Runaway: A Twist Of Fate - PC (2009)

CoverRunaway3.0

Pour conclure une trilogie exceptionnelle, les petits gars du studio espagnol Pendulo Studios ont tout donné sur le dernier volet. Des animations plus cohérentes, des graphismes à couper le souffle, un gameplay amélioré, une ambiance sonore du tonnerre et un lot de péripéties invraisemblables. Indispensable.

atwistoffate_scr17

Synopsis

Runaway : A Twist of Fate constitue le troisième chapitre des aventures de Brian Basco et Gina Timmins. Ce célèbre jeu d’aventure en point’n click se base sur des décors façon dessin animé, des personnages atypiques et des dialogues amusants. Cet épisode ne constitue pas la suite du deuxième volet mais bien une histoire à part, sans pour autant négliger les clins d’oeil et références aux opus précédents.

Critique

Depuis quelques années déjà, les jeux vidéos se rapprochent à grands pas du cinéma, chacun à leur manière. Graphismes ultra-réalistes et mises en scènes cinématographiques pour les uns, scénarios fouillés et bandes son d’enfer pour les autres. Les développeurs du jeu, eux, prennent tout ça et fabriquent avec Runaway: A Twist Of Fate une véritable comédie d’aventure interactive, hautement addictive. Les jeux de type Point & Click deviennent facilement lassants, puisque contrairement à d’autres genre de jeux, aucun élément ne doit faillir s’ils souhaitent donner un sentiment d’immersion au joueur. De l’emballage visuel jusqu’aux moindres détails du scénario, tout doit être béton. Et ici, tout l’est. Si les environnements manquent un peu de vie – il faut dire que l’on se retrouve essentiellement en intérieur – ils sont dignes des plus beaux films d’animation. Faits mains, colorés à souhait, fourmillant de détails, ils transpirent une volonté de l’équipe graphique d’atteindre la perfection et sont la première source de satisfaction de ce nouveau volet. Remarque également valable pour les personnages du jeu au chara-design particulièrement soigné. Un travail minutieux, valorisé pleinement par des musiques originales d’une qualité magistrale, qui ont le don pour débarquer au bon moment, cueillant le joueur lorsqu’il s’y attend le moins, doublant ainsi l’attention qu’on leur porte et le plaisir à les entendre. Quand aux voix françaises, le doublage n’est pas loin, une fois de plus, d’égaler les meilleurs doublages de cinéma. Vous l’aurez compris, la forme du jeu est pour le moins attrayante, et ne serait-ce que pour parvenir à prolonger sans cesse l’envie de découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles ambiances, Runaway: A Twist Of Fate vaut son pesant de cacahuètes.

Fallait-il encore assurer sur le fond. Et de ce côté ci, mon dieu. Non parce que scénariser un jeu d’aventure, c’est une chose, donner à un jeu d’aventure des airs de comédie indépendante, c’en est une autre. Il suffit d’analyser avec un peu de recul la galerie de personnages rencontrés du début à la fin pour s’en convaincre. Une séquence de jeu dans un asile a beau grandement faciliter les rencontres improbables, ils sont tous plus bizarres et tarés les uns que les autres. Du fan d’Elvis Presley au scénariste clochard, du restaurateur-acteur au cinglé de 102 ans sourd & muet qui pense conduire une voiture sur une table de ping-pong, le loufoque n’a aucune limite. Et qui dit personnages hauts en couleurs dit tout simplement, séquences cultes. Si d’une manière générale les fous-rires se contrôlent et laissent place à de simples sourires, il n’en reste pas moins une bonne dose de situations et dialogues d’un autre monde prêts à vous arracher les mâchoires. Il y a vraiment une anticipation magistrale sur ce qui pourrait surprendre et ravir le joueur à tout moment. Vous trouverez un nombre incalculable de références, aussi bien cinématographiques, musicales que relatives à des faits quotidiens et sociétaux. Dans Runaway, l’humour ne vous laisse jamais tranquille, il s’infiltre partout, dans les enterrements s’il le faut, jusqu’à la moindre actions que vous pouvez effectuer. Ainsi, en récupérant des objets, en essayant de les assembler ou des utiliser pour résoudre un mystère, le personnage que vous incarnez n’hésitera pas à se foutre de votre tronche, précisant régulièrement que l’idée que vous lui soumettez est totalement stupide. Ce qui est toujours très drôle et presque ironique quand il est entre autres question de couper des sangles avec une scie sauteuse attachée à un panier de quêtes et un ruban de couronne mortuaire. Exemple suffisant par ailleurs pour comprendre qu’il ne sera pas toujours évident de compléter le puzzle qui vous est proposé. Mais là encore, les développeurs ont pensé à tout. Déplacements rapides, système d’aide humoristique si le besoin s’en fait sentir, et un raccourci pour observer les différents objets avec lesquels il est possible d’interagir devraient vous empêcher de perdre le fil de l’histoire et de pester. Enfin, pour ceux qui auraient joué aux précédents volets – ce qui n’est pas mon cas – sachez simplement que vous incarnerez cette fois Gina ET Brian  – plus un autre personnage de manière ponctuelle pour l’une des plus grandes séances de débilité gratuite du jeu. Sachez également que vous obtiendrez de longues réponses et clins d’oeils au précédent titre. Voyez, les petits gars de Pendulo Studios n’ont vraiment oublié personne.

Acheté hier matin et terminé hier en toute fin de soirée, ce dernier volet entraîne une certaine frustration par sa durée de vie plutôt courte – comptez entre huit et treize heures de jeu. Mais si la frustration est si importante, c’est surtout que le jeu devient rapidement une drogue, que l’on soit un gamer invétéré ou un gamer très occasionnel comme moi. Et on aimerait simplement que l’histoire ne s’arrête jamais afin de continuer à résoudre de nouvelles énigmes tordues et se laisser porter par la classe et l’humour d’une série en tout point formidable. Pourquoi diable n’ai-je jamais tenté de jouer aux précédents volets ?

4-5

Sortie: 26 Novembre 2009 | Genre: Aventure | Éditeur: Focus | Développeurs: Pendulo Studios | Acheter: Amazon

Autres chroniques: JeuxVidéos.comGameblog

1 comment to Runaway: A Twist Of Fate – PC (2009)

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>