Blackfield - II (2007)

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Artiste: Blackfield (Myspace) (Site Officiel)

Genre: Pop-Rock

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4-5Quand un génie du mouvement progressif actuel britannique, Steven Wilson, rencontre un artiste israélien de la pop, Aviv Geffen, ça donne Blackfield, groupe de pop-rock à la fois subtil et accessible au grand public. Pour ceux qui ne connaissent pas l’artiste anglais, il vient de sortir son premier album solo en début d’année, et il est surtout le leader de quelques groupes, en particulier Porcupine Tree, leaders de la scène de rock progressif moderne. C’est un touche à tout, surdoué quand il s’agit de produire un album, adepte des expérimentations électroniques et du son post-rock/métal. C’est donc toujours surprenant de retrouver cet homme accompagné par une star incontournable dans son pays, pour un second opus. « Blackfield« , son prédécesseur, avait été encensé par la critique, tout comme Steven Wilson, qui sans être particulièrement médiatisé, continue son impressionnant bonhomme de chemin. On attendait de ce « II » qu’il nous réserve une aussi belle surprise. Et c’est le cas. Plus qu’une surprise, c’est une confirmation de deux talents, aux cultures musicales totalement différentes. Grâce à des arrangements et une production à la hauteur de Steven Wilson, la quasi totalité des titres sont de pures merveilles pop rock, genre définitivement renouvelé par cet improbable combo.

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Malgré mon éloignement certain des sonorités métal et de la musique progressive depuis quelques années, mon admiration pour Steven Wilson n’a jamais cessé. Véritable couteau suisse musical, cet homme sait tout faire, même de la pop, et bien. Ses fans et adeptes reconnaîtront de suite la qualité d’écriture, et surtout sa gestion inhumaine quand il s’agit de toucher au son. « Once » commence avec une batterie au premier plan, puissante et résonnante, et le timbre très personnel de Steven Wilson, parfois un peu froid, robotique, ou au contraire très chaleureux. Le refrain est introduit par de puissants riffs électriques, dynamiques, avant de laisser place à quelques lignes de chants aiguës, laissant derrière elles une ambiance planante splendide. Et il est déjà question de parfaite gestion des instruments lors du mix, rien n’était laissé au hasard. « 1000 People » est beaucoup plus apaisée, laissant part belles aux guitares acoustiques et sonorités synthétiques. Le ton du britannique et celui d’Aviv sont diamétralement opposés, le premier étant proche d’un John Lennon sombrant dans le chaos, l’autre ayant une résonance plus lumineuse et remplie d’espoir. Fourmillant de sonorités, on oublie complètement la structure couplet/refrain typique du genre, reprise par le groupe. On préfère se laisser happer par les ambiances atmosphériques composées en grande partie par Aviv Geffen, laissant son acolyte s’occuper de les mettre en valeur. « Miss U » ressemble assez à son prédécesseur, à la différence que c’est le natif de Ramat Gan qui devient le chanteur phare sur ce titre. Le refrain, un peu moins inspiré, est compensé par les quelques touches de clavier très pop 60′s et le riff floydien final. « Christenings » est là pour me rappeler à quel point Steven Wilson peut ressembler à l’ancien chanteur des Beatles, même si son timbre est moins doux. Une nouvelle fois, on est emporté par une mélodie entêtante, avec des nappes synthétiques définitivement proches de Pink Floyd, dans leurs périodes les moins excentriques.

