Le quatuor basé à Portland tient décidément un rythme infernal. « The Satanic Satanist » est déjà le quatrième album depuis 2006 pour le groupe répondant au doux nom de Portugal, The Man. Généralement avides d’expérimentations sonores pas toujours du meilleur effet, ce nouvel opus prône fraîcheur et simplicité mélodique, pas malvenues quand l’été bat son plein. Enregistré en une semaine et demi, on pouvait s’attendre au pire, ou au mieux à un album quelconque. Tout faux, il suffit de quelques jours aux membres de Portland pour sortir un petit chef d’œuvre de pop rétro terriblement entêtant, le tout avec une pincée de psychédélisme et d’influences diverses. La première écoute se savoure comme un fondant au chocolat qui sort juste du four, et c’est en toute logique que « The Satanic Satanist » s’impose immédiatement comme un classique. C’est un voyage première classe en direction des langoustes et des cocotiers que les américains nous offrent. Une musique enivrante et chaleureuse qui a choisi le bon moment pour pointer le bout de son nez. Une musique d’une savoureuse simplicité. Comme une crêpe sans grumeaux.

« People Say » ouvre le bal avec quelques notes brûlants de guitares, une mélodie qui sent bon les grands tubes rock et pop des années 90, et un refrain qui n’est pas sans rappeler les débuts d’Oasis. Le chant est assuré avec brio par John Baldwin Gourley. Sa voix, si détachée et chaleureuse, est un appel à l’évasion au pays du sable chaud et des beignets au chocolat. La suite avec « Work All Day », qui n’est pas sans évoquer Gorillaz pour son beat accrocheur et Peter Doherty ou Lemon Sun sur certaines parties vocales. Le refrain est énergique, groovy, dansant, sans pourtant en faire des tonnes. « Lovers In Love » possède une structure rythmique proche de la pop-rock britannique actuelle, mais les chœurs féminins et le psychédélisme hypnotisant produit par les synthétiseurs permettent au morceau de garder une certaine fraîcheur. « The Sun » est la chanson parfaite pour se remémorer les souvenirs de vacances. Perle pop-rock pourvue d’un charme irrésistible, en grande partie grâce à un duo vocal mixte envoutant. Leur musique coule de source, et ce titre se rangerait sans problème à côté des hits pop planétaires des Beach Boys et des Beatles en leur temps ou d’Oasis un peu plus récemment. « The Home » a ses guitares qui sifflent et sa batterie qui swing gentillement, laissant traîner des influences soul, jazz et hip-hop. Mais « The Home », c’est avant tout un hymne rassembleur et la cool attitude avec des lignes de chant si entraînantes qu’on se croirait sur un refrain d’Eagle Eye Cherry & Neneh Cherry à l’époque. Jamais deux sans trois pour compléter ce trio de chansons planantes en ‘The’ avec « The Woods ». La pop/folk de Calexico semble avoir trouvé une place de choix sur la composition du quatuor. Quelques beats hip-hop viennent alourdir la panoplie, de même que certaines sonorités cosmiques et chœurs féminins naviguant entre soul et pop.
Et le meilleur reste à venir avec « Guns And Dogs ». John Baldwin Gourley joue les gangsters, évoluant dans un univers hip-hop folk jouissif, avant de se faire refroidir par une douceur féminine sur un air plus pop. Et les refrains, à l’images de chœurs bien présents et de riffs déchirants, sont toujours aussi accessibles. « Do You » tente tant bien que mal de renouveler l’air, et de retrouver une veine pop-rock beaucoup plus classique. Sans être profondément mauvais, le morceau est relativement fade et grossier par rapport aux autres titres. Une fausse note qui s’oublie assez vite avec « Everyone Is Golden ». L’inspiration a un peu disparu, mais Portugal, The Man assure le minimum syndical en continuant de jouer sur le contraste produit par la mixité vocale. Le reste n’est pas inoubliable. « Let You Down » tente de noyer le chanteur dans un écho presque religieux, mais J.B.Gourley sort le grand jeu en proposant une interprétation sensible, à fleur de peau, comme Kelly Jones sait si bien le faire en solo ou avec les Stereophonics. Une voix perçante, magnifique, qui ne trouve comme écho que les murs d’une église et ses bancs vides. « Mornings » vient conclure ce splendide album, en proposant une mélodie éblouissante de classe. Il y a d’abord ces notes électriques qui reviennent tout au long du titre, répondant à un jeu appliqué que l’on retrouve en plus héroïque chez Carlos Santana. Il y a cette guitare acoustique qui vient se greffer pendant le refrain, ce timbre de voix qui déborde de feeling et de justesse, ces refrains dotés d’harmonies vocales qui prolongent le rêve toujours plus longtemps. Et il y a toujours cette voix féminine qui prend la précaution de vous réveiller sans sursauts.
« The Satanic Satanist » est un enchaînement de hits intemporels, rappelant bon nombres d’artistes qui ont marqué leur temps. Un inestimable trésor pop bourré d’influences, qui devrait assurer au groupe d’agrandir considérablement les rangs de ses fans. D’ores et déjà un must de 2009, qui devrait ravir les amateurs de pop au sens large.
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Sortie: 21 Juillet 2009 | Genre: Pop, Rock, Psychédélique, Soul
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Autres chroniques: à venir.







































































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