Stuck In The Sound - Shoegazing Kids (2009)

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Comment ne pas parler de Stuck In The Sound, ce groupe de rock indépendant parisien qui n’en finit plus de crouler sous les éloges, sans cesse comparé aux piliers des années 90 comme les Pixies ou Sonic Youth. Le second album du quatuor français est sorti en début d’année et a fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical de notre belle nation. Pourquoi ? Peut être pour ses guitares noisy. Peut être pour sa production très british. Peut être est ce suffisant aujourd’hui pour vendre du rêve quand on sait que la scène française peine à rivaliser avec la qualité des sorties américaines ou britanniques. Alors oui, Stuck In The Sound a cet atout déjà énorme de retranscrire des sonorités et des rythmiques typiquement anglo-saxonnes sans aucune difficulté. Mais une fois cette étape franchie, il réside toujours les problèmes de composer, de posséder son propose son et son propre charme. Et sur tous ces points, Shoegazing Kids n’est pas si convaincant qu’il en l’air. Hormis deux ou trois très belles chansons, la seule arme de ce deuxième disque reste sa production. Et sans remettre en cause le talent indiscutable du groupe, il faudra faire preuve de plus d’audace et ne pas suivre simplement les chemins tracés par les petits copains pour mériter autant de critiques élogieuses.

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C’est avec un titre essentiellement instrumental que les frenchies ouvre les hostilités. « Zapruder » a le droit à une instrumentation soignée et démontre que leur album n’est pas produit par des pingouins. Mais c’est surtout l’impression d’entendre du Muse sous morphine qui domine. Donc pour ce qui est des sensations fortes et des bonds euphoriques, il vaut mieux attendre le morceau « Ouais ». Car si l’abstraction de ‘Woo Woo’ énervants mais surtout bien ridicules n’est pas évidente, il faut reconnaître que tous les instruments cohabitent avec classe et que le groupe joue très bien. Rythmique qui s’enfonce dans le crâne, basse groovy à mort, mur de guitares complètement dément, et un chant super attrayant, surtout dans la deuxième partie. Et voilà que l’album sent bon la claque. Mais « Utah » ne tient pas la comparaison une seconde après un tel hit. Propre mais beaucoup trop linéaire, la piste regorge de sonorités déjà entendues et la comparaison avec les Strokes entre autres se fait naturellement. Un manque de personnalité terrible qui se retrouve sur « Shoot Shoot » qui rappelle indéniablement les débuts de Muse dans ses grandes lignes mélodiques, mais surtout le hit mondial « Song 2″ de Blur sur le refrain. Bien sympa mais si le style Stuck In The Sound existe vraiment, il serait peut être judicieux qu’il sorte de son trou. C’est au tour de The Cure, une de leurs influences majeures, de nourrir « Teen Tale ». Les changements de tempo rafraîchissent grandement leur composition avant de disparaître complètement. L’accélération progressive du morceau largue petit à petit l’auditeur qui finit par être trop loin pour se sentir encore concerné par la musique.

« Playback A.L » est en revanche une balade rock parfaitement gérée, qui prend des formes intéressantes. D’abord très Phoenix dans son introduction, avec un chant plus émotionnel que celui de Thomas Mars, l’évolution du morceau devient fantastique et me rappelle beaucoup la qualité des dynamiques de Def Leppard. Et c’est au final un irrésistible moment mélodique, beau et classe. Rien à voir avec l’enjoué « Beautiful Losers », qui ressemble à un vulgaire hymne de rock américain pour adolescents, rendu encore plus désagréable avec son refrain joie de vivre exagérée façon Mika. Après ce passage douloureux, ils ont l’intelligence de faire court avec « What », choix d’autant meilleur que l’inspiration est tombée plus bas que le Titanic. « Dirty Waterfalls » confirme l’intention du groupe de désormais chanter du rock avec bonne humeur, et c’est alors que l’incompréhension face aux compliments qui fusent en faveur du groupe devient totale. Non seulement les accords de guitare semblent se répéter inlassablement, mais la direction musicale que prend le groupe est assez incompréhensible. Le chant se fait plus convaincant sur « Erase » et le groupe semble plus sérieux, mais les idées manquent et leur musique devient encore plus anecdotique, les ‘Oooh Oooh’ restant ce qu’il y a de plus chiant. « Gore Machine » n’a pas vraiment d’autre projet que de muscler les bras de son batteur et de faire beaucoup de bruit. La fin approche, et Madame souffrance s’accroche jusqu’au bout puisque « I love You Dark » fait perdre tout espoir de penser que le groupe peut se renouveler un minimum. A tel point qu’une reprise acoustique d’une ballade de Rihanna aurait fait l’affaire.

Un ou deux coups de maîtres se suffisent pas à effacer les carences d’un Shoegazing Kids définitivement surestimé. Grâce à une production parfaite et des musiciens solides, Stuck In The Sound fait illusion cinq minutes avant de comprendre que tout ce bruit n’est qu’une blague. Un genre de rétrospection du rock sans idées, plat et très très blasant. Une étincelle et puis plus rien, ou si, du rock réchauffé sans envergure et sans ambition. Un peu léger pour rester un phénomène rock bien longtemps, et un gâchis de talent sans nom.

1-5

Sortie: 26 Janvier 2009 | Genre: Rock | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: à venir.

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1 comment to Stuck In The Sound – Shoegazing Kids (2009)

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