The Hidden Cameras - Origin: Orphan (2009)

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Grandiloquence et confettis sont au programme du cinquième album des canadiens de The Hidden Cameras. Dotés d’une imagination sans limites, ce vaste collectif originaire de l’Ontario a visiblement décidé de réveiller la bonne humeur de chacun et de prolonger l’été le plus longtemps possible. Sous une orchestration fantasque et des mélodies soignées se cache une pop multicolore et généreuse aux allures de comédies musicales. Avec le froid qui débarque à l’horizon et les virus prêts à vous pourrir l’automne, voici onze cachets remplis de vitamines à avaler. Avec modération tout de même pour éviter des effets secondaires indésirables.

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Comme pour se chauffer avant d’entamer les choses sérieuses, l’album débute de manière assez poussive avec « Ratify The New », une longue introduction qui gagne progressivement en intensité. Plutôt ennuyant sur le fond, c’est l’occasion quand même de faire connaissance avec un groupe assez atypique, où les harmonies vocales sous formes de chœurs et la variété instrumentale semblent être leurs principaux composants. Et effectivement, le premier single des canadiens « In The NA » débarque en fête et en force pour l’illustrer. Dansant avec ses synthétiseurs kitsch et volatiles, le titre s’avère durant le couplet aussi drôle et hystérique que peut l’être une chanson des Monty Pythons avant de retrouver sur le refrain une pop plus banale mais ô combien vivifiante. Déjà irrésistible. Le goût des musiciens pour les mélodies carnavalesques se confirme sur la pop dévergondée de « The Little Bit », laissant une fois de plus le sérieux de côté au profit d’une certaine euphorie artistique, plus que jamais proche des comédies musicales avec ses cuivres, ses cris, ses chœurs et ses sonorités sautillantes. Appliqués dans l’instrumentation, ils dépensent clairement leur énergie pour faire sourire et se faire plaisir. Il suffit d’écouter « Underage » pour s’en persuader, un alliage de pop et de world-music dans une ambiance bonne enfant, idéal pour ensoleiller une journée morose. On se laisse aussi facilement porter par le rythme et l’immense chorale de « He Falls To Me », une attraction pop puissante et décoiffante. Beaucoup de plaisir à proposer, une inspiration bien au dessus de la moyenne, et un vent de fraîcheur souffle encore et encore.

L’exercice des balades n’a pas été oubliée par les canadiens et encore moins bâclée. La brise ‘Cocoonesque’ de « Colour Of A Man » apporte une première bouffée d’oxygène à l’opus – quelques minutes de rêves acoustiques saupoudrées d’harmonies vocales vivifiantes et féériques. Toujours à la recherche d’un peu de calme, « Do I Belong » et sa forte connotation pop eighties reste agréable même si coupable d’une certaine linéarité et d’une certaine tiédeur. On lui préfèrera la pop ultra-classique de « Kingdom Come », qui bien que plus explosive présente une vraie douceur mélodique et un chant particulièrement juste. Une tendre caresse sur vos oreilles.Mais parmi les moments de détente proposés, « Silence Can Be A Headline » tient la palme de la beauté et exprime au mieux les multiples talents du groupe. Un récital mélancolique brassé par les influences, évoquant autant la folk aérienne des Bowerbirds que la pop 60’s de Simon & Garfunkel, pour terminer en grandes pompes dans une instrumentation théâtrale incritiquable. Entre temps, le groupe aura poussé au maximum sa créativité avec « Walk On », une pièce épique – que l’on pourrait qualifier de pop cinématographique – magnifiquement orchestrée, entre les compositions progressives d’After Crying et l’ambition démesurée de Patrick Wolf. Une leçon de grandiloquence. Un élan créatif partagé par le titre éponyme « Origin: Orphan », moins efficace sur la forme, mais doté d’une orchestration au moins aussi impressionnante, balayé par des riffs étouffés et des cuivres remarquables.

Consentis à satisfaire tous les goûts, la pop des Hidden Cameras varie comme les teintes d’un caméléon. Porteurs d’une fraîcheur et d’une énergie irrésistible, leur nouvel opus enfile les perles et les surprises malgré un ou deux mauvais cailloux. Dommage simplement que l’album soit un peu trop assourdissant pour s’absorber facilement d’une seule traite. Il n’empêche que le soin – vocal comme instrumental – apporté à chaque composition est exceptionnel. Et rien que pour ça, ce serait une erreur de ne pas revenir se ressourcer de temps en temps aux côtés des canadiens.

3-5

Sortie: 22 Septembre 2009 | Genre: Pop | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: à venir.

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2 comments to The Hidden Cameras – Origin: Orphan (2009)

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