Trois ans d’attente pour un nouvel album de Pure Reason Revolution, c’est beaucoup trop. Quand le groupe britannique a sorti son premier LP « The Dark Third » en 2006 (réédité en 2007), ça a été pour moi une énorme claque artistique. Du rock progressif vaguant entre Porcupine Tree et Pink Floyd, des sonorités Beach Boys, et des synthés très électro. En rajoutant des montées en puissance et chœurs exceptionnels, une production parfaite, et un duo de voix unique en son genre, vous obteniez un chef d’œuvre que visiblement personne n’attendait. Avec le nouvel opus (et un line-up remodelé ), la bande de Chloe Alper et Jon Courtney se devaient de confirmer tout ce talent. Déjà considéré comme un groupe à part, « Amor Vincit Omnia » devrait mettre plus d’un chroniqueur sur les fesses. Seuls les vocaux et la production permettent de reconnaître les anglais. En prenant une tournure définitivement plus électro, tout en gardant une richesse musicale incomparable, ils déposent dans les bacs un sacré album, qui peut plaire à tout le monde, aussi bien aux amateurs de dancefloor et d’électro, qu’à tous les amateurs de musique qui recherchent mélodies et émotions. Un indispensable de 2009 qui ne laisse place à aucune concurrence pour l’instant.

Expliquer comment ils ont pu réalisé second album aussi exceptionnel ne serait pas intéressant, quand on connaît le talent démesuré des protégés de Steven Wilson (Porcupine Tree). La vraie question est de savoir comment, en cassant tous les codes musicaux pré-établis, ils y parviennent. Ce qui est hallucinant dans « Amor Vincit Omnia« , c’est qu’ils abandonnent à peu près tout ce qui avait permis au groupe de s’imposer en 2006. Terminé les longues plages musicales dignes des plus grands albums de Pink Floyd; fini ou presque les montées en puissance épiques, place à l’électro. Et quand on sait que chez P.R.R, on oublie jamais ses guitares et son talent à la maison, on est en droit de s’attendre à un mix de genres exceptionnel. Rien de tel que d’écouter le premier titre pour en avoir la preuve. « Les Malheurs » devrait mettre tout le monde d’accord. Synthés plus que jamais électro, beats groovy, le ton est donné. Et une chose n’a pas changé, et heureusement, c’est le duo vocal Jon Courtney/Chloe Alper. Les lignes de chant des britanniques sont toujours aussi surprenantes, intelligentes et efficaces. Rien de tel pour mettre l’auditeur dans le bain. Avec une production soignée aux petits oignons, l’écoute au casque est un régal. « Victorious Cupid » ramène les guitares au premier plan, pour un titre pêchu que ne renierait pas leurs collègues d’ »Oceansize« . Le travail vocal et les variations harmoniques viennent apporter un peu de fraîcheur à un mur sonore impressionnant. Heureusement pour les moins habitués, le titre est court, et évite ainsi de lasser. D’autant que suit « Keep Me Sane/Insane« , un interlude électro-acoustique d’une minute à peine, qui permet de se détendre avant un quatrième titre haut en couleurs. « Apogee/Requiem For The Lovers » qui reprend certains aspects de l’opus précédent, est une composition riche et passionnante. Piano classique et sonorités électro en introduction avant qu’un déluge sonore ne s’abatte sur vous. Les guitares tentent de prendre le dessus dans un morceau teinté électro-pop. Le chant, tantôt calme, tantôt puissant, s’alterne avec brio. Et après une montée en puissance qui semble interminable, Jon et Chloe terminent le titre dans une atmosphère calme et reposante. Impossible de résister à une telle maitrise.
De toute façon, pas le temps de se reposer qu’arrive « Deus Ex Machina ». Certainement le titre le plus représentatif de ce qu’est Pure Reason Revolution aujourd’hui. Après une longue introduction instrumentale marquée par un riff électro particulièrement accrocheur, le chant de Jon apparaît enfin, agrémenté d’un léger écho, prêt à faire exploser ce titre. Et une fois encore se mélangent sonorités électroniques et rock, harmonies vocales et divers effets audio. Une pépite d’électro-rock mélodique qui vous lessive. Notons alors l’intelligence du groupe de proposer dans la deuxième partie de cet album des titres tout aussi intéressants, mais beaucoup plus planants et reposants. « Bloodless » ouvre le bal. Sorte de spleen synthétique (expression piquée au Webzine Obskure), le groupe use et abuse des boucles sonores et vocales. Le résultat est assez éblouissant. La superposition des harmonies vocales dans cette composition est une réussite totale. « Disconnect » reprend le même principe, enrichissant son univers de sonorités et effets électroniques supplémentaires. Un plaisir similaire au titre précèdent pour l’auditeur, mais un brin plus évolutif. L’écoute se termine avec mes deux titres favoris. « The Gloaming », pièce maitresse de cet album du long de ses 9 minutes 10, est un bijou mélodique. Présentant de nombreuses variations, le titre peut se vanter de posséder une base rythmique parfaitement trouvée. La composition des britanniques grouille de détails, et démontre un savoir faire inimitable. Une fois les six premières minutes passées, le groupe se lâche et expérimente même d’une manière assez prétentieuse. Juste de quoi prouver qu’ils savent tout faire, y compris rivaliser avec les artistes qui enflamment les dancefloor. Pour sûr l’un des titres les plus passionnants cette année. « AVO » termine quand à lui le disque en douceur. Un piano, porté par un rythme plutôt soutenu tient le titre du début à la fin. La montée en puissance, portée par des chœurs prenants, boucle le tout.
Un album vraiment pas évident à décrire, surtout pour un amateur de musique comme moi qui ne connaît finalement pas grand chose du monde des sons et des instruments. Mais même pour un inculte, le talent de Pure Reason Revolution raisonne dans n’importe quelle oreille attentive. Décollant un peu l’étiquette « Rock Progressif » en allant fouiner du côté Daft Punk et leur copains, le groupe génére une fusion sonore qui impose le respect. Globalement bien reçu par la critique, « Amor Vincit Omnia » est pour moi une référence musicale intemporelle. Le genre de disques indispensables pour l’auditeur en quête de plaisir immédiat, mais également important dans le monde musical. Par leur diversité, leur richesse musicale, leurs lignes de chant magnifiques, Pure Reason Revolution est bel et bien devenu un groupe majeur en ce début de siècle. A écouter d’urgence. Notons par ailleurs l’excellent travail de Paul Northfield à la production, artisan à part entière de la réussite de cette galette.
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Sortie: 06 Mars 2009 | Genre: Electro, Rock, pop | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
Autres chroniques: à venir.







































































Je suis entrain de l’écouter là. Je sais pas trop quoi en penser encore. Ça mélange presque trop de styles (effet patchwork à la Archive ?) mais c’est vraiment intéressant. Va me falloir plusieurs écoutes…