Du haut de leurs vingt piges, les quatre londoniens de The XX créent l’évènement en cette rentrée 2009. Déjà très populaires sur la toile depuis la sortie d’une premier single, il n’a pas fallu attendre longtemps pour pouvoir se mettre sous la dent leur premier album atypique. Sans réinventer les genres musicaux, le quatuor propose avec intelligence et brio un mélange de New-Wave, de pop, à la fois sobre et savoureux. Leurs compositions sombres et poisseuses s’éclairent sous un duo de voix des plus réussis, au moins aussi beau et attachant que celui des canadiens de Stars. Grâce à une maturité et un professionnalisme un peu inattendus à leurs âges, ils signent un premier opus obsédant et contrasté, aux atmosphères obscures, aux voix apaisantes.

Au dessus des notes aiguës de « Vcr », la sensualité du duo a tendance à prendre le pas sur les beats électroniques et sur la boucle rythmique, le couple vocal se séparant régulièrement avant de se rejoindre tendrement sur le refrain. Constat similaire sur l’excellent single « Crystalised », plus enlevé, plus varié, toujours aussi noir, rondement mené par sa basse, puis entraîné dans les nuages par des lignes de chants aussi envoûtantes que désabusées. Les structures mélodiques restent sensiblement les mêmes, mais l’atmosphère s’imprègne parfois d’un peu de légèreté. Ainsi, malgré des sons ambiants assez étranges, « Basic Space » prend une dimension pop plus classique et minimaliste. La simplicité, l’efficacité du refrain viennent rafraîchir un titre plutôt haché, mais pas désagréable et un peu sucré. Enfin, « Islands », guitare détendue et enjouée, complète le tableau des morceaux directs et concis du groupe, avec néanmoins un impact et une conviction un peu en deçà. Déjà très sûrs d’eux, auteurs de mini-hits solides et mémorisables, The XX fait parfois preuve d’un peu plus de créativité et d’ambition. Ouvrant magistralement l’album, « Intro » concentre rythmique hip-hop claquante, arrangements new-wave, chœurs pop, le tout dans une atmosphère thriller mémorable. L’illustration d’un talent introverti, palpable mais jamais trop démonstratif. Essentiellement instrumental à son tour, « Fantasy » dégage un vrombissement sourd et étouffant, laissant des nappes synthétiques recouvrir une voix masculine religieuse. Dommage qu’il soit aussi concis, les guitares commençaient seulement à s’extirper de cette piste nucléaire.
Quand le format des chansons s’allonge, The XX s’en sort au minimum avec les honneurs. Si « Shelter » pêche par une lenteur excessive et par une tendance à s’étirer vainement, il dispose d’un refrain sensible qui caresse soigneusement l’appareil auditif. « Night Time » aurait certainement été plus marquant si il s’était révélé dynamique plus rapidement, d’autant que la composition se dote d’arrangements vraiment soignés, très proches de ce que peuvent produire les Wild Beasts ou les australiens de The Temper Trap. La montée en puissance du titre se retrouve sur « Heart Skipped A Beat », à la différence que celui ci se montre pleinement convaincant, de l’alternance obsédante des voix jusqu’au parfait équilibre instrumental illustré par des guitares aériennes, une basse frissonnante et des clapements électro entrainants. Enfin, deux morceaux viennent narguer de près la perfection. Direction cosmos avec « Infinity » pour une ballade romantico-mélancolique diablement inspirée. Riche, subtile, une tristesse ambiante qui rappelle les ballades de U2 quand ces derniers écrivaient encore de bonnes chansons, et au final, une noirceur mélodique très attirante. Mais la leçon de classe revient à l’autre ballade, « Stars », conclusion mystique de leur premier disque. Lignes de chants désabusées, désenchantées, lancinantes, un charme justifiant la comparaison première avec le groupe Stars, puis, d’une beauté inouïe, une tension électrisante, groovy, qui vient valoriser tous les efforts du groupe.
Un premier album devient souvent la marque de promesses futures. Avec ce phénomène d’outre manche, les promesses semblent déjà s’être éparpillées un peu partout. A l’exception d’une petite réserve sur une certaine redondance instrumentale, la maîtrise des quatre londoniens ne se conteste pas. Mieux encore, leur exceptionnelle retenue ne les empêche pas d’instaurer un groove et un caractère explosif à plusieurs reprises. Intéressant, même s’il faudra attendre un prochain album pour voir les anglais se libérer peut-être un peu plus. En attendant, supporté par des voix angéliques, leur premier album propose sans turbulences une virée spatiale zen et euphorisante.
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Sortie: 17 Août 2009 | Genre: New-Wave, Pop | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
Autres chroniques: à venir.




























































Bizarre ce disque, les premières écoutes m’ont laissé froid mais je ne peux pas m’empêcher de le réécouter
Je crois que tout ça va aussi finir par un 8/10.
Personnellement je le trouve très très inégal cet album, pour quelques chansons exceptionnelles (Infinity, Crystalised), beaucoup de chansons plus plates, plus redondantes. Pas mauvaises, mais juste dispensables !Je publie ma chronique demain
Mais je vais les suivre de très près d’une part parce que j’ai été complètement emballés par les titres que j’ai aimé, et que ceux que j’ai le moins apprécié ne sont pas mauvais, simplement redondant par rapport au reste.
Une petite perle British ce groupe. Les sons sont peut être un peu minimaliste mais c’est ce minimalisme musical que j’apprécie, simple et efficace à la fois. Mes titres préférés : VCR / Crystalised / Basic Space.
Yo vraiment désolé Thibault, mais tellement de gens ont écris sur ce disque qu’il fallait bien que j’en zappe une
Enfin bon voilà c’est corrigé !
[...] A lire également, les critiques de tout le monde : la critique de Thibault sur la Quenelle Culturelle, la critique de Benoit sur Hop, la critique de Paul sur Pomme de Pin, la critique d’Eddie sur Le [...]