52 bougies pour Richard Curtis mais une carrière comme réalisateur encore très courte. Connu essentiellement pour avoir crée l’inévitable Mr Bean et scénariser des grands succès de comédies romantiques, il réalise avec Good Morning England son second long-métrage, seulement. Et de romantisme, il n’en est ici plus tellement question. Le britannique nous paye un long voyage dans les années 60 au temps où proliféraient les radio pirates en Angleterre. Dans la lignée d’un Wes Anderson, il tient son film d’une main de maître pendant près d’une heure et demi. Mais cette jolie rencontre de musique, d’humour et de nostalgie qui tenait si bien sur ses pattes jusqu’alors est brisée par un final hollywoodien incompréhensible. Un joli tableau bêtement entaché.

Synopsis:
Carl (Tom Sturridge) vient de se faire renvoyer du lycée, et sa mère a décidé qu’il irait réfléchir à son avenir auprès de son parrain, Quentin (Bill Nighy). Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord peuplé d’un équipage éclectique de DJ’s rock and roll. À leur tête se trouve le Comte (Philip Seymour Hoffman), un Américain exubérant, véritable dieu des ondes en synergie totale avec la musique. A ses côtés, ses fidèles animateurs : Dave (Nick Frost), ironique, intelligent et d’un humour acéré ; l’adorable Simon (Chris O’Dowd), qui cherche l’amour ; l’énigmatique Midnight Mark (Tom Wisdom), séduisant et silencieux ; Wee Small Hours Bob (Ralph Brown), le DJ des petites heures du matin, accroc à la musique folk et à la drogue, Thick Kevin (Thom Brooke), qui possède l’intelligence la plus microscopique du monde ; On-the-Hour John (Will Adamsdale), le chroniqueur des actualités, et Angus « The Nut » Nutsford (Rhys Darby), qui est sans doute l’homme le plus agaçant d’Angleterre…
La vie en mer du Nord est riche en événements…
Critique:
A l’exception de Philip Seymour Hoffman, c’est avec un casting nombreux et inconnu que Richard Curtis s’est lancé dans son aventure. Ce choix se révèle vite payant, et heureusement, puisque les acteurs sont plus que jamais la clé du film. Dans Good Morning England, il ne s’agit pas véritablement de héros ou de personnages principaux. La galerie contrastée de personnages que nous offrent le film, à la fois caricaturaux et formidables vecteurs de toute une époque, forme une sorte de prestation collective. Et même si le scénario favorise certains acteurs plus que d’autres, ils forment un groupe drôle, soudé et attachant. Un phénomène d’autant plus visible que la grande majorité du film se déroule dans le bateau qui sert de local et d’habitat à nos hommes de radio. Cet environnement très confiné oblige le réalisateur à être astucieux pour éviter l’ennui. Et sur ce point Richard Curtis fait preuve d’une sacrée débrouillardise, c’est le mot. Aidé par un montage soigné et dynamique, il dépose une par une ses idées, jusqu’à épuisement, et effectue un genre de boucle inspiré. A une séquence basée sur un comique de situation se suit une séquence musicale rythmée puis vient une séquence se déroulant parallèlement en extérieur, etc, etc … Un schéma qu’il tient d’une manière assez scolaire mais qui donne un rythme imparable à sa comédie. Mieux encore, par admiration pour le cinéaste qui a réalisé ‘A Bord Du Darjeeling Limited’ ou par simple coïncidence, il est parvenu à installer une atmosphère typique de celle de Wes Anderson, et ce des décors jusqu’à l’humour et la personnalité des personnages. Le genre de détails tout sauf anecdotique qui peut expliquer l’excellence d’une bonne partie de Good Morning England. Une bonne partie seulement, jusqu’au semi-désastre final.
Devenu totalement fou ou pris d’un dramatique excès de confiance, Curtis décide d’offrir un final hollywoodien inexplicable. Le genre de choix si étrange et si surprenant qu’il est tentant de chercher une explication telle qu’elle soit dans ce déluge de scènes invraisemblables. Pendant de très longues minutes, Good Morning England se transforme en une parodie de Titanic aussi assumée que complètement pathétique. Il est beau aisé de comprendre que le britannique souhaite pousser la fantaisie et la rock’n'roll attitude le plus loin possible, il n’est pas difficile non plus de trouver ça complètement idiot. Idiot et plus encore. L’aspect hollywoodien du film se retrouve jusque dans les dialogues, remplaçant l’humour pour la niaiserie, parfaitement illustrée lors d’une hallucinante séquence de solidarité entre les DJ’s de la radio. Dans ce n’importe quoi gigantesque, il faut compter sur une bande originale d’enfer et quelques très jolis plans – La collection de vinyles qui se perdent dans les eaux – pour sauver un minimum la crédibilité du film. Enfin, pour ne garder en tête que la nostalgie et la drôlerie de ce Good Morning England, il faudra faire l’effort d’oublier les toutes dernières minutes du film, » rock’n'roll » d’après les personnages eux-mêmes, mais définitivement ridicules à l’écran.
Pour un nouvel essai 6 ans après Love Actually, on peut affirmer que Richard Curtis effectue un joli retour derrière la caméra. Bien qu’il soit compliqué d’oublier son final aberrant, Good Morning England profite d’une géniale brochette d’acteurs, d’un environnement cloisonné sujet à une multitude de séquences amusantes, et surtout d’un rythme impeccable. Le split-screen utilisé avec parcimonie, le parallèle et le contraste entre la vie sur le bateau et celle sur Terre aux côtés d’un ministre désireux d’éliminer toute cette crapule, chaque détail au montage prend de l’importance. Le plongeon dans les années 60, années de contestation et de liberté, est très long, imparfait parfois, mais jamais, jamais ennuyant. Un bien bon divertissement.
Sortie: 06 Mai 2009 | Genre: Comédie, Musical |
Réalisateur: Richard Curtis | Infos: Allociné
Durée: 2 h 15
Chroniques plus pertinentes: Playlist Society – Rob Gordon A Toujours Raison – Rigolotes Chroniques Futiles Et Insolentes – Laterna Magica







































































Merci pour la critique, ce film m’intriguait. Je pense que malgré la fin absurde j’essairais de me le procurer pour peu de deniers…
[...] This post was mentioned on Twitter by Didier HEBERT. Didier HEBERT said: Good Morning England (2009) | La Quenelle Culturelle http://bit.ly/SeTjG [...]
OK là dessus je suis totalement d’accord. Et pour être vraiment vulgaire : ça part en couille à la fin !
Néanmoins, je ne sais pas, il manquait quelque chose pour que le film ait vraiment le pep’s, pour que ça pète au maximum.
Peut-être que la fin catastrophique a influencé ma vision sur le film entier. Quel dommage!