
L’annonce de la formation de The Dead Weather, nouveau groupe mené par Jack White, a suscité beaucoup d’intérêt. C’est aux côtés d’Alison Mosshart (The Kills), Dean Fertita (Queens Of The Stone Age) et de Jack Lawrence (Raconteurs) que le leader des White Stripes a accouché de ce petit bijou. Enregistré en trois semaines par cette équipe de luxe dans un studio à Nashville, « Horehound » est un disque de blues plongé dans l’acide, une musique mystique comblant sa profondeur par de la crasse. « Horehound » est un disque dont le son heavy ferait transpirer le diable et dont le groove fait trembler la tombe d’Elvis. « Horehound », c’est une paire de Ray-Ban, un jean transpercé de toutes parts et un blouson en cuir poussiéreux. « Horehound », c’est la voix chaude et sexy d’Alison qui rend brûlante les mélodies du reste de la troupe. Bref, « Horehound » aurait presque pu être un nouvel album des White Stripes si une panthère n’avait pas rejoint les rangs. Peu ou pas de surprises à se mettre sur la dent, mais un contenu qui laisse espérer une suite dans les plus brefs délais.

« 60 Feet Tall » est le premier titre à nous mettre dans la boue. A l’instar des dernières productions de Robert Plant, un blues hypnotique et obscur s’empare du morceau, attendant patiemment que la féline sorte ses premiers miaulements. La voix chaude et humide d’Alison rend l’ambiance poisseuse et malsaine, laissant un air torride défiler les rues. Un solo gras et puissant au milieu de la piste sonne comme un avertissement avant une montée en puissance finale décapante portée par des riffs agressifs. « Hang You From The Heavens » est trop haché et trop décousu pour devenir un single vraiment accrocheur. La batterie est lourde et les lignes de chants moins inspirées. Le constat est tout autre avec « I Cut Like A Buffalo » et ses choeurs puissants. Une rythmique simple et groovy ponctuée de quelques sonorités crades et de quelques échos caractèrisent un titre qui aurait toutes ses chances pour devenir le prochain single du groupe. « So Far From Your Weapons » possède toujours une atmosphère instable, mais s’égare vers de nouveaux horizons sonores. Entrecoupée de quelques explosions électriques et étayée de quelques choeurs gospels discrets, c’est une berceuse bluesy aussi planante qu’inquiètante qui vient nourrir une composition réussie. « Treat Me Like Your Mother » n’y va pas par quatre chemins. Sur un mur de guitares impénétrable, Alison se transforme en véritable Jack White féminin, imitant ) la perfection son timbre rageux et rocailleux. Si la mélodie est sans concessions rock, quelques intonations Hip-Hop viennent embellir un titre qui dégage autant d’énergie qu’une mitraillette qui se vide. « Rocking Horse » est une ballade musclée à la sauce western voyant la moité des Kills et le leader des White Stripes se donner la réplique avec ce qu’il faut de désinvolture et de classe.
« New Pony » traduit en musique la puissance d’un jet de karcher. Un son décapant et quelques riffs tranchants bien inspirés contrastent avec l’allure junkie et punk d’Alison. Entre les White Stripes et les premier Yeah Yeah Yeahs. Débarque alors avec « Bone House » le titre le plus catchy et le plus pop de l’album grâce à sa superbe boucle synthétique. La panthère ressort les griffes, s’extirpant comme elle le peut d’une forêt de bruits sourds et étranges, tandis qu’influences punk et garage se font de plus en plus marquantes. « 3 Birds » est un morceau instrumental varié duquel découle une rythmique parfaite pour un thriller un peu barré. Pas de quoi sauter au plafond, mais l’occasion de renouveler un air étouffant. Le très dispensable « No Hassle Night » n’apporte pas beaucoup de valeur au disque. Trop classique et sans relief, malgré les efforts de Jack White, seul au chant. Et il faut attendre « Will There Be Enough Water » pour se mettre sous la dent la pépite de cet album, un blues apaisé remarquable qui a le mérite de laisser les envies dévastatrices aux vestiaires. Une impression de chaleur extrême envahit la mélodie, un chant sous l’emprise de l’alcool, et une dynamique qui réaffirme la volonté de revenir aux racines de la musique américaine. L’équilibre instrumental est remarquable,au piano, à la batterie ou à la guitare.
The Dead Weather est un quatuor de cowboys plus ou moins modernes qui se sont retrouvés le temps de ce très bon « Horehound ». l’intérêt pour cet album aurait été énorme si les Whites Stripes ou les Raconteurs n’existaient pas, mais ce n’est pas le cas. Si il doit y avoir un regret concernant cet opus, c’est son manque d’ambition terrible. La patte Jack White se reconnaît à des kilomètres, effaçant ainsi tout effet de surprise ou impression de renouvellement. Du coup, difficile de parler vraiment de dreamteam, même si l’apport sexy d‘Alison Mosshart est incontestable. S’il faut retenir une chose de ce projet, c’est la constance du talent de Jack White partout où il s’investit. Pour le reste, il ne tient plus qu’à espèrer une suite plus originale.
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Sortie: 13 Juillet 2009 | Genre: Rock, Psychedelic, Blues | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
Autres chroniques: à venir.







































































Effectivement assez intrigant dans son « concept »… ce blues rock poisseux… païen (?)… mais c’est vrai que la qualité et la surprise ne sont pas toujours au rendez-vous
SysT