blomkamp s’agite comme un beau diable pour ne finalement que s’enfoncer. L’invasion d’extraterrestres prêts à coloniser la planète étant l’une des combines bien connues du cinéma de science-fiction, le réalisateur de ‘District 9′ a souhaité modifier les rôles et traiter de manière réaliste la « cohabitation » hommes-extraterrestres. Un choix qui pousse le cinéaste dans le ravin, puisque celui refuse de se faire violence. Il ne fait qu’établir une forme d’esclavage digne de l’époque coloniale, où les aliens remplacent le temps d’un film, les populations africaines. A côté de cette overdose de racisme, Blomkamp essaye d’inclure des éléments du film documentaire – témoignages et flash news en cascade – et croit donner un peu matière à réfléchir en transposant la réalité capitaliste du monde à son film. En vain. Les descriptions multiples d’une nature humaine où seul le profit compte ne fera pas de ‘District 9′ un film intelligent ou un film à messages.

Comme lassé de ne pas trouver la bonne recette, le scénario est définitivement mis de côté dans la seconde partie du film pour laisser place à une heure catastrophique, qui se voudrait hollywoodienne sans avoir à y mettre les moyens. Longtemps du côté des humains, Vikus se voit obligé de rejoindre le camp alien depuis son infection par le virus extraterrestre. Il n’est alors rien d’autre qu’un prétexte maladroit à émotions. Sa soudaine solidarité avec ce peuple étranger permet à Blomkamp de mettre en exergue les souffrances et oppressions subies par le peuple extraterrestre, alors même que la première moitié de son film s’y consacrait déjà. La chasse menée par le gouvernement, elle, n’a aucun autre intérêt que de donner au spectateur quelques explosions et fusillades, au cœur de séquences dignes de séries Z, bourrées de raccourcis incohérents. Ultime blague, le personnage de Koobus – une sorte de Bruce Willis sans carrière et sans charisme – dont l’interprétation par David James (II) restera dans les annales du cinéma.

Occupé à pointer systématiquement le doigt sur les messages qu’il tente de faire passer, Neill Blomkamp, en plus de nous prendre pour des idiots, livre un film décousu et sans rythme. Qui plus est, on ne comprend pas trop l’intérêt d’utiliser le support de la science-fiction pour dénoncer avec si peu de subtilités la réalité humaine et les vices du capitalisme.

Titre français: District 9

Avec: Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope, …

Sortie: 16 Septembre 2009 | Durée: 1 h 50

Genre: Science-Fiction

Réalisateur: Neill Blomkamp | Infos: Allociné

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8 comments to District 9 (2009)

  • Je suis d’accord, la seconde partie est un peu décevante. Mais j’ai beaucoup aimé la première, façon documentaire. L’idée de l’Apartheid n’est sans doute pas d’une légèreté absolue, mais je la trouve efficace et intéressante pour montrer que l’histoire se répète ou que la mise à l’écart et la concentration d’une même population ne peut conduire qu’à la catastrophe.

    La SF a toujours servi de révélateur pour une époque donnée. Et je ne pense pas que Blomkamp nous prenne pour des idiots. Le film aurait gagné à choisir entre ses deux tendances, mais néanmoins je ne le trouve pas déplaisant du tout.

  • complétement d’accord avec toi ! ce film est une vraie réussite ! ;-) il est d’ailleurs dans mon top 10 2009.

  • TheNewLouiseBrooks

    Je ne suis pas d’accord. J’ai vraiment adoré ce film, d’ailleurs cela m’a surpris parce que la SF n’est pas franchement ma tasse de thé.
    Je ne vais pas détailler mon opinion, je suis d’accord avec ce que dit Nicolas.
    C.

  • Evzen W. Kolar

    Oh my god Thibault…. I can’t believe what you’ve just wrote. District 9 was most likely my favorite film of 2009 for the following reasons:
    Highly entertaining, very humorous & clever, very well directed and acted, brilliant special effects and above all, it had a great political message…. and action film that not only entertains, but gives you « food for thought », that’s very rare!Oh well, perhaps you didn’t get the humor….EK

  • I am sorry Evzen. Hope you could rejoin my opinion as most as possible in the future :p

    Merci à tous pour vos commentaires polis et posés. C’est rare lorsque l’on s’attaque à un film qui a été apprécié par une majorité.

  • ThePooh

    Si la réalisation est relativement exceptionnelle. Notamment la première partie sous forme de reportage qui est juste géniale tout simplement. Le film se perd ensuite dans son propre scénario. Entre un trop pleins de bons sentiments, de vouloir donner des leçon de morale etc…Le film perd tout son intérêt et devient juste un mauvais film hollywoodien. Pour les fans d’effets spéciaux peu regardant d’un scénario bien loin des vrais grands films de SF. Ce qu’on veut nous vendre comme un des meilleurs films de SF est en fait un film qui plait surtout aux gens qui ne sont pas fans de SF et qui sont relativement peu connaisseurs.

    De beaux effets ne font pas un grand film. Vraiment dommage de pas avoir tenu le concept du reportage de la première partie qui je le répète pour moi est exceptionnelle.

  • Simon

    Ta critique est totalement subjective et donc injustifiée. Pour avoir vu le film, les quelques commentaires qui sont ci dessus sont bien plus pertinents.

  • Baptiste

    Ce film est un chef d’oeuvre, criant de réalisme, avec une première partie exceptionnelle, originale et rythmée et un personnage principal drôle, original et touchant à la fois. Alors ok la deuxième partie est un peu en deçà mais elle reste néanmoins au dessus de la moyenne des films de ce genre. Je pense, comme Simon que ta critique manque d’objectivité. « un film décousu et sans rythme » c’est une blague? Ca fait des années que j’ai pas vu un film aussi prenant. Désolé, mais sur ce coup là, Tu sors!

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