Zombieland (2009)

Blindé à bloc d’idées divertissantes, ‘Zombieland’ et son combo action-comédie légitime enfin le retour à la mode de nos amis les zombies. Sans aucune morale, le film de Ruben Fleischer s’attaque à combattre ennui et morosité pendant près de 80 minutes, aux côtés de personnages définis avec beaucoup d’humour. « Sex Guns, Drugs Zombies & Rock’n'Roll ».

Synopsis:

Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l’idée d’être dévoré. C’est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie… Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d’un fusil d’assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s’entendre…

Critique:

Des morts-vivants dans une comédie américaine prête à affoler le box-office, un trailer presque trop alléchant, ou comment présenter les symptômes du blockbuster raté avant même sa sortie. Mais comme souvent lorsque l’on s’apprête à souffrir devant un long-métrage raté, il arrive que les préjugés soient infondés. Ils laissent alors leurs places à l’effet de surprises, si inattendu qu’il décuple les qualités du film et le plaisir procuré par le premier visionnage. Seulement, ‘Zombieland’ ne brise pas les jugements préconçus, il les désintègre à l’aide d’inspirations aussi furtives que fulgurantes. Au lieu de rester figé sur les sentiers tracés par les films d’épouvante horreur réalisés par le passé, Ruben Fleischer ne donne la vedette à personne, ni à ses héros, ni à ses zombies. Les deux seules préoccupations du réalisateur concernent le rythme de sa comédie et les moyens à mettre en œuvre pour provoquer des situations comiques complètement différentes les unes des autres. Pas forcément intéressé par faire de son film un interminable gun-fight, le cinéaste préfère monter son film à partir d’une succession d’anecdotes naturellement drôles ou alors complètement décalées.

Avant de suivre les aventures de nos quatre héros défile une introduction destinée à nous montrer à quoi ressemble ce monde désormais zombifié. Guidées par une voix-off hilarante, un mélange de visuels créés de toute pièces et des images – tantôt en vitesse réelle, tantôt en slow motion – présentent d’une manière délirante et astucieuse les différentes recommandations à suivre pour ne pas finir en « happy meal » pour zombies. La séquence se conclue par une première apparition du jeune Columbus, déjà en train de confirmer l’importance des règles pour survivre. En moins de dix minutes, ‘Zombieland’ rassure d’abord sur ses absences, de sens moral comme de recherche scénaristique. On évite ainsi les développements inutiles et les séquences émotion à deux francs six-sous, pour se concentrer sur l’essentiel, l’humour made in Ruben Fleischer. Pour que le délire se diffuse à grandes pompes, le réalisateur a commencé par former une équipe héroïque hétéroclite, composée d’un adolescent surmené par ses procédures de prudence, d’un cowboy des temps modernes à la recherche de biscuits devenus une denrée rare, et de deux soeurs attachantes mais manipulatrices à souhait. L’affrontement des personnalités aboutit à des relations longtemps tendues, et devance en temps et en importance l’affrontement mutuel contre les zombies. Cette collaboration mouvementée, à laquelle viennent se greffer des flashbacks démentiels puis une rencontre abracadabrantesque avec un Bill Murray décidément inimitable, explique pour l’essentiel le bon déroulement du film. Les zombies, eux, restent un simple prétexte pour de rares mais indispensables séances hollywoodiennes de zombicides, sorte de défouloir intense et original durant lequel on présente au spectateur un concept ridicule autour du plus beau kill de zombie et où l’on nous rappelle quelques règles de survie majeures.

Si ‘Zombieland’ n’a pas d’autre ambition que de divertir le plus grand nombre, il finit par marquer sérieusement le territoire de la comédie en prouvant que rien n’est jamais laissé au hasard. Avec un sens du rythme époustouflant, le réalisateur américain s’amuse à susciter chez le public, dans chacune des grandes séquences de son films, des attentes totalement différentes, mais qui aboutissent à chaque fois à un sourire ou un fou rire.

Titre français: Bienvenue à Zombieland

Avec: Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone, …

Sortie: 25 Novembre 2009 | Durée: 1 h 20

Genre: Comédie, Epouvante-Horreur

Réalisateur: Ruben Fleischer | Infos: Allociné

Autres chroniques: Toujours RaisonLaterna MagicaNicolinux

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4 comments to Zombieland (2009)

  • Zombieland a été pour moi la Surprise de 2009 et je suis bien content que tu en aies fait une critique que je rejoins totalement.

    La scène de la rencontre avec Bill Murray est géniale et je vais pas spoiler mais ce qui suit est aussi énorme :)

  • Entre les vampires et les zombies, on ne peut pas dire que les scénaristes américains font preuve de beaucoup d’inventivité…

    Après, je dis pas que celui-ci est mauvais, hein, mais voilà…

    SysT

  • Anousonne

    Moi j’ai été carrément déçu, ça m’a été survendu comme étant un digne héritier de Shaun of The Dead, ce qu’il n’est définitivement pas! C’est une romcom’ basique avec des ficelles très grosses, aucune surprise, j’avoue avoir souris avec Bill Murray ou sur de petits moments (genre le running-gag « Double Tap ») mais c’est tout. Vraiment plat, pas subtil…

  • Kazend

    Cool, il est donc normal d’avoir aimé le film.
    Chouette critique, comme d’habitude.

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