Josh & Co. Limited - Through These Eyes (2009)

Josh

Créateur et guitariste flamboyant du groupe Mostly Autumn, Bryan Josh a décidé d’inviter quelques uns de ses amis pour produire son premier effort solo. Cherchant à s’éloigner des compositions progressives de son groupe principal, le britannique aux doigts de génie dévoile ici quatorze pistes rock beaucoup plus directes et plus accessibles. Mais aux vues de ses expériences artistiques au sein de Mostly Autumn, le digne héritier de David Gilmour n’oublie pas de soigner l’instrumentation et de gratifier l’auditeur de quelques solos splendides que tout amateur de Pink Floyd appréciera. A des lieux de la hype de la musique britannique actuelle, Bryan Josh puise ses inspirations dans son univers progressif très seventies et le résultat est d’autant plus original, voir inédit. Imaginez si Roger Waters & David Gilmour décidaient de faire de la pop-rock aujourd’hui avec leur bagage instrumental … . Et bien « Through These Eyes » en serait un chouette aperçu.

Bryan Josh

L’admiration que voue Bryan Josh à Pink Floyd est totale, et son jeu de guitares classieux s’en ressent depuis le début de sa carrière. Autant dire que les amateurs de solo bien enlevés en auront pour leur argent. L’écoute démarre en douceur avec l’introduction « Merry She Goes », apaisant voyage aux sonorités floydiennes et nappes de claviers rassurantes. Un dernier clin d’œil sous forme de rock progressif qui permet de préparer l’évasion vers de nouveaux horizons rock. La première destination s’appelle « Land Of The Gods » et confirme rapidement la disparition de l’ombre Mostly Autumn. Une batterie omniprésente, des riffs puissants, et une guitare seventies naviguent en eaux troubles. La voix de Bryan Josh, d’habitude si réconfortante, attise les flammes de l’enfer et nous entraîne dans un rock puissant aux colorations seventies. L’occasion pour voir les premiers solos aériens percer cette épaisse fumée noire, enlevant quelques instants ce sentiment d’oppression. « The Appian Way » continue dans cette veine pop-rock musclée, dégageant un son à faire trembler les murs. Parfaitement diffusable en radio, il reste tout de même à Josh & Co. Limited des références aux pionniers du rock progressif et quelques solos magistraux pour se différencier de la masse, ainsi que des refrains de grande qualité. Le voyage continue sur la première ballade de l’opus « We Graze », splendide instant contemplatif en compagnie d’Olivia Sparnenn. Le duo de voix se fond dans la nature environnante, laissant des accords acoustiques absolument sublimes guider les aventuriers perdus. Assurément l’une des plus jolies ballades de l’année. « Black Stone » ressemble comme deux gouttes d’eau aux premiers morceaux de « Storms Over Still Water » de Mostly Autumn. L’ambiance lourde trahit le calme existant en début de piste, indiquant un simple répit avant la tempête. Une montée en puissance brutale des synthés lance Bryan Josh dans une course mélodique effrénée sur le refrain, avant de laisser un solo dévastateur nous éblouir de sa clarté et sa puissance. Guitaristiquement parlant, il évolue quand même une classe au dessus et la faible renommée médiatique de cet homme est inversement proportionnelle à son talent. Du haut de ses six minutes, « Slow Down » prend son temps avant d’entamer une chevauchée épique. Un feeling incroyable traverse les premières minutes du morceau, aussi bien dans le timbre de voix qu’au sein de l’instrumentation entêtante, jusqu’à une nouvelle explosion. L’accélération électrique est brutale et le rythme ne redescendra plus jamais. La voix splendide d’Olivia se perd dans les cieux, poursuivie par des guitares féroces. Et comme à son habitude, Bryan reprend son rôle de soliste très à cœur dans la dernière phase du titre.

« Through These Eyes » débute de manière surprenante. Un phrasé rappelant David Bowie et plus récemment les Orphans & Vandals glisse à nouveau sur une ambiance floydienne d’une autre dimension, pour un couplet de rêve. Le refrain retrouvera l’efficacité mélodique du rock nerveux entrepris sur les précédents titres. Plus surprenant encore, ce sample live qui intervient dans la seconde partie, où un public surchauffé attend que le speaker finisse la présentation des musiciens pour déguster un nouveau solo gilmourien. On retrouve un sample live et un solo du même acabit pour les premières secondes de « Into Your Arms », long slow mielleux typique des années 70 sur les traces des balades oniriques de Queen. Il suffit d’entendre les chœurs et les nappes de claviers qui enrobent le morceau pour s’en convaincre. « Old Friends » est une pièce folk lyrique, avec seule Olivia au chant et un piano tout droit sortie d’une bande originale de Disney. Malheureusement, la mélancolie ambiante est plus source d’ennui qu’autre chose, même si on est content de retrouver une composition minimaliste après autant de fracas. « Not A Dream » est peut être le titre le plus progressif et caractéristique de la musique de Mostly Autumn. Suite à une longue plage musicale aux sonorités cosmiques, aux lignes de chant rêveuses, on assiste à une longue montée en puissance que ne renierait pas les allemands de RPWL. Dois-je mentionner que le titre se termine par un énième solo sorti d’une autre planète? J’imagine que non. Et c’est une nouvelle piste progressive qui prend position après l’interlude « Only In The Loss ». L’orgue Hammond est de la partie et « Going Home » devient vite puissant et complètement hypnotisant. Le chant est recouvert par un déluge sonore électrisant jusqu’à la dernière seconde. La version radio edit de « The Appian Way » étant dispensable, le voyage touche véritablement à sa fin avec la balade folk « Carry Me », dernier instant de calme et de grâce de l’opus. Le titre profite d’une interprétation sensible et sincère de Bryan Josh & Olivia Sparnenn, et d’une mélodie qui n’a d’égal à sa simplicité que sa beauté. Un finish rafraîchissant.

En toute logique, les amateurs de Mostly Autumn ne devraient pas se laisser surprendre par le penchant rock entrepris par Bryan Josh et ses musiciens. En étalant son savoir faire de compositeur et en éparpillant les sonorités progressives et seventies sur chacun des titres, le fan s’y retrouvera sans problème. « Through These Eyes » devient alors qu’une simple confirmation du génie d’un guitariste hallucinant et d’un chanteur de plus en plus confirmé. Un nouveau puits de mélodies aériennes bien trempées qui traduisent à merveille son univers. Pour ceux qui découvrent le bonhomme, cet opus se révèle être une formidable surprise, complètement à contre courant de la musique des années 2000. En quelques chansons accessibles à tous, il remue l’univers de son groupe principal, redonne vie à David Gilmour, et comble les fans de musique progressive, de pop, de rock, et des années 70. Largement suffisant pour devenir un album incontournable de 2009, et continuer de penser que Bryan Josh est un don du ciel injustement méconnu.

4-5

Sortie: 04 Mai 2009 | Genre: Pop, Rock progressif, Folk | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: à venir.

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