
Combien sont-ils désormais, d’artistes français, à vouloir revisiter la musique américaine et/ou anglo-saxonne des années 60 ? Beaucoup, chaque année un peu plus, et jamais trop. Aux vues des dernières démonstrations réalisées par Revolver ou Coming Soon, pour ne citer qu’eux, chaque nouvelle tentative est la bienvenue, surtout si elle se solde par un nouveau succès. Prêts à éclore, les Fairguson prennent leur chance à leur tour et nous peignent leur vision de l’Amérique sur un premier album intitulé ‘Tales From The 47 Willows’, un condensé de folk-rock et de country formidablement authentique, et contemplatif.
C’est avec application et sans complexe que les Fairguson s’attaquent aux mythes musicaux des années 60. Si l’originalité n’est – en toute logique – pas le point fort de leur album, le groupe ne manque pas d’arguments pour attirer l’attention sur eux. De tous les musiciens français récents qui se sont attaquées à ce registre musical, ils sont certainement ceux qui ont réussi à produire l’album le plus crédible, le moins français, en fait. Ils pourraient se fondre dans la masse des bacs américains entre Wilco, Neil Young et Vetiver, sans passer par la case import. Consciencieux, désireux d’éviter le moindre accroc, ils prennent leur temps pour dessiner les paysages, les couleurs, les mélodies, les laisse cuire tranquillement sous le soleil californien. Ils partent sur la trace de leurs idoles, confiants, avec un respect total pour ce qu’ils ont accompli, cherchant à devenir de dignes héritiers, objectif qu’ils n’auront probablement aucun mal à accomplir aux vue de la maitrise affichée. Ils nous invitent à de longs récits passionnants, immersifs, accompagnés de chœurs paisibles et de riffs chauffés à vif (« Rough Intrusive Moving In »), d’un piano folk et de rythmes country-rock légers à souhait (« Homecoming »).
Plus américains que nature, les Fairguson traversent au ralenti les forêts, les rivières, histoire d’admirer zen la Mère Nature (« 47 Willows »), avant de partir s’enfermer dans une bulle de sucre neige, plus colorée et fantaisiste (« We Never Met Chris Cool »), secouée parfois par des claviers frénétiques et une mandoline déchaînée (« Let It Go »). A défaut de proposer de gigantesques montées en puissances et des morceaux explosifs, ils n’hésitent pas à pimenter ponctuellement leurs mélodies méditatives, par l’ajout de quelques riffs saturés (« Lost Again »), de claviers et guitares affolés (« Wide Open Spaces », « Leaving The Captain »). Le son prend de l’ampleur, mais le rythme reste calme et paisible. C’est de toute façon ce qu’on aime chez eux, cette envie de ne pas brusquer les gens, de les laisser s’enivrer du parfum estival qui embaume leurs chansons. Ils les encouragent à rêver de sable chaud, de mer turquoise (« Indigo », « Indian Summer »), profitant de leur évasion pour les inonder d’images légendaires – Willie Nelson, Johnny Cash, Neil Young – en moins de trois minutes (« Coconut In The Albert’s House »).
Vous l’aurez compris, ‘Tales From The 47 Willows’ est un recueil de poèmes exquis et nonchalants à destination de l’Amérique, une série de doux voyages à travers toutes les saisons. Direction les coins reculés de l’Amérique, les plaines vides et poussiéreuses de Nashville, les étendues de bayous, une plage isolée de Californie ou les grands espaces canadiens. Bon repos en compagnie des Fairguson, français de nationalité mais héritiers plus vrais que nature des légendes folk et country des sixties.
Sortie: 03 Novembre 2009 | Genre: Country-Rock / Folk | Infos: Myspace |Acheter sur: Virgin Mega
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Jolie critique. Pour ce qui est du disque, j’ai trouvé ça bien mais trop peu différenciant. Un joli disque qui souffre du haut niveau de concurrence actuelle
hey!
très belle chronique pour un groupe qui OUI marque sa différence !
et à ne pas rater en concert surtout
MARDI PROCHAIN, 10 NOVEMBRE A GLAZART
avec ALL SMILES (ex. Grandaddy, modest mouse)
THE PATRIOTIC SUNDAY
SAFE AS HOME
http://www.digitick.com/all-smiles-patriotic-sunday-fairguson-concert-pop-rock-glazart-paris-10-novembre-2009-css4-digitick-pg101-ri364477.html
D’accord avec Toma, FAIRGUSON Transcende la musique Folk américaine des 60’s/70’s de façon résolument avant-gardiste !
TOUS A GLAZ’ART LE 10 NOVEMBRE !!!
Un bien bel album en effet, pas révolutionnaire mais bien efficace. Et le groupe était excellent hier soir.