
Dans la lignée de crooners référence comme Richard Hawley, Timber Timbre et sa voix ténébreuse s’offrent sur ce nouvel opus intimiste une lente valse sous les lumières tamisées du blues et du folk.

Bien que sorti courant printemps 2009, l’opus des Timber Timbre trouvera certainement plus d’écho pendant les saisons automnales et hivernales. C’est surtout à la nuit tombante, installé dans son fauteuil, à côté d’un feu de cheminée, un scotch à la main, que l’envie de se plonger dans les histoires folk du canadien se manifeste. Pas question pour Taylor Kirk de profiter de l’obscurité pour vous faire peur, bien au contraire. Doté d’un timbre grave et ombrageux, il lui suffirait pourtant d’un souffle pour vous glacer les os et éteindre votre feu. Au contraire, sa voix profonde et légèrement dansante se glisse dans votre dos comme un coussin, vous oblige à fermer les yeux et à vous relaxer. Les histoires qu’il conte ne partagent pas la même dynamique, mais répondent aux mêmes critères de beauté. Qu’il choisisse le minimalisme pour se mettre à nu ou qu’il décide de s’habiller de sons jazzy-bluesy, ses chansons procurent toujours la même sensation. Sensation étrange et éternelle qu’une balançoire vous berce au ralenti, hors du temps et de la réalité.
Qu’elles swinguent lentement, fassent fleurir des chœurs féminins et des chants mystérieux (‘We’ll Find Out’) ou qu’elles vous couvrent d’amour folk et de tendresse (« Demon Host »),- évoquant Dylan et son magnifique ‘Mama You Been On My Mind’ – les mélodies ne sont que de minuscules refuges douillets isolés de l’idée même de l’urbanisation (« No Bold Villain »). Bien qu’économe sur chaque geste, le groupe ne cherche pas toujours à limiter les instruments à une utilisation minimale et monotone. Les morceaux gardent leurs vertus apaisantes, mais présentent un visage moins austère, plus vif et coloré. Timber Timbre lève le rideau rouge et commence un show gracieux dans l’esprit typique des années 50. Une danse vocale charmante et un brin tumultueuse pour débuter (« Until The Night Is Over »), une autre plus lente et titubante (« Lay Down In The Tall Grass ») pour terminer. Les influences du groupe se dégagent de plus en plus nettement du disque et finissent par se croiser Le blues des vieux western rencontre la classe des vieux cabarets (‘Magic Arrow’, ‘Trouble Comes Knocking’). Pour une ultime chanson, elles s’effaceront au profit de la voix remarquable de Taylor Kirk, qui met en avant une fois de plus sa capacité à n’avoir besoin que de ses cordes vocales pour provoquer un désir incontrôlable de danse (« I Get Low »).
Une forte personnalité et un sens des nuances évident permettent au groupe de sortir si ce n’est l’un des plus beaux albums de l’année, le plus apaisant en tout cas . Entre la voix diamant noir de Taylor Kirk, un swing omniprésent et une maîtrise rarissime des tempo lents, les atouts en faveur des canadiens ne manquent pas. Et les soirées pourries en hiver sont donc définitivement annihilées.
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Sortie: 12 Mai 2009 | Genre: Folk, Blues | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
Autres chroniques: Sefronia – De La Lune On Entend Tout







































































Ce n’est pas l’album du siècle mais son écoute est un véritable plaisir. chronique à voir par là aussi: http://delaluneonentendtout.blogspot.com/2009/10/timber-timbre-timber-timbre.html
J’adore les deux !
merci pour tes chroniques
et plein de belles choses pour la suite !