
Bercés par les dernières tendances musicales indé., les Local Natives ont lancé en novembre dernier dans les bacs un premier opus couronné de mélodies aux multiples facettes. En attendant de trouver son propre style, le quintet de Los Angeles emprunte ceux des autres et offre avec ‘Gorilla Manor’ un bien joli miroir des grands crus musicaux de ces dernières années.

Des Fleet Foxes aux Wild Beasts, en passant par Yeasayer ou les Band Of Horses, la musique des cinq américains trouve vie à travers une multitude de références assez extraordinaire. Les férus de musique qui guettent et dévorent tout ce qui leur tombe sous la main, étiqueté « indépendant », trouveront certainement une saveur particulière à ce ‘Gorilla Manor’, mais pas forcément désagréable. Car abstraction faite de son allure hautement impersonnelle, l’opus des Local Natives n’en reste pas moins une impressionnante machine de guerre mélodique. Impressionnante avant tout par la présence quasi-inconcevable de deux qualités immenses. Il faut d’abord souligner, sinon surligner le travail phénoménal et minutieux réalisé en production. Sans même en évoquer son essence, la musique du groupe jouit d’un étrange éclat et surprend par une propension naturelle à rester limpide au cœur de dérives nerveuses et explosives. La seconde surprise découle de la maturité qui habite les musiciens dont la carrière ne fait que débuter. Si l’on peut légitimement pointer un manque d’âme dans leurs morceaux, aucune de leurs créations – et ce même en cette période de solde – n’a été fabriqué au rabais.
Douze compositions pour douze trésors instables, soignés et surtout totalement décomplexés. Armés d’un capital confiance inépuisable et profitant de leur jeunesse pour libérer leur trop plein d’excitation, les Local Natives façonnent leurs tourbillons mélodiques. La batterie sort les crocs et les harmonies vocales en volte complète – made in Fleet Foxes – débarquent en version Duracell (« Who Knows Who Cares », « Shape Shifter », « World News », « Warning Sign »). Plus qu’une science du rythme, les californiens possèdent comme The Temper Trap ou Wild Beasts cette facilité à garder l’auditeur sous tension, usant et abusant d’hymnes pop fédérateurs où défilent un régiment de chœurs rock’n'roll (« Sun Hands ») et cristallins (« Airplanes » « Wide Eyes »). Exemplaire en chef de meute et doté d’un timbre de voix relativement polyvalent, Kelcey Ayer emmène son groupe chasser sur de nouveaux territoires, ceux de la pop cinématique du canadien Patrick Watson (« Cubism Dream »), et brise les frontières entre la culture pop et reggae (« Camera Talk »). D’un point de vue général, la musique des américains est le fruit de plusieurs cultures, ce qui explique sans doute le caractère universel – comme chez les Yeasayer du reste – de quelques unes de leurs pépites (« Cards And Quarters », « Stranger Things », « Sticky Thread »).
Incapables de canaliser leurs énergies, les nouvelles lumières de Los Angeles offrent un premier disque qui sent la poudre. Pétris de talent et pourvus d’une culture musicale visiblement importante, les Local Natives n’ont plus qu’à trouver leur propre écriture pour passer directement au chef d’œuvre. Avec ‘Gorilla Manor’, ils se contentent simplement de faire jeu égal avec leurs influences, ce qui n’est déjà pas si mal.
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Sortie: 02 Novembre 2009 | Genre: Pop, Alternative
Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
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J’ai vraiment apprécié aussi cet album.
Je suis assez impatient de les voir en concert.
Comme tu le soulignes à un moment, il y a quelque chose de « limpide » dans leur musique.
Sans que l’énergie soit affectée…
Tiens, je rajoute un petit élément : je sais que c’est audacieux mais cette capacité à mêler pop et reggae (mais parfois aussi d’autres choses) m’a fait parfois un peu penser à l’approche historique Police…
Very good pick Thibault…. Local Natives are great to see live… have seen them several times in LA as they played with Lemon Sun…Cross fingers, Lemon Sun will be coming to Europe this year with a few engagements in France! As to the above comment that there could be found certain similarities with Police’ musical approach…it is not audacieux, just a very good observation/comparison.
Keep up the excellent work my friend. Salut from sunny Santa Monica/CA…
Ho, they played with Lemon Sun, that’s cool. And about the engagements in France for Lemon Sun, that’s awesome. Salut from Montpellier/FRANCE