The Shaky Hands - Let It Die (2009)

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Tous droits venus de la Californie et sans grandes ambitions, les Shaky Hands réalisent une fusion savoureuse de pop britannique et de folk-rock américain, avec comme énième ligne de mire les années 60. A consommer sans modération pour les amateurs, entre autres, des Kinks, de Neil Young et des Rolling Stones.

ShakyHands

Onze titres et jamais l’idée d’impressionner leurs auditeurs – simplement la volonté de leur faire passer un bon moment. Et c’est exactement ce qui se passe avec ce ‘Let It Die’, linéaire et sans surprise, mais qui reflète tellement bien le meilleur des sixties qu’on se laisse porter naturellement par le flot des guitares et la coolitude des américains. De la production aux mélodies en passant par la voix nasillarde et désinvolte de leur chanteur, l’obsession et la fascination des années 60 est partout, à tel point que leur opus pourrait être un parfait remastering de vieux disques rock’n'roll. Pour tous ceux qui comme ce quatuor n’arrivent pas à oublier les légendes et les mythes, continuent certainement d’écouter à fond Bob Dylan et les autres, leurs chansons si simples et entraînantes vont vous couvrir de réconfort et de joie. Ils délivrent quelques pépites inoubliables coincées entre le rock pétillant des Stones et le songwriting génial de Dylan (« Allison And The Ancient Eyes »), des classiques rock’n'roll instantanés, brassés par des guitares révoltés et portées à bout de voix par Nicholas Delffs (« Let It Die », « Slip Away », « Caught In The Storm »).

Ils compensent un manque d’ambition assumé par une écriture extrêmement fidèle à cette époque, et ne limite pas son inspiration au simple continent américain. La brit-pop prend elle aussi souvent ses aises, soulageant en partie l’album de sa vertu rock américain avec des mélodies naïves, sautillantes, mémorisables sur l’instant (« Never Fine », « Already Gone »), et des romances impossibles (« Love Curse »).Au commencent, ‘Let It Die’ ne paye pas de mine. C’est vraiment après quelques écoutes que les titres prennent toute leur valeur. Ce qui la première fois pouvait sembler anodin devient soudainement incontournable. Objets d’un plaisir rare, si purs, les riffs de guitares s’enfoncent dans le crâne, dessinant les contours de tubes à programmer en boucle (« All You Recall »), avant de laisser piano et basse bouleverser l’auditeur en poussant tendrement et tragiquement une ballade en enfer (« Don’t Fail Me Now »). Deux autres ballades viennent s’ajouter à cet album, moins déprimantes, moins marquantes aussi. L’une, acoustique, souffre – une fois n’est pas coutume – de sa linéarité et sa simplicité (« Gonna Hold You Tonight ») tandis que l’autre passe progressivement de la grâce au médiocre (« Leave It All »). De là à parler de mauvaises chansons, il reste de la marge.

Une fois encore, l’intérêt majeur de ce disque est de ne pas se focaliser uniquement sur l’un deux grands pays musicaux pendant les années 60, l’Angleterre et les États-Unis. Ils piochent le meilleur chez chacun d’eux, et les fusionnent avec beaucoup de naturel. Certes, on ne peut ni qualifier cet album de chef d’œuvre, ni d’indispensable, mais si vos oldies et vyniles sont rangés sous la poussière, vous serez tout heureux de pouvoir insérer ‘Let It Die’ dans votre platine. D’abord simple joker de luxe, qui sait si l’album des Shaky Hands ne finira pas avec le temps par remplacer vos vieux objets …

3-5

Sortie: 29 Septembre 2009 | Genre: Brit- Pop, Rock 60’s | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: Pitchfork

http://www.vimeo.com/6800637

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