D’album en album, les cinq suédois de Mando Diao continuent de surprendre. En 2007, leur quatrième opus « Never Seen The Light Of The Day » était acclamé par la critique, un peu à la surprise générale d’ailleurs. Leurs trois premiers albums indiquaient déjà un potentiel énorme, mais leur côté garage un brin redondant était pénible. En ce début d’année 2009, où l’hiver vient engourdir nos oreilles, les scandinaves sortent leur cinquième album intitulé « Give Me Fire« . Un titre qui vole pas très haut, ce qui n’est pas le cas des treize chansons présentes sur la galette. Difficile de dire si cet album est plus ou moins réussi que leur précédent, mais nul doute qu’il est en tout cas une parfaite synthèse de leur savoir faire. Efficace et particulièrement accessible, les titres regorgent d’inventivité, et le groupe possède définitivement un son inimitable. Très (très) influencé par les Beatles et les Beach Boys, très proche du meilleur de la pop-rock britannique actuelle, le groupe a quelque chose en plus. Un côté punk/garage qui laisse encore quelques traces, et certaines compositions prennent une dimension « Bande Son Cinéma » vraiment intéressante. Vous mélangez le tout, et vous obtenez un Milk Shake suédois qui décoiffe.

Enjoué comme beaucoup de critiques sur leur précédent opus, il ne m’en fallait pas plus pour que l’attente de cet album soit interminable. Ce groupe est l’un des rares à produire un son exceptionnel, unique, alors que c’est sans doute l’opus où leurs influences sont le plus marquées. Aucun titre ne se ressemble vraiment, et chacun d’entre eux possèdent des variations vraiment intéressantes. L’entame de l’album est assez rentre dedans, avec ce « Blue Lining White Treshcoat« . Choeurs discrets, quelques voix narrées, un rythme binaire marqué par une batterie omniprésente, et les voix de Gustaf Norén & Björn Dixgård qui d’entrée, me plaisent beaucoup . Un timbre pop pour l’un et punk pour l’autre, particulièrement adaptés aux compositions du groupe. Le titre est marqué par quelques breaks intéressants, et caractéristiques du groupe. Ils ont une notion du rythme que peu de groupes actuels ont. On enchaine ensuite avec l’excellent single « Dance With Somebody« , qui me rappelle le très réussi « Sex On Fire » présent sur le dernier opus des Kings Of Leon. Très dansant, un refrain ravageur, le genre de titres qu’on met à fond et en boucle dans sa voiture. Et puis j’aime beaucoup l’introduction du morceau, qui me fait penser au cliché des Westerns dans les années 60- 70′s. On pense à des cactus, des courses de chevaux, c’est assez amusant. Viens alors « Gloria« , parfait bilan de ce que sait faire de mieux le groupe. C’est à dire cette façon de faire du neuf avec du vieux de manière assez incompréhensible. On se retrouve face à une chanson indescriptible, comme si on avait moderniser et rendu pop de vieilles compositions des grands classiques pop/rock. Et puis toujours ces deux chanteurs qui sont au meilleur de leurs formes. Le refrain, comme toujours avec eux, est particulièrement entraînant, voir épique. Et puis il m’aura fallu du temps pour comprendre que cette chanson faisait référence à la chanteuse disco Gloria Gaynor. Le titre grouille de chœurs disco, même si très atténués, et se termine sur un air disco facilement reconnaissable.
A peine la surprise disco passée que débarque « High Heels« . Un titre qu’aurait pu composé Gorillaz, tellement la ressemblance est frappante. Le groupe se tente à quelques expérimentations bienvenues. Un joli break hypnotisant après les trois premiers titres. Puis le groupe revient à son amour de la musique britannique avec « Mean Street« . Aucun doute que si les Beatles existaient encore, ils ne renieraient pas une telle composition. Piano kitsch, refrain typique des Fab Four, rythme enjoué, et ces timbres de voix toujours aussi agréables. Un grand album se dessine. Pas le temps d’apprécier que suit « Maybe Sad« , titre qui aurait pu voir le jour sur leur précédent opus. On appréciera une fois de plus le côté très rétro des mélodies, et un phrasé qui me rappelle de plus en plus celui de Zager And Evans lors des couplets. La ressemblance était frappante avec « Train On Fire » sur « Never Seen The Light Of The Day« , rappelant le tube gigantesque « In The Year 2525″. C’est également de cette comparaison que j’ai retrouvé cette ampleur cinématographique dans les chansons des scandinaves. Peut être n’est ce qu’une hallucination de ma part, je ne sais pas. Bref, l’écoute se poursuit avec deux titres pas vraiment indispensables. L’instrumental anecdotique « A Decent Life« , puis le titre éponyme « Give Me Fire« , qui sans être mauvais, n’est pas assez novateur pour convaincre. Une déception rapidement effacée par la pièce maîtresse de cet album, à savoir « Crystal« . Au milieu de gazouillis d’oiseaux se met en place une ballade pop, planante, montant en puissance sur plus de six minutes. Le refrain récurrent, sorte d’hommage musical aux Beach Boys, font de ce morceau une des meilleures chansons du groupe et de 2009.
Après une telle réussite, difficile de se démarquer de nouveau. « Come On Come On« , reprend la recette classique des titres des premiers albums, avec une teinte plus pop sans doute. Sympa, mais pas inoubliable. Il faut attendre « Get Out Tonight » pour vraiment se faire plaisir de nouveau. Une merveille de perle de pop anglaise, assez sophistiquée. Tantôt douces, tantôt énervées, Gustaf & Bjorn alternent. Ca groove, ça bastonne sur la batterie, ça plane, ça break, ça fait des chœurs, ça fait plein de trucs quoi. On sent vraiment que le groupe se régale à jouer ensemble. C’est encore le cas sur l’avant dernier morceau « You Got Nothing On Me« . Titre irrésistible, porté par des voix « ravageuses ». l’album se termine avec « The Shining« ,un titre découpé en deux parties, comme c’est souvent le cas sur les récents albums. Rock épique d’abord, au couplet entraînant, puis ballade dépouillée près du feu de bois pour terminer.Meilleur album de 2009 tous genre confondus pour le moment, je place beaucoup d’espoir sur ce groupe. A l’instar des Kings of Leon ou Okkervil River, Mando Diao fait parti de ces groupes qui ne me déçoivent jamais. Auteurs d’une musique unique, possédant de vraies références musicales des années 60′, mais un son des années 2000, l’alchimie se fait. Un bonheur en cé début d’année à consommer sans modération.
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Sortie: 13 Février 2009 | Genre: Rock, Pop, 60′s | Infos: Myspace | Acheter sur: Itunes
Autres chroniques: à venir.







































































Le temps de finir de pomper l’album et je t’en donnerai quelques nouvelles.
Cela dit, j’avais été assez conquis par leurs précédentes galettes, d’autant plus conquis d’ailleurs que je les ai rencontré grace à un copain pendant mon année en Suède !