
Sous le pseudonyme de Second Star se cache Liam Carey, un jeune artiste californien désormais exilé à Paris. Amoureux du noir, de l’obscurité, il met le folk et la pop au service d’une musique à la fois intimiste et intense, triste et entraînante. Sans gros moyens mais avec beaucoup d’idées et pas mal de copains, il délivre avec ‘Teeth’ un premier EP aux mélodies attachantes, nourries de voix mystérieuses et de gazouillis.

Dans un registre pop-folk qui compte de plus en plus de très bons artistes, il faut désormais jouer des bras pour tenter de s’installer à leurs côtés et avoir une chance de se faire remarquer. Pour mettre toutes les chances de son côté, Second Star a crée un univers sombre peu courant, qui sort un peu des sentiers battus actuellement. Même si la comparaison avec d’autres artistes reste parfois inévitable, une absence de calcul total semble avoir permis à Liam Carey de produire en seulement cinq chansons un objet rare. Et cette rareté s’explique majoritairement par l’effort fourni sur la construction des mélodies, des recyclages d’influences réussies qui ne tournent jamais au pompeux. Dans une même chanson, l’utilisation du banjo rappellera les Great Lake Swimmers, les sifflets l’incontournable Andrew Bird, la rythmique pop et les harmonies vocales les Shins (« Kites & Arrows »). L’homme a le sens du détail et de la mélodie accrocheuse, de l’inspiration, et les cocktails d’influences prennent des couleurs inédites une fois absorbés par son côté ténébreux. Chez Second Star, il faut suivre les indicateurs du chaos, se plonger au plus profond de l’angoisse. Car c’est dans un climat apocalyptique et au milieu d’arbres décimés que le réconfort mélodique se trouve, pris dans une tempête de voix mystiques et de bruits intriguants (« Ravens »). L’artiste joue sans cesse de ce paradoxe, celui de lier le beau, l’apaisement à l’idée de la mort. En témoigne ses compositions, des ballades en forêt qui mêlent un sentiment d’effroi à la tranquillité des rêves et des songes (« Pieces »). Il arrive même que l’espoir – si tenté qu’il était encore présent quelque part – disparaisse pour de bon, laissant derrière lui un calme acoustique déprimant, calme dans lequel le chant d’anges noirs arrache votre âme avec une ironique douceur (« Tied To The Mast »). Liam Carey ne sort qu’une seule et unique fois de son univers hanté, à contre cœur, abandonnant la mort pour ne garder que des regrets et de la tristesse (« Great Machine »).
Inconnu au bataillon, le californien s’était jusqu’à aujourd’hui simplement fait remarquer en effectuant la première partie d’Alela Diane. Maintenant, il compte sur ‘Teeth’ pour vaporiser ses chansons noires jusqu’à vos oreilles. Armé de mélodies fouillées, il vous épargne des traditionnelles mélancolies au milieu des fleurs et des papillons, préférant vous convaincre de la beauté du chaos.
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Sortie: 26 Juin 2009 | Genre: Dark, Folk, Pop | Infos: Myspace | Acheter sur: Site Web
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En effet 8/10, j’ai eu la chance d’avoir son Ep entre les mains que j’ai reçu de sa part! (http://voluume.fr/?p=1182). Cet Ep est magnifique!
Très bel EP. On attend la suite avec impatience…
La suite arrive