Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle (2009)

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Plus connu peut-être sous le nom de Smog, pseudonyme sous lequel il a sorti plusieurs albums, il apparaît depuis 2007 sous son vrai nom Bill Callahan. Après « Woke on a Whaleheart » sort deux ans plus tard « Sometimes I Wish We Were An Eagle« , son nouvel opus. En proposant une nouvelle fois des titres mélancoliques véritablement sublimés par une voix grave étonnante et assez originale, l’homme ne change pas ses habitudes. Au cœur d’une musique apaisante et plutôt calme, Bill Callahan parvient à donner à ses compositions une grande intensité et une certaine classe, un peu à la manière d’un autre talent de l’Illinois, Andrew Bird. Un peu trop Lo-Fi parfois, et trop peu varié, cette galette n’en est pas moins une magistrale démonstration de songwriting et de richesse mélodique, avec  pourtant un seul mot d’ordre: la sobriété. La plupart, des titres sont absolument géniaux. De quoi faire de ce disque un petit chef d’oeuvre.

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« Sometimes I Wish We Were An Eagle » est un album à ne surtout pas mettre en musique de fond si on veut en capter toute sa finesse et sa beauté. Dès « Jim Cain« , petit bijou de folk mélancolique, on ressent immédiatement le talent d’écriture et de composition de cet artiste. Sur une mélodie classieuse, Bill dépose sa voix grave avec une délicatesse surprenante, comme s’il voulait raconter une histoire. D’une remarquable sobriété avec ses accords acoustiques si apaisants, le morceau prendra un peu d’ampleur avec l’apparition de discrets violons. « Eid Ma Clack Show » est du même ordre, mais plus groovy et plus pop. Les parties instrumentales sont riches. Après une boucle sonore imposée par un piano classique et une batterie très présente, trompettes, violons et de discrets mais précieux accords de guitares prennent la suite. Avec un refrain entêtant particulièrement soigné, c’est une piste majeure de ce disque. Le titre qui suit est encore une fois une merveille de mélodie, avec toujours le soucis de mêler harmonieusement les différents instruments. Rien que pour la justesse globale de ce titre, ses lignes de chants splendides et ses claviers cheap, « The Wind And The Dove » est une leçon. « Rococo Zephyr« , également très bon, ne se distingue pas assez du morceau précédent pour devenir une piste incontournable à son tour. On notera tout de même la multitude de détails sonores (voix féminine, bruit  de scie étouffé, utilisation kitsch du piano) qui donnent un charme fou à ce morceau. Toujours imprégné d’une certaine mélancolie, « Too Many Birds« , d’une beauté remarquable, est impeccable. Avec toujours la volonté de ne pas s’éparpiller, de ne rien laisser au hasard, Bill Callahan concentre en un seul morceau sobriété, diversité, textes poétiques, et grande classe.

La suite n’est pas en reste, même si un chouilla moins réussie que l’ahurissante première partie de cet opus. C’est d’abord avec « My Friends » que se poursuit l’écoute. Malgré un début acoustique prometteur, le titre rentre dans une certaine routine sonore malgré une composition en progression constante, et un timbre de voix toujours aussi intéressant. « All Thoughts Are Prey To Some Beast » est de loin mon titre favori de cet opus, et certainement une des meilleures chansons 2009. Comme à son habitude, Callahan prend un malin plaisir à mélanger plusieurs instruments, et c’est ici une réussite totale. Et cette fois, il ne pose plus simplement sa voix, mais vit littéralement à travers sa chanson. D’une richesse remarquable, l’auditeur se noie dans une mélodie hypnotique, parfois world-music, où percussions, violons et guitare ne cessent de changer de rythme et d’intensité. Une chanson assourdissante venue d’un autre monde. « Invocation Of Ratiocination » est un morceau instrumental un peu plus expérimental, qui m’aurait sûrement déplu dans un album bâclé, mais pas ici. Une voix féminine apparaissant comme un fantôme au milieu d’une nature bruyante, où les cigales chantent au dessus d’une rivière. Surplombé d’une sorte de miroir sonore, le titre rappelle que l’ancien leader de Smog est un artiste aux inspirations uniques. Et c’est un titre monumental qui conclue son second opus solo, condensant sur presque dix minutes toutes les qualités entrevues sur les autres morceaux. Il n’y a aucun commentaire à faire, sauf regretter un peu la montée en puissance un peu tardive.

