Troisième album déjà pour les texans de Balmorhea, formés en 2006. Après l’excellent « River Arms« , disque posé, varié mais plutôt calme, « All Is Wild, All Is Silent » s’inscrit dans une veine plus Post-Rock, variant délicieusement moments calmes et instants plus mouvementés, en gardant l’ambiance polaire qui transpire sur leurs compositions. Encore plus diversifié, cet opus est plus attractif, plus épique, plus inspiré. Bref, plus réussi. Avec seulement neuf pistes au compteur, le quintet américain traverse montagnes, océans et paysages glacés. Leurs chansons sont plus riches et rythmées qu’auparavant, plus structurées aussi. En écoutant leur nouvel opus, les structures mélodiques de Sigur Ros et la classe de Cinematic Orchestra planent au dessus de chacune des pistes. Pour le reste, « All Is Wild, All Is Silent » est un album à écouter dans son ensemble pour être pleinement apprécié, à l’instar de pas mal de bandes originales de films. Et ce même si certaines pistes prises indépendamment restent excellentes. Allez, place à un voyage instrumental en première classe.

Toujours très réticent devant les albums instrumentaux, que je juge souvent ennuyeux, il faut bien qu’il y ait ces fameuses exceptions qui confirment la règle. Et Balmorhea n’échappe pas à ces exceptions justement. Dès le premier titre, « Settler« , vitalité, pureté et fraîcheur se sont à nouveau données rendez-vous. Leur musique a toujours été très expressive et pleine d’énergie, et en cela, on n’apprend rien de vraiment nouveau sur le groupe. En revanche, les compositions sont devenues beaucoup plus riches et plus structurées, et ne sont plus désormais qu’un simple appel à notre imagination alors submergée par de grandes prairies enneigées, lacs gelés et autres beautés de la nature. Les premières minutes du titres sont féériques, là où se mêlent avec brio guitares aériennes, violons tourbillonnants, un piano et une batterie martelés. Suffisant pour susciter des envies d’évasion et rappeler à quel point les mélodies du groupe restent subtiles et accessibles. Survient alors un premier break acoustique, où chaque note semble être une goutte d’eau éclatant au contact d’une rivière, tandis que les choeurs viennent apaiser un peu plus cette longue traversée musicale. La dernière partie du morceau verra ses guitares acoustiques rattrapées par les violons, les clapements de mains entrainants, le tout dans un rythme festif endiablé. « March 4 1831 » ressemble étrangement au premier break du morceau précédent, l’atmosphère demeurant toujours aussi froide. Sa concision limite tout sentiment de redondance, et en fait un encas agréable avant « Harm & Boon« , pièce sonore fleuve de ce disque. Après une introduction piano/violon assez noire et chaotique, le titre explose et l’ambiance change radicalement. Violons et violoncelles continuent de mener la danse, mais quelques riffs électriques un peu secs et surprenants, ainsi qu’un batteur bien inspiré donnent une vraie dynamique au morceau. La composition du groupe baissera alors progressivement en intensité, avant de finir dans un post-rock puissant mais contrôlé. Quelques accords de banjo apporteront une touche d’originalité à une piste intense et profonde. « Elegy« , outre rappeler les ambiances oniriques des albums acoustiques de Buckethead, fait à nouveau office d’interlude de qualité au milieu d’autres morceaux plus riches et complexes.
« Remembrance » fait appel à notre imagination, et nous emmène dans les profondeurs de la Louisiane, au sein d’une forêt luxuriante. La mélodie, armée d’une simple mandoline et d’une guitare acoustique, renvoie un nombre d’images splendides et transporte littéralement l’auditeur. D’une pureté et d’une splendeur sans équivoque, l’arrivée d’ instruments à vents coïncide avec un sentiment d’inquiétude, de suspens, contrastant parfaitement avec des soupirs vocaux qui semblent irréels. La fin du suspens intervient durant une montée en puissance qui se fond comme une parfaite continuité mélodique du titre. Et puis tout s’effondre à nouveau, l’intensité retombant peu à peu, laissant un sentiment de soulagement s’installer. « Coahuila » possède une introduction jolie, romantique et on se laisse submerger par ce sentiment si positif, si enjoué. Le titre s’envolera avec grâce, non sans rappeler la bande originale écrite par Hans Zimmer pour le film « The Holidays« , mais l’atmosphère du morceau, plein d’espoir, elle, ne disparaîtra jamais. Le groupe est en train de monter à grande vitesse vers les sommets, et ils y parviennent avec « Night In The Draw« . Composition qui monte en puissance de manière linéaire. Encore une fois, c’est cet indispensable banjo qui insufflera autant de vie dans cette nouvelle chanson. On se laisse ensuite secouer avec plaisir par la rythmique, la richesse et la puissance produites par la bande. Plus les pistes se succèdent, plus on se dit que l’univers folk présent sur le dernier opus de Bill Callahan n’est pas toujours très loin. « Truth » est la dernière pièce ambitieuse de l’album, et nous enfonce à nouveau les pieds dans la poudreuse. La musique est dense, et plus que jamais on pense à nos amis de Sigur Ros pour un final épique, survenant comme une avalanche. La progression est encore parfaitement tenue par les américains, et les sensations. « November 1 1832 » conclue cet album avec beaucoup de douceur. Si je devais choisir une chanson pour un voyage au paradis, nul doute que je serais maintenant où piocher. Stupéfiant comme quelques lignes de chants angéliques et un piano peuvent créer de l’émotion.
Littéralement transporté par la pureté et la qualité mélodique produite par Balmorhea, c’est avant tout l’ambiance et les émotions présente sur chacune des pistes de cet opus qui nous font frémir. Proposant un disque par an, il est intéressant de voir à quelle vitesse la musique du groupe évolue, et de voir à quel point leurs compositions ont pris une toute autre ampleur depuis le fort sympathique « River Arms« , sorti l’an dernier. Plus variées, plus puissantes, plus structurées, et plus inspirées qu’auparavant, les neuf pièces musicales qui constituent cet album sont une véritable ode à la nature, un appel au voyage. La beauté et la fraîcheur qui s’en dégagent assomment l’auditeur d’images plus belles les unes que les autres. Excellent au début, puis touchant au chef d’œuvre de la beauté dans sa seconde partie, « All Is Wild, All Is Silent » en dit long sur la qualité des sorties musicales de cette année 2009.
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Sortie: 10 Mars 2009 | Genre: Folk, Instrumental, Rock | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
Autres chroniques: à venir.





































































