Deux ans après ‘All We Could Do Was Sing’, le nouveau groupe préféré de M. Ward sort son nouveau défouloir acoustique intitulé ‘Threadbare’. Un disque porté par des inspirations sauvages, des rythmes obsédants et enveloppé d’un charme glacial, typiquement scandinave. Un comble pour un trio folk qui foule les plages californiennes de San Francisco.

Ce nouvel album est si riche qu’on s’étonne de ne pas entendre l’électricité fendre l’air plus souvent. Les américains ne semblent pas très attachés à la chaleur des gros riffs. Ils privilégient davantage les sonorités acoustiques, les mélodies langoureuses, aiment se complaire dans une monotonie envoûtante. Envoûtante à un point que leurs mélodies, magnifiques, lumineuses, touchent à l’irrationnel, au mystique, ne semblent intervenir que dans un autre monde. Elles vous accompagnent au milieu des lanternes, sur le chemin qui sépare les dernières visions qui vous accrochent à la vie et la porte du paradis, (‘Oslo Campfire’, ‘Tree Bones’). Elles purifient votre âme pendant son ascension au ciel, effacent vos souvenirs et font naître en vous, dans une ambiance de fanfare, écrasées par les percussions, un espoir nouveau (‘My Will Is Good’). En haut, une nouvelle vie commence pour vous, aux côtés de Port O’Brien. Pour fêter votre arrivée, vous participerez avec eux à une soirée inoubliable, transpirerez l’alcool en dansant sur des riffs frénétiques délivrés par des guitares recouvertes de poussière (‘Leap Year’). Vous ferez de nouvelles rencontres, la bouche en cœur et les yeux pétillants (‘Love Me Through’). Vous retrouverez le sourire aux lèvres, votre insouciance, les plaisirs futiles et quotidiens (‘Sour Milk / Salt Water’). De cette joie de vivre, de cette chaleur humaine, il ne restera bientôt plus rien.
Vous vous isolez de tout, tombez dans la dépression, mais la musique des californiens continue de vivre en vous. Vous broyez du noir durant vos escapades, frissonnez à l’écoute de complaintes folk hantées et sauvages (‘In The Meantime’, ‘Threadbare’, ‘(((Darkness Visible)))’). Au loin, vous entendez résonner des percussions rythmant des célébrations obscures et angoissantes (‘High Without The Hope 72′, ‘High Without The Hope 3′). Tout se mélange. Les esprits se brouillent mais la musique continue de vous tourmenter, de vous narguer, indétectable, si éloignée et pourtant si présente (‘Next Season’). Plus rien n’a de sens, la vie, la mort, les souvenirs. Bien sûr, tout ça n’est qu’un rêve, mais vous comprenez combien cette musique vous habite et vous séduit. Chaque titre est une hallucination qui transporte l’auditeur d’émotion en émotion et qui le laisse errer dans une bulle imaginaire où toute une vie est à découvrir (‘Calm Me Down’).
La musique des Port O’Brien est un trésor scellé que l’on désire avec les yeux grand ouverts sans jamais pouvoir le toucher de ses mains. ‘Threadbare’ est au sein de ce trésor l’objet qui brille le plus, un disque éclatant comme la lumière d’un ange, fascinant comme la noirceur d’un spectre. A découvrir d’urgence pour les voyageurs amateurs de folk. Sensations fortes garanties.
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Sortie: 12 Octobre 2009 | Genre: Folk, Acoustique | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes







































































ahah, tu le fais exprès de chroniquer des groupes que je vois en concert une semaine après ou quoi ?
J’aime aussi beaucoup…