Il m’a fallu du temps pour me décider à consacrer deux heures d’un dimanche après-midi à ce Looking For Eric, dernier bébé en date de Ken Loach. Et c’est avec une connaissance de sa filmographie finalement assez limitée que je me suis assis dans les confortables fauteuils du Diagonale de Montpellier. Après avoir entendu comme tout le monde, un peu partout, que le zozo britannique était un formidable réalisateur, depuis longtemps parmi les plus grands, je ne vous cache pas que les deux heures consacrées à cette bizarrerie cinématographique auraient certainement été plus rentables pour arroser le jardin ou tondre la pelouse. Et je n’exagère qu’à peine. Si la présence d’Eric Cantona, interprétant son propre rôle, ravira les fans du personnages et les plus curieux d’entre nous, le reste du film n’est clairement pas à la hauteur, si tenté que ce bon vieux briscard de Ken Loach ait tenté de raconter vraiment quelque chose. Film décousu, comme j’ai rarement eu l’occasion d’en voir, « Looking For Eric » alterne beaucoup d’ambiances différentes, beaucoup de genres cinématographiques, dans une joyeuse confusion générale inintéressante dès lors que l’ancien pensionnaire de Manchester United quitte la caméra. Difficile même de parler de déception tant l’ensemble n’a aucun sens et semble simplement répondre aux envies ponctuelles d’un grand monsieur du cinéma dont la vieillesse laisse visiblement pas mal de séquelles. J’ai du mal à croire que cet homme soit auréolé dans le monde du cinéma. Ou alors a-t-il choisi dans un nouveau coup de folie d’échanger son auréole contre un bonnet d’âne.

Synopsis:
Eric Bishop (Steve Evets), postier à Manchester, traverse une mauvaise passe. Sous son nez, ses deux beaux fils excellent dans des petits trafics en tous genres, sa fille lui reproche de ne pas être à la hauteur et sa vie sentimentale est un désert. Malgré la joyeuse amitié et la bonne humeur de ses collègues postiers qui font tout pour lui redonner le sourire, rien n’y fait… Un soir, Eric s’adresse à son idole qui, du poster sur le mur de sa chambre semble l’observer d’un oeil malicieux. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ? Eric en est persuadé, le King Cantona peut l’aider à reprendre sa vie en mains…
Critique:
Si vous avez vous aussi fait confiance au synopsis de base et à la bande annonce du film pour vous ruer dans les salles de cinéma, alors peut-être partageons nous ce même sentiment de frustration, voir de foutage de gueule. Car il faut être clair, « Looking For Eric » est pour l’essentiel une blague carambar étalée sur deux longues heures. Et comme l’a brillamment fait Benjamin dans sa chronique, ce n’est pas seulement un film qu’il faut décortiquer, mais plusieurs scénarios maladroitement collés, avec comme objectif ultime: faire du remplissage. Conséquence d’une ambition démesurée ou simple faux pas, il n’empêche que l’ensemble est bel et bien trop décousu, trop dénué de sens pour y trouver un intérêt sur la durée. Devant un tel constat, la déception est évidemment de mise, d’autant que le duo absurde formé par Eric Bishop (Steve Evets) et Eric Cantona fonctionne à merveille. Le postier, qui traverse une mauvaise période, trouve en son idole Eric Cantona la force de se reprendre en main et d’affronter enfin les choses en face, l’occasion pour Ken Loach de réciter ses classiques: amour, drames familiaux, dérives adolescentes, pardon et solidarité. Et là, c’est le drame. Bien qu’un peu longuet, le début était pourtant prometteur , les premières joutes verbales de Canto (dans un anglais qu’on ne parle que sur la Canebière) amusent, mais très vite le fil conducteur de « Looking For Eric » explose et s’éparpille. Il ne reste alors plus que les séquences en compagnie du mancunien pour rire et faire passer la pilule. Mention spéciale à la séance d’entraînement sportif qui marque très justement le contraste entre le charisme du King et la loose attitude de Eric Bishop, ou encore l’hilarante scène de danse rock’n'roll. Le reste du film n’a ni queue ni tête, et ressemble plus à des courts métrages indépendants bâclés.
