Nightwish - Once (2004)

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Décidément nostalgique de ma période métal, je retrouve quelques albums longtemps délaissés avec un bonheur qui vaut bien les lignes qui vont suivre. Nightwish est devenu un groupe culte pour les ados métalleux, et les adeptes du métal mélodique. Longtemps fan moi même des finlandais (ce qui m’a valu le mépris de pas mal de monde à l’époque), le départ précipité de l’avide Tarja Turunen, chanteuse lyrique du groupe, avait coïncidé à un autre départ précipité, le mien cette fois, de leur musique et du métal en général. Quoi de plus normal alors de replonger quatre ans après dans cet univers avec un disque de Nightwish. « Once« , dernier album studio du groupe avec la présence de Tarja au chant, semblait être une bonne occasion de satisfaire ma nostalgie et mon regain de curiosité envers un groupe qui avait marqué mon adolescence. Et si j’ai rapidement compris pourquoi j’ai pu aimé ce groupe à cet âge, je ne comprends toujours pas comment j’ai pu arrêté aussi longtemps de les écouter. Il est évident que je ne pourrais plus me limiter à leurs albums comme cela a été le cas pendant si longtemps, mais il est aussi très clair que ce groupe a quelque chose (même depuis le remplacement de Tarja d’ailleurs) qu’aucun groupe de métal symphonique et mélodique n’aura sans doute jamais: un sens hors du commun de la dite mélodie. Doté depuis leurs débuts (en 1997) de ce don, le groupe marquait avec Once une sacrée étape dans leur discographie. Accompagnés par l’orchestre philarmonique de Londres sur la plupart des titres et même d’indiens le temps d’une chanson, les titres composées par leur clavièriste (déjà fan de musique de films) Tuomas Holopainen promettaient de prendre une ampleur inconsidérée.

normal_thnw6Logiquement catalogué comme groupe pour adolescents métallo-gothiques et autres rejetons à blousons noirs mal dans leurs peaux, Nightwish a néanmoins toujours su produire une musique attirante, accessible, riche, originale et ambitieuse. « Once » ne déroge pas à la règle et pousse les ambitions du groupe jusqu’à leur dernier retranchement. « Dark Chest Of Wonders » est un premier aperçu de l’ampleur qu’un titre métal peut prendre avec l’appui d’un orchestre philharmonique. Ou comment mêler musique de film épique et métal symphonique. Pris à la gorge par une rythmique rapide et agressive, synthés et guitare toutes voiles dehors, les parties orchestrales et les chœurs donnent au titre une dimension supplémentaire, cinématographique. Jukka continue d’aimer la grosse caisse et s’acharne avec une puissance infernale sur sa batterie, comme d’habitude, tandis que Tarja et ses envolées lyriques deviennent presque pop à côté de cet orchestre. « I Wish I Had An Angel » est un tube en puissance, porté par des beats électro que ne renieraient pas les allemands de Rammstein. Avec toujours le soucis de produire des mélodies imparables mais un brin originales, le groupe peut compter sur des musiciens plutôt solides et finalement atypiques. Marko Hietala bourrine sur sa basse, et vient régulièrement assister Tarja au chant, avec sa voix grave et granuleuse. Emppu Vuorinen nous sert quelques solos électrico-électroniques, au son totalement futuriste, tandis que Tuomas fait voltiger le titre grâce à ses synthés. « Nemo« , single choisi pour cet album, est peut être ce que le groupe a fait de plus commercial jusqu’ici, se rapprochant à l’époque des rockeurs d’Evanescence. Heureusement, le timbre de Tarja est beaucoup plus intéressant,  Emppu n’hésite pas à y aller de son petit solo, et l’orchestre est toujours présent. On continue avec « Planet Hell« , dont la longue introduction n’est pas sans rappeler l’univers sombre du Seigneur des Anneaux. La composition explose rapidement, Marco et Tarja luttant au chant pour rester dans le rythme tambour battant imprimé par la bande. Le contraste du duo vocal est d’une redoutable efficacité. Alors que le bassiste s’enfonce dans l’enfer sans réfléchir, la chanteuse danse au dessus des flammes avec grâce. Pourvu d’un refrain puissant et d’un son toujours aussi clair, on ne peut que tomber sous le charme de leur musique. Après un passage musclé dans un univers fantastique, les finlandais proposent avec « Creek Mary’s Blood » un retour aux Racines de l’Amérique, et signent ainsi un titre majeur de leur discographie. Imaginez un orchestre philharmonique enfermé avec un groupe de métal et des indiens. Imaginez un chant lyrique, des chœurs cherokee portés par un orchestre et une guitare acoustique, des flûtes de pan et sonorités bluesy qui introduisent un solo électrique déchirant. Imaginez des violons qui virevoltent, un poème en indien, une ambiance digne des musiques de Hans Zimmer, et une variation de rythmes étalée sur huit minutes. C’est un peu bordélique, très ambitieux, mais bon sang, quelle joie ils nous procurent.