aviv-steve-blackfield« This Killer » est peut-etre le titre la plus minimaliste proposé par les deux hommes, et sans aucun doute l’un des plus réussis. Atmosphérique à souhait, apaisant et mélancolique, on se laisse emporter par la multitude de couches sonores subtilement superposées. Les arrangements finaux, sublimes, finissent de nous convaincre. « Epidemic » est le premier morceau épique de cet album, sorte de pièce compte-à-rebours, où le chant clair de Wilson contraste avec l’ambiance lourde, n’attend qu’à exploser. Les deux héros chantent tous deux, unis comme jamais, couplet comme refrain. Le morceau est peut être le plus mélodramatique du disque, montant progressivement en puissance pour ne plus jamais s’arrêter. Derrière un son de clavier angoissant, batterie et guitares électriques prennent peu à peu leur place, sublimant un refrain fabuleux. Suit « My Gift of Silence« , et son ambiance glaciale. Malgré un refrain musicalement enjoué, ce n’est pas jour de fête. Le timbre de Wilson se font merveilleusement dans un tissu sonore hivernal, qui sent bon le pardon, l’amour, les pêchés ou la compassion. Ultime déclaration aux deux tiers la piste, Aviv Geffen et son collègue nous gratifiant des plus belles harmonies vocales de cet album, tiraillées entre espoir et désespoir. Deux sentiments qui se retrouvent sur « Some Day« , mon titre favori. Mélodie mélancoliquo-acoustique sur le couplet, le soleil se lève sur un refrain entêtant, gracieux, presque paradisiaque, rempli de détails sonores qui ne font que l’embellir. La révolte contre le désespoir de la situation est marquée par le rythme binaire de la batterie lors du second refrain. Les guitares et synthés prendront le relais, reléguant les voix des deux hommes à de simples échos s’envolant dans l’environnement. « Where Is My Love?« , somme toute assez banale, prend tout son sens sur un refrain rempli de sincérité, et d’amusement aussi, comme si le groupe jouait ensemble pour la première fois, et fait sourire quelques instants enfin. Ce ne sera pas le cas avec « End Of The World« , venant conclure magistralement l’album. Tiré du répertoire solo d’Aviv Geffen, on apprécie de retrouver les deux hommes chanter ensemble avant d’en terminer pour de bon. Le refrain, magnifique, épique, n’est que l’illustration parfaite de leur talent, et de la qualité de cet album.

blackfieldpromo2Blackfield n’est pas simplement un énième side-project pour le leader de Porcupine Tree, ou une tentative désespérée pour Aviv Geffen d’être médiatisé en Europe. Blackfield, c’est la rencontre de deux talents que rien ne rapproche, sauf l’amour inconditionnel qu’ils portent à la musique, l’admiration réciproque qu’ils se vouent, et la volonté de faire quelque chose ensemble qui serait pas éphémère. Digne successeur de leur premier opus, « II » reste à ce jour un de mes disques pop-rock favoris, et l’un des albums comportant les plus belles mélodies que j’ai pû entendre jusqu’à ce jour. Avec la production exceptionnelle, et pour le coup vraiment incomparable de Steven Wilson, fourmillant de détails, on ne voit pas comment les compositions d’Aviv Geffen auraient pu ressembler aux réalisations actuelles dans ce genre. Dans des ambiances atmosphériques proches de Pink Floyd (et même une portion de la vibe de Radiohead à bien y penser), des sonorités glaciales si chères aux progressistes de Porcupine Tree, et avec un songwriting épuré, mais rappelant de temps en temps John Lennon, on obtient un produit formidable, terriblement homogène, et d’une subtilité renversante. Une pépite de pop et de rock, naviguant entre le chaos et le paradis, comme on n’en verra plus avant… un prochain album de Blackfied. Encore faut-il qu’ils soient tentés de réitérer l’aventure. Au pire, il me restera toujours les autres projets de Steven Wilson

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Blackfield – Once (Live)


2 comments to Blackfield – II (2007)

  • Oooh, Blackfield. C’est un groupe et deux albums que j’aimerais tant détester, une musique un peu pompeuse comme ça, parfois très caricaturale dans le genre couplets/refrains/couples. Et puis… ben je n’arrive pas à ne pas apprécier une nouvelle écoute. C’est bête hein, mais effectivement, ça me plait toujours de le réécouter de temps en temps.

    Tout comme Porcupine Tree est l’un des rares groupes de prog que j’écoute encore. J’ai eu une période quasiment uniquement prog, ça m’a passé mais il y a des groupes qui restent comme ça. Je ne me l’explique pas vraiment…

    Merci en tout cas pour cette critique ! :-)

  • Ha bah on est bien d’accord ! :)

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