Dans un premier temps, il y a le chapitre: « A la reconquête de Lily ». Le réalisateur consacre pas plus d’un tiers du film pour relancer une histoire d’amour entre Eric Bishop et sa première femme Lily (Stéphanie Bishop), qu’il a quitté brutalement il y a trente ans. Trop concise pour être prise au sérieux et apporter la moindre émotion, cette séquence ne fait qu’apporter son lot de caricatures sur les histoires de réconciliation, de pardon et de nostalgie.
Dans un second temps, il y a le chapitre: « Sauvons le couillon Ryan ». Et c’est ici que l’étiquette de film « comédie » va prendre tout son sens, même si ce n’était sans doute pas l’effet souhaité par le réalisateur. Entouré de ses deux fils bien engagés pour devenir aussi loosers que lui, Eric Bishop a la mission de sortir Ryan (Gérard Kearns) des griffes d’un gang pas gentil du tout, avec des gros chiens qui montrent leurs dents quand on leur dit que c’est pas bien ce qu’ils font. Pris dans un chantage infernal (le gosse doit cacher une arme chez lui), aucune solution légale ne semble pouvoir être envisagée. Et c’est alors qu’on se demande si Ken Loach a trouvé la solution au problème qu’il vient lui-même de créer. Et bien rassurez vous, oui, ce grand monsieur du cinéma a plus de tours dans sa poche que Gérard Majax. Et il faut le voir pour le croire. En rade d’idées quand Cantona n’est plus là, le britannique a décidé de se faire plaisir. Et le résultat à l’écran est aussi improbable que désespérant. Enfin réunis, les Bishop s’apprêtent à déguster une dinde dans la bonne humeur quand intervient brusquement la police. Et les images nous font penser qu’une intrusion de forces de l’ordre pour détention illégale d’un pistolet ressemble plus à un braquage de banque qu’autre chose. On imagine presque Ken Loach se marrer comme un débile, tout content d’avoir fait paniqué quelques instants des spectateurs dans le coma. Déjà hilarant, ce passage n’est qu’un apéritif à côté du final.
Le dernier chapitre « La terrible vengeance de la famille Bishop » est le dernier petit plaisir de notre réalisateur bien aimé, apparemment mis au courant qu’il reste encore pas mal de budget. Steve Evets s’arme de trois bus remplis de supporters de Manchester et de ses amis, lancés à l’assaut de la résidence du gang. Et c’est parti pour un interminable moment rocambolesque: Pistolets de peinture rouge, masques à l’effigie d’Eric Cantona, destruction de 4X4, de téléviseurs HD… Bref, un moyen facile de boucler le budget prévisionnel du film avec autant de philosophie que chez Mickael Bay.
« Looking For Eric » doit son salut aux quelques échanges entre le charismatique Eric Cantona et la découverte Steve Evets. Ce dernier livre une prestation de haut vol, seul survivant d’un tsunami de sujets traités à l’emporte pièce par un Ken Loach à mon avis surestimé, qui sur ce film en tout cas, n’a plus plus d’inspiration qu’une noix de coco.
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Sortie: 27 Mai 2009 | Genre: Comédie | Réalisateur: Ken Loach| Infos: Allociné
Durée: 1 h 59
Chroniques plus pertinentes: à venir.








































































Même si ce film ne tiens pas le haut du pavé parmis les autres chefs d’oeuvres de ce grand monsieur du cinéma (les as-tu vu d’ailleurs ?) il ne faut pas pour autant tout jeter à la poubelle. je n’est pas réellement envie de m’étaler sur ce film qui, s’il reste simple a le mérite d’offrir aux spectateurs une vue plutôt réaliste d’un Manchester comme peu de personnes connaissent.
