Florence And The Machine - Lungs (2009)

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Une londonienne et un groupe d’artistes florentins qui se regroupent pour sortir un premier album. Florence, c’est Florence Welch, une chanteuse soul avec un coffre impressionnant, et The Machine, une bande de musiciens se pliant avec talent aux exigences artistiques de madame. Et elle est exigeante. Outre s’adapter au mysticisme pop de son univers, comparable à celui de Bat For Lashes, il faut savoir suivre ses chevauchées rock épiques et densifier le corps même de sa musique de sonorités oniriques. Un pari osé, qui ne paye qu’à moitié. Si sa voix demeure incroyable tout au long du disque, la réussite époustouflante de certaines pistes pleines d’excentricité fait de d’ombre aux autres morceaux pour espérer obtenir un premier disque totalement homogène. Un peu lourd à la longue, « Lungs » n’en demeure pas moins un ébouriffant mélange de genres.

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Le tube « Dog Days Are Over » envoie tout de suite du lourd. Dès l’entame, la fraîcheur instrumentale crée le contraste avec une voix soul chaleureuse et prête à exploser. Puis l’intensité des percussions augmente, le timbre soul s’arrache, pendant que la verve pop provocante et sur-vitaminée du groupe prend le relais. Une première envolée mouvementée dans un univers bouillonnant. Comme trop souvent, le premier single « Rabbit Heart (Raise It Up) » tiré de l’opus sent bon l’exigence de la hiérarchie supérieure et ne mérite même pas de s’y attarder, tellement la jeune anglais caricature bêtement sa musique.  « I’m Not Calling You A Liar » devient en comparaison une piste incontournable, alors qu’elle ne demeure qu’une longue et lancinante douceur mystique, un agréable instant de détente sous les vagues soul de sa voix. Si écrire de telles chansons ne semble pas donner à tout le monde, la musique de Florence And The Machine perd trop d’originalité et d’attractivité dans le calme. « Howl » confirme cette impression d’une manière fulgurante, laissant des percussions primaires, presque tribales, imprimer un rythme enflammé à la mélodie. Et ce sont ses modulations inimitables de puissances et de tons qui donnent autant d’âme, de groove et de force au morceau. Difficile d’échapper à cet ouragan pop, qui rappelle l’extravagante démesure des compositions de Patrick Wolf. Et quand un rock brut balaie l’onirisme habituel du groupe sur « Kiss With A Fist », l’efficacité et le feeling mélodique, eux, ne bronchent pas. Au contraire, l’aspect basique du morceau reste la meilleure preuve que la musique du groupe peut prendre des formes inattendues à n’importe quel instant. Dans la continuité, le blues-rock râpeux de « Girl With One Eye » convient  à merveille à Florence, qui navigue dans les sons suraigus et graves sans jamais sembler forcer, sans jamais perdre son feeling naturel. Impressionnant. Suite à cet aparté, « Drumming » retrouve des sommets pop sous des lignes de chants qui rappellent un peu honteusement les refrains radiophoniques types des ‘Girl’s Band’ (« Survivor » de Destiny’s Child ?). Le flot écrasant de percussions produit de toute manière une rythmique infernale et étouffante qui recouvre de potentiels défauts et laissent un nouveau hit se dessiner progressivement.

« Between Two Lungs », en calmant le tempo, un brin plus romantico-intimiste, contient également le plaisir. Même les montées en puissance, accompagnées de chœurs lointains, procurent un petit sentiment d’indifférence. La voix principale répond toujours présent, mais ne suffit plus à emmener l’auditeur avec elle. Sur « Cosmic Love », en revanche, tout rentre dans l’ordre, à tel point que la composition pourrait être un remix plus rock et plus épique d’un titre de Bat For Lashes. Des sonorités magiques, des beats entêtants, des choeurs gigantesques, sans oublier ce riff rock rempli de tension assurant les fondations de ce gratte-ciel musical. Une leçon de cohérence artistique sous une puissance pop titanesque et inédite. Entre parenthèses, bon courage aux artistes désireux d’en faire autant. La belle a encore de l’énergie à revendre sur le dansant « My Boy Builds Coffin ». Aidé par une basse et un beat groovy, sa voix soul, rapidement rejointe par d’autres harmonies vocales, glisse sur une toile de sons cosmiques avec une grâce édifiante. « Hurricane Drunk » paraît moins convaincante, cachant sous de puissants refrains un manque d’inspiration évident. Et cette fois, le rapprochement avec les Destiny’s Child se confirme dangereusement. « Blinding » retrouve la tourmente pop partagée par Natasha Khan mais la lourdeur des instruments empêche le morceau de respirer, et par la même occasion de renouer avec l’insultante réussite mélodique présente sur le reste de l’album. Et pour finir, un mélange de soul rétro et de pop moderne voit le jour sur « You’ve Got the Love », un souffle rafraîchissant sans autre but de relâcher un peu la pression bouillante entrevue jusqu’alors.

« Lungs » est un premier album surprenant, culotté, renversant, revigorant, outrageusement puissant. Toujours impeccables mélodiquement parlants, les titres peuvent compter sur l’énergie incontrôlable du groupe et sur une voix soul à réservoir illimité.  Voyant les hits explosifs de Florence & The Machine tomber à nos pieds, il serait de mauvaise foi de ne pas imaginer un avenir rayonnant pour eux. Mais il existe tout de même un hic. Si au cas par cas leurs morceaux envoient du lourd, l’enchaînement des 13 titres de cet opus laissent des séquelles. Même en faisant des efforts, difficile de digérer, comme avec Patrick Wolf, ce goût pour l’excentricité et la démesure. Puis comment pardonner le fait d’évoquer en deux refrains les Destiny’s Child

3-5

Sortie: 06 Juillet 2009 | Genre: Pop, Soul | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: à venir.

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2 comments to Florence And The Machine – Lungs (2009)

  • « Le premier single « Rabbit Heart (Raise It Up) » [...] ne mérite même pas de s’y attarder, tellement la jeune anglais caricature bêtement sa musique. »
    -> Je n’ai pas vraiment compris en quoi elle « caricaturait » sa musique. C’est son premier album, c’est son style, point. Moi j’adore ce titre, il dégage une énergie mystique stellaire et les mélodies sont… superbes. Après, je comprends que son format très pop puisse irriter.
    Les Destiny’s Child. Wow. J’y aurais pas pensé (je n’écoute pas ce genre de musique en boucle) – mais ‘Drumming Song’ est bof, j’avoue. Je trouve que Florence a la classe, ça fait un bon disque d’été (pour ceux qui n’en auraient pas eu assez).

  • je déteste cordialement… et en plus c’est horrible ce clip non ?

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