Bill Callahan a l’incroyable faculté d’associer ses nombreuses inspirations et la richesse de sa composition avec une volonté d’obtenir un produit sans superflus, d’une sobriété extraordinaire. Aidé par une voix d’or pleine de sagesse, d’une intensité énorme (un baryton quoi), elle ne fait  pourtant que caresser délicatement l’ensemble des compositions présentes sur ce disque. Doté d’inspirations musicales comme personne, d’un picking de guitare reconnaissable à des kilomètres, d’un talent d’écriture pas donné à tout le monde, et compositeur de mélodies d’une énorme richesse, Bill Callahan est un artiste de plus en plus impressionnant. Avec la classe et la subtilité des disques d’Andrew Bird, la diversité et le charme de ceux de Al Stewart, « Sometimes I Wish We Were An Eagle » est un grand album, frôlant la perfection.

4-5

Sortie: 20 Octobre 2009 | Genre: Folk, Pop | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes

Autres chroniques: à venir.

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5 comments to Bill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle (2009)

  • J’ai acheté cet album ce matin.
    J’aime beaucoup le titre All Thoughts Are Prey To Some Beats. Jim Cain et l’instrumental sont aussi superbes. Cet album est vraiment très bon.

    PS : sa voix me fait penser à celle du chanteur de Lambchop.

  • aieaie

    Aie – au sc’ours = Mai QUI a écrit cet article…!?? ça s’répète, s’étire pour ne rien dire et c est complètemt à côté dla plaque…!
    Merci pour Bill Callanhan, mais il est dans bien plus de finesse que ça…:
    Et puis !? les textes !? allo !? On ne peut parler de Bill Callahan sans parler de ses textes..- sorry, but, i had to say that…

  • Il faut croire que j’ai parlé de Bill Callahan sans parler de ses textes. Il fallait en avoir pour le faire, et je l’ai fait. Sinon, pour la critique même, sur la forme ou sur le fond, il est fort possible que tu aies raison, même si j’imagine m’être amélioré depuis le temps. Je ne relis jamais mes articles, donc je me répète sûrement. Je m’étire, certes. Pour ce qui est d’être à côté de la plaque, en revanche, ça ne veut absolument rien dire. Le ressenti vis-à-vis d’une musique ne répond à aucune règle.
    En tout cas merci pour ton comm, you’re welcome ;)

    PS: Sinon, je suis juste un boulimique de musique, qui aime l’écriture, mais qui est avant tout un … amateur.

  • aieaie

    Merci à toi aussi de savoir entendre la critique (tout le monde n en est pas capable…)
    Mais qd je disais « à côté de la plaque », j entendais surtt par là des choses comme par exple « world music »..(nooooon nooooon aouchhhh). On peut parler de rythmes « primitifs » chez lui, d’influences ethniques (quoique franchement très rare) mais de « world music » !? : aaaargh, noooon…!
    Pour ce qui est du « ressenti », là, certes, je suis à fond d accord…Entre nous, j irais même jusqu à dire qu une bonne chronique/critique est « subjective »..ou une sorte de subjectivité objectivée on va dire…
    C est pr moi même bien plus interessant de lire les sensations de chroniqueur à l ecoute du disque qui m interesse, plutot que de savoir qu il connait toutes les « categories » et « boite a chaussure » musicales de ce bas monde…- parce qu apres tout, ce n est pas ce qu on cherche qd on ecoute de la musique..;)

    bonne continuation
    cheers

  • [...] Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l’image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d’une classe folle, qui se bonifie avec le temps, et les écoutes. + (A lire également la chronique de Thibault) [...]

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