‘The Life Of The World To Come’ est le dix-septième album pour The Mountain Goats en 18 ans de carrière. A 37 ans John Darnielle se sert de la jeunesse qu’il lui reste et de son expérience pour réaliser un pot-pourri musical équilibré, à la fois exigent et accessible à un public large. Une porte d’entrée intéressante pour tous ceux qui étaient peut-être encore réticents au genre pop-folk, et qui souhaiteraient sauter le pas. Vous ne serez pas déçus.

Il y a des albums qui nécessitent plusieurs écoutes pour être apprécié. Il y a des albums que nécessitent d’être analysés dans le détail pour exprimer toute leur valeur. Et enfin il y a des albums de la nature de celui-ci, qui s’apprécient à tout moment, dans l’ordre, dans le désordre, quelque soit l’ambiance, quelque soit les conditions d’écoute. John Darnielle fait parti des songwriters de la trempe d’Eddie Vedder, des personnages qui durent, qui ne s’encombrent pas de bagages inutiles, qui vont à l’essentiel. Simplement, et c’est ce qui fait d’eux de grands artistes, ils ne mélangent pas simplicité et facilité. Pour nous raconter leurs voyages et leurs humeurs, les Mountain Goats enchaînent des titres où l’évidence des mélodies reflète le talent de l’artiste et une aisance, un naturel dans d’écriture. ‘The Life Of The World To Come’ s’écoule et brille, simplement, comme un ruisseau au soleil. Natures, sans excès, leurs chansons ne sont qu’une succession de paquets cadeaux à ouvrir, des sensations à découvrir. Il y a les berceuses naïves pour rêvasser et se détendre au bord d’un lac un brin d’herbe à la bouche (‘Matthew 25:21′, ‘Isaiah 45:23′), les berceuses noires pour accompagner le désespoir de l’aventurier solitaire (‘Samuel 15:23′). Il y a aussi des mélodies folk pour le baroudeur, des guides de voyages pour l’accompagner dans ses périples autour du monde (‘Hebrews 11:40′, ‘Phillippians 3:20-21′).
Pour ceux qui ne peuvent combattre la tristesse que par la tristesse, le blues que par le blues, le noir que par le noir, les Mountain Goats sont encore là pour vous accompagner. Ils partagent d’abord votre peine (‘Genesis 30:3′,’Deuteronomy 2:10′), vous remontent le moral (‘1 John 4:16′), puis laissent les notes de piano vous guider hors de l’obscurité pour rejoindre une nouvelle sensation de plénitude (‘Ezekiel 7 And The Permanent Efficacy Of Grace’). Enfin, pour ceux pour qui tout va bien et qui ont la pêche, les Mountains Goats partageront aussi votre joie, sautilleront pendant vos trajets autour de vous, comme des enfants (‘Romans 10:9′), glisseront une pop-song vivifiante dans votre chemise pour affronter une soirée estivale entre amis (‘Genesis 3:23‘), et, pour finir, vous fileront un violent coup de boost pour éviter de vous lasser de votre sourire et de votre joie de vivre (‘Psalms 40:2′)
Les Mountain Goats viennent d’inventer avec ‘The Life Of The World To Come’ le compagnon musical idéal, le disque à posséder absolument dans son lecteur MP3 pour vos déplacements. Sans se la jouer, John Darnielle irrigue vos oreilles d’un plaisir simple, avec des chansons belles et limpides qui s’adaptent à vos désirs quotidiens. Quand vous avez besoin de vous retrouver seul, de vous isoler, les Moutain Goats, eux et eux seuls, sont toujours là, quelque part à côté de vous.
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Sortie: 05 Octobre 2009 | Genre: Folk, Pop | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
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Autre le fait que je sois évidemment ultra d’accord avec la chronique. Comment résister à des phrases si justes comme « des songwriters de la trempe d’Eddie Vedder »
C’est justement là que le bât blesse : « des songwriters de la trempe d’Eddie Vedder ». Je suis aussi ultra d’accord avec ça : même songwriting, même ennui. Un peu comme le dernier The National. C’est propre, carré, soigné, mais ça ne me transporte pas. Fantaisie zéro.