Non moi ce qui me choque, c’est ce manque de respect et ces métaphores aussi inutiles que grotesques que tu lances gratuitement envers ce cinéaste de renom. Aprés tout, on serait en droit de se demander qui est ce jeune homme impétueux qui lance autant d’attaque et va jusqu’a remettre en cause la reconnaissance mondiale de Mr. Ken Loach. Et quelle franche rigolade quand on découvre qu’il n’est qu’un jeune apprenti franchement prétentieux qui critique sans prendre le risque d’être critiqué (je parle d’oeuvres ici bien évidement). Sans vouloir polémiquer, j’aime partager quelques moments de ma journée pour lire et apprécier tes critiques. Dans l’ensemble, je l’est déja dit, je les trouves toujours justes. Si je donne une réaction plutôt virulente sur cette chronique, c’est pour te rapeller qu’avant de critiquer un Monsieur comme ce Monsieur, avant de te lancer dans ce genre d’aventure, il faut avoir des armes. Lui, ce réalisateur en est rempli et jouit d’un respect et d’un talent rarement remis en cause. Toi, tu n’as ni l’un, ni l’autre. Et c’est juste domage de ne pas garder au moins ce respect pour un pareil réalisateur quand on a pas encore réaliser sois-même une oeuvre qui vaut la reconnaissance du public. Je veux juste dire qu’en certain cas, il faut savoir rester à sa place et ne pas vouloir jouer dans la cour des grand quand on n’en a pas les moyens au risque de passer pour un zozo français pas franchement formidable.
Tiens, ça m’aurait étonné une réponse comme ça. Et j’ai plusieurs réponses à te donner:
- J’écris des chroniques sur MON blog, pour donner MON avis comme je l’entends, et sur ce que je veux. Je n’ai pas de ligne éditoriale à suivre, ni de compte à rendre à qui que ce soit. Je suis engagé au près de rien, sauf avec ma conscience.
- Ensuite, la reconnaissance de Ken Loach, ça m’est bien égal. Ne pas pouvoir contester sa reconnaissance ou sa renommée, c’est ce qui s’appelle la pensée unique. Je pense ce que je veux, et je m’étonne que de tels propos viennent de toi François, car tu m’as habitué à être virulent sur des artistes respectables ou non.
- Ensuite, tu ne m’aurais jamais fait un tel speech si tu avais été d’accord avec moi, et tu ne peux pas dire le contraire.
- Enfin, et surtout, je n’ai pas cette conception (ridicule) qu’il faut avoir fait de la guitare pour critiquer le jeu d’un guitariste, d’avoir fait du foot pour critiquer un footballeur, d’avoir fait des films pour critiquer un film ou un réalisateur. Ça n’a aucun sens.
« Je veux juste dire qu’en certain cas, il faut savoir rester à sa place et ne pas vouloir jouer dans la cour des grand quand on n’en a pas les moyens au risque de passer pour un zozo français pas franchement formidable. » En même temps, si j’étais formidable et que je voulais jouer dans la cour des grands, je serais déjà dans une rédaction respectable. Enfin, qui sait, ça peut toujours arriver
PS: Tu trouveras toujours mes chroniques justes quand ça ira dans ton sens, et irrespectueuses au possible quand ce ne sera pas le cas. C’est la vie.
Bah bah bah, il y a plusieurs chroniques ou je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi Thib’, et c’est pour ça que je ne donne pas de commentaires à chacune d’elle.
On va dire que je suis un peu moins taré qu’il ya quelques temps. Ca veut aussi dire que j’arrête de tout prendre à Haut le corps pour m’emporter pour des choses qui méritent plus un débat qu’un combats ou le gagnant aura obtenu le dernier mot.
C’est vrai, c’est ton blog, tu dis ce que tu veux. Je pensais juste que la pensée unique devait rester personnelle.
Bref, ça m’a juste dérangé que tu parles de ken Loach comme tu l’as fait. Je pense qu’il y a des artistes, des personnes qui jouissent d’une telle reconnaissance et qu’il faut juste respecter, même si pour nous même ce gars là, ce cinéaste là, ce chanteur nous paraît faire de la merde en boite ; Patti Smith, je n’aime pas du tout ce qu’elle fait, pourtant jamais je n’irai dire d’elle que c’est une simple majorette qui essaie d’accoupler deux riff. Parceque c’est Patti Smith quand même, et que cette nana elle a fait du rock ce qu’il est aujourd’hui. Parce qu’elle s’est tellement engagée dans des tas de domaines, que tu peux que respecter son parcours, et son talent.
Oui, ça me semble difficil de critiquer sans avoir fait. Néanmoins, il le faut bien, mais avec une certaine dose d’humilité quand même. C’est ce que j’ai critiqué dans ta chronique.
Bon aprés, vrai que c’est ma façon de pensée, j’y suis allé un peu fort. Et j’en suis désolée.
Comme d’habitude on s’en tiendra pas rigueur et je continuerai à prendre toujours autant de plaisir à lire tes chroniques. Qu’elles me ravissent ou non.