Adam Green - Minor Love (2010)

Après des débuts remarqués chez les Moldy Peaches, Adam Green est devenu l’une des icônes folk de New-York. A la tête d’une discographie agréable à défaut d’être indispensable, l’artiste continue de flâner discrètement sur les jardins du folk avec son nouvel album solo ‘Minor Love’. Au programme, quatorze petites comptines un peu bâclées, mais précieuses pour lutter contre le pessimisme et les situations de crise.

C’est quand même vrai qu’il y a quelque chose de chouette chez cet Adam Green. Il n’est peut-être pas le plus talentueux des songwriters actuels, mais on ne peut s’empêcher de lui accorder de la sympathie, du respect, de l’importance. Au milieu d’un registre musical qui semble être devenu l’un des derniers lieux de repli pour le spleen, le new-yorkais résiste à la morosité avec ses munitions, entre autres sourire et bonne humeur. A s’en fier à ce nouvel album, l’homme reste imperturbable face aux années qui défilent. Ses chansons sourient toujours pour lui. L’ambition artistique, la notion de carrière, il laisse ça aux autres. Lui ne désire que faire le clown avec sa guitare, se faire plaisir et amuser la galerie. Conserver son côté enfant, écumer les bars et se faire offrir quelques bières en l’échange de quelques bonnes histoires à raconter sur un air guilleret. Peut-être n’est-ce qu’une illusion, qu’il n’est qu’un artiste lambda accroché au reste de la troupe. Mais dès l’instant où ses chansons résonnent naissent les contrepoisons du malheur. Ses mélodies simplissimes et ivres de naïveté,  sa voix grave, imbibée de tendresse, qui chancelle avec classe, et nous supplie de presser la touche replay (« Give Them A Token », « Castles And Tassels », « Bathing Birds »).

A bientôt 30 ans, Adam Green conserve un enthousiasme parfaitement puéril. Il badine avec sa musique comme un enfant, épuisette dans la main, entraîné dans une chasse aux papillons pendant des heures. Son insouciance excessive mais authentique se diffuse en masse, dans ses folk-songs obsédantes (« Goblin », « You Blacken My Stay »), dans des virées dans les 50’s délicatement funky (« Buddly Bradley »). C’est vrai que ses morceaux souffrent un peu du syndrome de Eels, qu’ils pêchent par une inconsistance notoire alors même qu’ils n’atteignent jamais les trois minutes. Mais parce qu’une submersion de joie vaut toujours mieux que de finir asphyxié de tristesse, Adam Green s’avère souvent plus efficace que Everett (« What Makes Him Act So bad », « Stadium Soul »), même s’il s’encombre encore de quelques gribouillis sans queue ni tête (« Oh Shucks », « Lockout »). Et quand bien même ses compositions s’assombrissent, l’étoile américaine cherche en priorité à entraîner son public, à lui faire secouer la tête, abandonnant sur les bas côtés les sentiments de tristesse (« Breaking Locks », « Cigarette Burns Forever », « Boss Inside », « Don’t Call Me Uncle »).

Finalement, ce ‘Minor Love’, c’est un peu la copie d’examen du branleur sauvé par ses facilités. Ici le branleur, c’est Adam Green, un type un peu étrange, sorte de poète urbain doublé d’un pitre qui transporte son lot de chansons imparfaites sous le bras. ‘Minor Love’ est comme son titre l’indique à moitié un disque mineur et sans prétention, mais toujours bon à ressortir de temps en temps. Quoi qu’il en soit, pour les rayons de soleils qui émanent de ses chansons, Adam Green mériterait d’être déclaré artiste d’utilité publique et remboursé par la sécurité sociale pour le bonheur qu’il répand autour de lui.

Sortie: 11 Janvier 2010 | Genre: Folk

Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: Magic RPMMusic-Story

http://www.vimeo.com/8025720

1 comment to Adam Green – Minor Love (2010)

  • Je suis d’accord.
    J’ai trouvé cet album bien meilleur que le précédent, plus folk, plus lo-fi, plus bâclé justement. C’est ce que j’aimais, ce côté insolent, sur « Gemstones », et chez les Moldy Peaches, bien sûr.
    Je pensais qu’il finirait par se prendre pour Sinatra, mais au final, il a bien redressé la barre.

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