
Comme toujours éblouissant techniquement, Là-Haut n’en reste pas moins l’un si ce n’est le Pixar le moins divertissant et le moins entraînant. On est malheureusement bien loin de l’excellence du futuriste et poétique Wall-E de l’année dernière.

Synopsis
Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s’envoler vers l’Amérique du Sud, il ne s’attendait pas à embarquer avec lui Russell, un jeune explorateur de 9 ans, toujours très enthousiaste et assez envahissant… Ce duo totalement imprévisible et improbable va vivre une aventure délirante qui les plongera dans un voyage dépassant l’imagination.
Critique
Couleurs magnifiques, paysages vastes et variés tous plus sublimes les uns que les autres. Visuellement, il faut bien reconnaître que quelque soit le fond du film et sa qualité générale, Pixar reste LA référence dans le cinéma d’animation. Concernant le fond, les premières minutes sont plus que rassurantes. En quelques plans et avec un minimum de mots, la vie du vieux Carl est résumée à merveille, donnant l’occasion aux plus jeunes de découvrir avec une rare pédagogie les sentiments les plus courants du quotidien. Une séquence magnifique suivie par le début de l’aventure du vieux grincheux Carl et du jeune scout hyperactif Russel. Lorsque la maison s’envole grâce à ses ballons multicolores, lorsqu’elle navigue comme un bateau au dessus des nuages et de l’Amérique, le divertissement prend enfin forme avec des décors splendides, une idée originale, et une touche – enfin – d’humour. Quelques minutes qui mettent dans le bain, qui lancent enfin une nouvelle histoire Pixar, et puis surgit le drame. Une tempête, quelques dégâts mineurs, et voilà que les deux héros finissent par tirer une maison flottante, les pieds sur la terre ferme, au ralenti. Oubliez d’ailleurs les voyages en altitude, puisque les occasions de revoir la terre ferme vue du ciel vont devenir très rares. A ce prix là, appeler son film ‘Là-Haut’ (‘Up’) relève plus de la mauvaise blague qu’autre chose, déjà. Première déception, amplifiée rapidement par le néant et l’ennui qui règne au sol.
Le film atteint très vite ses limites, à l’exception de l’aspect purement technique, impressionnant à tout point de vue, et unique raison valable pour attendre la fin du film avant de pester. Car sur tout le reste, c’est zéro pointé ou presque. Problème principal, l’humour fin de Pixar a disparu, et ne peut prétendre à autre chose que de faire rire les touts petits. Et encore. Là où ‘Wall-E’ enchaînait des blagues universelles et des clins d’oeil bien foutus, ‘Là-Haut’ échoue sur tout. Les personnages manquent terriblement de caractère et les tentatives d’humour ne fonctionnent pas une seconde. Ce qui devrait ressembler à du comique de situation s’avère laborieux, poussif. Les dialogues ne sont jamais amusants, et certaines cocasseries – les voix des chiens par exemple – laissent simplement indifférents. Non seulement ce nouveau Pixar n’est pas drôle, mais il n’est pas non plus distrayant. Au contraire, il règne pendant plus d’une heure et demi une tristesse et un sentiment de déprime assez hallucinants lorsque l’on sait que les premiers visés restent les enfants; avant tout. Il est sans cesse question d’abandon, de mort, de danger, de perte et de désillusions. Et même si les dernières minutes sont plus divertissantes et laissent – logiquement – l’espoir et le courage retrouver le premier plan, ce n’est clairement pas suffisant pour espérer s’en sortir avec les honneurs.
Un véritable échec et surtout un coup d’arrêt pour un studio pourtant dément. Irréprochable graphiquement, largement au dessus de la moyenne, ‘Là-Haut’ ne tient pas franchement les promesses de son pitch, malgré un début tonitruant. Les scénaristes enfoncent le film dans une routine fatigante, bien plus dramatique que drôle, et qui manque cruellement de rythme. Certainement l’un des plus mauvais Pixar avec ‘Cars’.
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Sortie: 29 Juillet 2009 | Genre: Animation | Réalisateur: Pete Docter, Bob Peterson | Infos: Allociné
Durée: 1 h 35
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