Sur « The Siren« , le groupe se craque un peu. Bien que pourvue de riffs hypnotiques, des synthés toujours aussi expressifs, et de vocalises orientales, la piste tombe un peu dans la caricature et est à la limite du too much. On a un peu l’impression que la petite sirène de Disney nage au rythme symphonique du groupe de métal. « Dead Gardens » débute avec une introduction angoissante avant de s’enflammer avec des riffs puissants à la Metallica. Toujours présent quand il s’agit de composer des mélodies imparables, les nordiques sont pas maladroits sur les refrains non plus, où les envolées lyriques de Tarja décontractent complètement le morceau et apporte son lot de douceurs. « Romanticide » a une structure un peu similaire, mais la puissance sonore a encore augmenté. Un peu trop brut de décoffrage par rapport à d’habitude, le titre s’illumine quand Emppu sort un solo psychédélique venu d’une autre planète en plein milieu de la piste. Le reste est beaucoup moins excitant. De toute façon, il fallait en garder sous le pied avec « Ghost Love Score« , nouveau morceau fleuve de l’album. Véritable hommage aux compositeurs de musique de films comme Trevor Rabin ou Hans Zimmer, la bande puise dans ses dernières ressources pour créer quelque chose de magique et féérique. Tuomas, le premier à s’inspirer de ce genre musical, s’en donne à cœur joie pour se mettre au niveau des grands auteurs de films. Les autres musiciens restent un peu en retrait par rapport à l’orchestre philharmonique qui remplit à merveille son rôle. Seule l’organe de Tarja ressort du lot, même lorsqu’il est recouvert par les chants épiques des londoniens. La jeune femme insuffle une énergie extraordinaire. Une composition grandiloquente et ambitieuse, qui fait une nouvelle fois merveille. Après une telle démonstration, les deux ballades un peu oniriques qui terminent le disque sont assez ternes. La première « Kuolema Tekee Taiteilijan« , chantée en suomi, pourrait être un choix mélancolique de premier choix pour un dessin animé Disney. Pas une critique en soi, il n’en reste pas moins que les balades du groupe sont souvent décevantes. Le constat est le même avec Higher Than Hope, qui bien que porté par une sublime voix, reste assez affreuse, et bien trop chargée pendant le refrain.

Avec l’unique envie de redécouvrir un groupe quelques années après l’avoir quitté (et longuement critiqué d’ailleurs), je ne peux pas cacher mon plaisir d’écouter à nouveau leurs morceaux symphoniques. Conciliant à merveille ambiances planantes et puissance métal, les compositions du groupe sont une bouffée d’air frais dans l’impitoyable univers métal. On peut toujours reprocher au groupe une redite dans leur approche de la musique, la même depuis leur premier opus. On peut parfois regretter certains choix artistiques qui font que le groupe commence à s’autocaricaturer. Et on ne peut pas nier que les ballades dans ce milieu font plus sourire qu’autre chose. On peut même trouver la voix lyrique de Tarja Turunen insupportable (ce qui n’est plus un problème maintenant). Mais il reste difficile de ne pas apprécier leurs mélodies taillées comme du diamant, et leur ambition de les enrichir par n’importe quel moyen (indiens compris dans le lot). Bien sûr, en grandissant, mes goûts musicaux ont évolué, et le temps où j’écoutais frénétiquement leurs albums est révolu. Pourtant, je retrouve quatre ans après mes dernières écoutes la même pêche, le même charme, le même talent. Car ils en ont quand même. Enfin, à défaut de headbangs, je me contenterais d’apprécier ces quelques instants de plaisir, en tapant sobrement du pied.  Et je vais en profiter pour m’intéresser un peu plus au groupe depuis l’arrivée d’Annette Holzon en lieu et place de Tarja Turunen.

4

Sortie: 22 Mai 2004 | Genre: Métal symphonique | Infos: Myspace | Acheter sur: Amazon

Autres chroniques: à venir.

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3 comments to Nightwish – Once (2004)

  • Ooh, Nightwish, faudrait que je les réécoute aussi un jour… J’ai été un grand fan également, il y a quelques années (remarque, pas tant que ça si l’album date de 2004, je pensais que c’était plus vieux) et puis bon, je me suis lassé aussi. Mais je me souviens que j’adorais vraiment ça. Ça doit être marrant à réécouter aujourd’hui, faut que je remette la main sur les fichiers qui doivent bien traîner quelque part.

    En tout cas, la comparaison avec Hanz Zimmer est très bien vue.

    Bon par contre, on a vraiment des goûts très proches, ça en devient inquiétant… ;-)

  • Comme quoi ! ;)

    Par contre, je comprends pas pourquoi tous tes messages passent pas mon filtre anti-spam

    A +

  • C’est étonnant en effet. Tu ne dois pas être le seul, j’ai plein de commentaires qui sautent, notamment chez Le Hiboo… Peut-être le pseudo qu’il n’aime pas, tiens j’essaye autre chose alors.

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