
Quel dommage que le Girl Power de la première production sportive de Drew Barrymore, ‘Whip It’, ne soit qu’une façade à une recette bien connue des teen-movies. Profitant d’une excellente dynamique et d’une flopée d’acteurs détonants, la comédie charmante de la femme la plus virile du cinéma américain aurait mérité d’assumer pleinement sa facette un peu trashy.
Synopsis:
Par tous les moyens, Bliss Cavendar veut échapper à sa petite ville perdue du Texas et à sa mère qui est convaincue que sa seule chance de réussir dans la vie est de gagner les concours de beauté locaux. Bliss rêve d’autre chose… Lorsqu’elle se rend en cachette dans la grande ville d’Austin avec sa meilleure amie Pash, Bliss découvre un univers qu’elle n’aurait jamais imaginé : le roller derby. Associant girl power et punk-rock, cette discipline permet à chaque fille de laisser libre cours à sa personnalité… Fascinée par la championne Maggie Grabuge et par ses consoeurs, Bliss troque rapidement les robes et les couronnes contre les rollers et les minijupes. Menant une double vie, elle est serveuse le jour et devient la redoutable Barbie Destroy la nuit dans son équipe de roller… Elle peut enfin exister plus que jamais, affronter des rivales sans pitié, tomber amoureuse d’un musicien, et prouver ce qu’elle vaut vraiment. Pourtant, c’est lorsque son secret va éclater au grand jour que Bliss va réellement faire ses preuves. Elle va devoir prendre sa vie en main comme elle l’entend…
Critique:
Si Ellen Page ne rappelait pas film après film – rappelez-vous cette adolescente irrésistible dans Juno – qu’elle est bien née sous l’étoile du septième art, ‘Whip It’ aurait certainement connu pire destin. A 22 ans, l’actrice reste un choix de luxe dès qu’un rôle d’adolescent se libère. Bien plus introvertie que dans la comédie de Jason Reitman, elle interprète à la perfection le personnage de Bliss, une jeune femme de dix-sept ans prise en tenaille entre le désir profond de profiter enfin et les obligations et sentiments familiaux. Pendant plus d’une heure, le naturel et la sincérité de la comédienne comédienne crèvent l’écran à chaque apparition. En piste sur ses rollers ou en pleine love-story avec son petit-ami rockeur, elle fait longtemps illusion et impose une sorte de résistance indé face aux procédés bien classiques de la comédie pour ado employées par Drew Barrimore. Si l’on peut encore passer l’éponge sur le dénouement sportif sans intérêt du film, les schémas ultra-caricaturaux faits de la famille et de l’amour adolescent explosent terriblement la crédibilité globale d’un long métrage pourtant parti sur de bonnes bases.
Drew Barrymore n’a jamais dit non à l’humour décadent, ce qui explique sans aucun doute la forme très crue – mais pas vulgaire – de ‘Whip It’. Même si les « mâle » ne détiennent pas en exclusivité cet humour, il n’empêche que son utilisation par les femmes reste toujours très amusant. Depuis les surnoms éloquents des joueuses de Roller Derby (Jada La Pute, Eva Destruction, …) jusqu’aux beignes violentes reçues aux cours des matchs, en passant par les batailles de nourritures, la panoplie du trash commence à être bien remplie. Les seconds rôles – et dieu sait qu’ils sont ombreux – assurent tous un max, à l’image d‘un Andrew Wilson – bien moins insupportable que son frère Owen Wilson – qui sait rapidement se rendre indispensable en campant le rôle de l’entraîneur désabusé et qui semble toujours dépassé par les évènements. Qui plus est et ce malgré son inexpérience au poste de réalisatrice, Miss Barrymore maîtrise de long en large le rythme de sa comédie, effectuant des cuts qui apparaissent surprenant au premier abord, mais qui évitent – avec une prise de recul – au film de s’enliser inutilement plusieurs fois dans un faux-rythme.
‘Whip It’ prouve un peu trop souvent que les meilleurs ingrédients ne font pas forcément la meilleure recette. Néanmoins, il reste un divertissement tout à fait honorable, ainsi qu’une excellente occasion de (re)découvrir Ellen Page et l’univers drôlement épicé de Drew Barrymore.
Titre français: Bliss
Avec: Ellen Page, Drew Barrymore, Juliette Lewis, …
Sortie: 06 Janvier 2010 | Durée: 1 h 51
Genre: Comédie
Réalisateur: Drew Barrymore | Infos: Allociné
Autres chroniques: Panorama Cinema – Inrocks – Toujours Raison







































































Résultat honorable et casting qui relève le niveau global. Mais la réalisation reste quand même poussive. On ne s’invente pas réalisateur avec comme seul argument le girl power :p
Sympatoche malgré tout, mais pas inoubliable
Ouais, un film qui laisse un léger sourire sur les lèvres sans pour autant faire rire.
Je l’ai trouvé sympathique tout comme ta critique à laquelle j’adhère complément !