
Un an jour pour jour après la sortie d’un premier album éponyme, le duo sort avec ‘Kelly’ un disque pop intergénérationnel. Sans avoir recours à une production démesurée, les Folded Light s’amusent à produire des rythmiques diablement inspirés et légèrement alambiquées. Paradoxe étonnant pour un opus si lumineux dont le principal intérêt semble découler de sa spontanéité.

Accrocs à un format radiophonique – comptez dix titres d’une durée moyenne de 3 minutes – la paire américaine affirme son désir de ne pas perdre son temps, de ne pas tergiverser à des fins inutiles. Pour autant, leur bouillon de créativité les pousse à construire des mélodies profondément atypiques, des genres de symbioses étranges et indécises entre le swing groovy des Forms et la pop libérée de Belle & Sebastian. Accrocs jusqu’aux dernières secondes à ce compromis musical épicé, ils se contentent de varier les doses pour donner différentes colorations à ce que l’on peut déjà considéré comme étant une collection de tubes. Jamais exactement là où ils sont attendus, la liste des éventuelles influences de nos deux saltimbanques de Los Angeles va s’élargir au fur et à mesure que les morceaux vont défiler. La science du rythme qui les habite donne lieu à des pulsions rythmiques diaboliques qui font naître des singles hybrides étincelants, où les tonalités math rock façon Battles propulsent puissamment les lignes vocales dans les airs (« Kelly ») ou bien soutiennent à l’inverse des pistes mid-tempo prioritaires sur la playlist qui accompagnera vos siestes sur le sable chaud (« No, I Know »).
Même si cet étrange alliage de mesures mathématiques et de nappes sonores planantes confèrent aux Folded Light un style propre, beaucoup de leurs compositions laissent transparaître en évidence des inspirations plus connues. A l’instar de Phoenix ou d’Empire Of The Sun, le duo partage ce goût pour les ballades sirupeuses, flottantes sur l’écume des océans (« Landscapes », « The Boys Are Breaking Down »). A l’instar de la candeur acoustique qui a nourri longtemps la pop des sixties, leur musique prend parfois – traversée par quelques siffles printaniers – la plus simple des formes (« Strange Beat »). Et quand les structures de leurs titres deviennent plus tortueuses et moins évidentes, les harmonies vocales servent de guide. Les amoureux de Menomena seront aux anges devant la densité et l’ingéniosité sonore de certains morceaux caméléons (« Color », « Cassette Tape »), quand les adeptes de groupes alternatifs comme Pinback ou Death Cab For Cutie se délecteront à travers l’intensité de dernières mélodies paralysées où seul le chant est capable d’accélérer (« Charcoal Eyes », « Blend », « When Your Body Meets Earth »).
Folded Light semble faire parti des joyaux destinés à rester méconnus alors même que derrière l’apparente innocence de leurs compositions se cache des mélodies capables d’élargir la vision de la pop à de nouveaux horizons. En attendant de recevoir un potentiel retour médiatique, ‘Kelly’ se positionne comme la surprise musicale de ce début d’année 2010. De plomb et de plume, d’hiver comme d’été, les chansons du duo américain sont prêtes à affronter la concurrence.
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Sortie: 02 Janvier 2010 | Genre: Pop, Alternative, Expérimental
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Je connais pas du tout / Je choppe. Thnks