Entre le bijou indépendant Little Miss Sunshine et Sunshine Cleaning, la nouvelle réalisation de Christine Jeffs, il existe quelques points communs. Il y a ‘Sunshine’ bien sûr, mais aussi les mêmes producteurs, une histoire un peu barrée, et des personnages un peu clichés dans les productions indépendantes. La comparaison s’arrête là puisque la qualité entre les deux films n’est pas comparable. Sunshine Cleaning disposait de tous les bons éléments pour créer un film social drôle rafraîchissant, mais ne tient jamais toutes ses promesses. La réalisatrice reste constamment à la surface des choses et empile quelques scènes un peu clichés. Comme quoi l’idée de départ peut-être excellente sans que le film suive.
Synopsis
Rose Lorkowski (Amy Adams) était la « star » du lycée, la pom-pom girl qui sortait avec le capitaine de l’équipe de football américain. Elle est aujourd’hui une mère célibataire trentenaire et gagne sa vie en faisant des ménages. Sa soeur Nora (Emily Blunt) habite toujours chez leur père Joe (Alan Arkin), un businessman raté qui a toujours misé sur des produits qui auraient normalement dû le rendre riche rapidement… Parce qu’elle doit trouver l’argent nécessaire pour envoyer son fils dans une école privée, Rose persuade sa soeur de monter avec elle une entreprise de nettoyage de scènes de crimes. Elles se retrouvent alors confrontées à toutes sortes de situations spéciales…
Critique
Par quel procédé magique un tel scénario peut-il perdre tout intérêt une fois à l’écran ? Voici la principale interrogation que suscite le visionnage. Lorsque Rose et sa soeur mettent en place leur société de nettoyage de crimes, – prétexte scénaristique franchement génial – le film est censé décoller, les scènes cultes s’enchaîner et le rire s’installer. Mais rien de tout ça. La découverte des lieux à nettoyer se fait presque naturellement sans que le comique de situation ou un dialogue bien senti n’intervienne. La réalisatrice se voit incapable de creuser des situations qui devraient se prêter naturellement au rire. La société de nettoyage reste désespérément un élément parmi les autres. De quoi faire s’envoler les espoirs dans les scénario et d’une manière plus générale, dans le film. Au delà des situations, ce sont tous les éléments du film qui vont subir un traitement de surface, à commencer par les personnages. Bien ancrés dans les clichés du genre, du gamin un peu bizarre au type à un seul bras, de la sœur boudeuse au grand-père un peu taré, aucun d’entre eux ne se découvre. Sauf rappeler un peu plus encore que Sunshine Cleaning est bien une comédie indépendante. On s’attendait à se marrer aux côtés de l’ingénieux grand-père joué par Alan Arkin ou à se faire surprendre par le commerçant manchot (Clifton Collins Jr.). En vain. Par manque d’idées ou par choix de la part de Christine Jeffs, il faut oublier la comédie et s’habituer à une réalisation finalement beaucoup plus nostalgique et mélancolique.
Au jeu des larmes, Rose et Nora mènent les débats. Le temps qu’elles ne passent pas dans les salles de bains salles et pleines de sang, elles le passent à se morfondre. Souvenirs d’une mère décédée, préoccupations d’un gamin à problèmes et déjà viré de son école, perspectives d’avenir floues, autant de raisons à vider toutes les larmes de son corps. Seulement, le registre mélancolique n’est pas davantage mis en valeur. Des flashbacks relatifs aux souvenirs d’enfance à l’incendie accidentel qui provoque la désunion entre les deux sœurs, Sunshine Cleaning a bien du mal à distiller ses émotions. Du coup, si le film reste plutôt paisible à suivre, ce sont grâce à des petits détails. Il faut d’abord souligner la très jolie performance d’Emily Blunt, capable de rendre un personnage un peu banal vraiment attachant. Peut-être celle avec le moins de repères et le plus de tristesse, elle n’en reste pas moins le petit rayon de soleil du film. Ensuite, il suffit parfois de quelques séquences légères accompagnées de bonne musique – une fois de plus typiques du cinéma indépendant – pour procurer un peu de plaisir. Alan Arkin et ses sardines, l’achat d’un van pourri et la création progressive de la société de nettoyage des scènes de crimes font parti des quelques satisfactions du film.
Christine Jeffs sauve son film de la catastrophe grâce à un casting de qualité et un rythme plutôt soutenu. Heureusement, car la déception reste énorme. A vouloir créer étrangement un rire plus implicite qu’explicite, Sunshine Cleaning ne crée rien. A vouloir provoquer explicitement la tristesse et la compassion, il laisse indifférent. Une chance que le film ne tombe finalement pas aussi bas.
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Sortie: 10 Juin 2009 | Genre: Comédie Dramatique | Réalisateur: Christine Jeffs | Infos: Allociné
Durée: 1 h 20
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