Ghost Town (2009)

Après avoir rigolé de longues heures devant la série Extras grâce au talent comique de Ricky Gervais, je me suis attaqué à ce Ghost Town. En tenant le premier rôle de cette comédie romantique, j’espérais  au moins retrouver l’humour détonant dont il faisait preuve dans la série britannique. Mais en évoluant dans un scénario où rien n’est approfondi, et où les bons sentiments à l’américaine prennent progressivement le dessus sur la drôlerie, il est difficile de tirer son épingle du jeu. La première partie du film, plutôt convenue, fonctionne et donne un peu d’espoir au spectateur. Malheureusement, la deuxième partie, en voulant mélanger comédie et romance, ne parvient ni à être amusant, ni romantique. Il est dommage de ne pas offrir au moins le minimum syndical, quand on s’offre la présence de Ricky Gervais dans une comédie. Ce dernier n’est d’ailleurs pas exempt de tout reproche. Si son personnage est amusant quelques minutes, il ne semble pas plus convaincu que nous de la réussite de ce film. En même temps, une fois que l’on sait que le réalisateur d’un jour (David Koepp) est l’auteur du scénario du dernier Indiana Jones, qui peut vraiment y croire ?

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Synopsis:

Bertran Pincus est un homme chez qui les relations humaines laissent à désirer. Il meurt soudainement puis ressuscite miraculeusement après sept minutes. Il se réveille alors avec le don particulièrement gênant de pouvoir parler à des fantômes. Pire, il semblerait qu’ils cherchent tous à obtenir quelque chose de lui, spécialement Franck Herlily qui le harcèle en lui demandant de tout faire pour annuler le mariage de sa veuve Gwen.

Critique:

Avant tout, un petit mot sur David Koepp. On lui a rien fait à cet homme, alors pourquoi ne nous laisse-t-il pas tranquille ? Rappelons qu’il a déjà réussi l’exploit de ramener des nazis et des extraterrestres dans « Indiana Jones Et Le Royaume De Cristal« . Et cette fois, en plus de participer au scénario, il est à la réalisation. Quelle chouette idée pour rendre une mauvaise copie. Pourtant, malgré un scénario improbable et une réalisation plutôt convenue, l’ensemble semble fonctionner. On suit l’histoire amusante du Docteur Pincus (Ricky Gervais). Dentiste, il ne supporte pas les gens, les trouvant exécrables et ennuyeux. Égoïste, socialement insupportable, il passe la majorité de son temps à les éviter. Plutôt drôle jusque là, Ricky Gervais montre qu’il n’a pas perdu son humour particulier, même si il est moins incisif qu’il pouvait l’être dans Extras. C’est après une coloscopie que sa vie va être bouleversée. Grâce à la créativité sans faille de David Koepp, il décédera pendant quelques minutes seulement suite à une anesthésie générale, et aura la chance d’être l’unique être humain vivant à pouvoir communiquer avec les morts de Manhattan. Quel talent, quel génie ! Enfin passons, on a pas le choix. Les décédés de New-York, ravis de voir qu’un vivant peut entre en contact avec eux, lui demandent de rentrer en contact avec leurs proches. A ce petit jeu, c’est Frank Herlihy (Greg Kinnear) qui va réussir à convaincre le dentiste de rentrer en contact avec sa femme Gwen (Téa Leoni), pour qu’elle quitte son actuel petit ami.

C’est à partir de là que ce qui semblait être une comédie plus ou moins prometteuse va partir en sucette. Frank tente en vain de coacher Policus, qui n’en fait qu’à sa tête pour approcher Gwen. Certaines situations se révèlent assez drôles, Ricky Gervais restant avant tout un dragueur ridicule. Mais déjà, le tout semble convenu, Ricky Gervais tente en vain de rendre les interactions plus folichonnes, mais on n’y croit pas. Et c’était sans compter avec l’insupportable Greg Kinnear, qui plombe un peu plus un film déjà tombé bien bas. Ces apparitions se font de plus en plus lourdes, passant tour à tour du macho basique au mec sensible. Et c’est pas son smoking et son blackberry qui vont donner de la gueule au personnage. Le plus ennuyeux dans tout ça, c’est l’évolution du personnage interprété par notre ami Ricky, qui tombe dans les clichés. On aurait aimé qu’il reste égal à lui même, mais prisonnier d’un scénario rempli de bons sentiments, son talent s’éteint petit à petit. Tombant amoureux de Gwen, puis passant de l’égoïsme  à la générosité en un claquement de doigt, le gnian-gnian arrive à grands pas, et réduit à néant tout espoir de voir une bonne comédie.

Le film souffre de beaucoup trop de défauts, et ne s’en tire même pas avec le minimum syndical qu’on peut attendre d’une comédie romantique. Hormis ce qui a déjà été évoqué, les morts ne restent qu’un prétexte pendant tout le film. Tant qu’à produire un scénario mauvais, autant l’assumer jusqu’au bout. A l’exception  d’une ou deux situations où Ricky Gervais doit à la fois faire face à Gwen et aux personnes décédées, jamais ces derniers ne sont utilisés pour créer des situations comiques. Et que dire de la bande originale, qui aurait pu s’avérer être un bon secours au film. La pop/folk des Beatles insufflent un brin de fraîcheur au film, mais les titres mielleux reprendront progressivement leur place, restant après tout dans l’état d’esprit du film. Un beau gâchis donc. Car même si la présence de David Koepp indiquait dès le départ que cette comédie ne serait pas un chef d’œuvre, on pouvait penser légitimement que la présence de Ricky Gervais suffirait à rendre la réalisation digeste. Mais celui-ci nous lâche après quarante minutes, plongeant le film dans une mièvrerie insupportable. La prochaine fois Ricky que tu passes au grand écran, lis le scénario s’il te plaît.

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Sortie: 11 Mars 2009 | Genre: Comédie, Fantastique | Réalisateur: David Koepp | Infos: Allociné

Durée: 1 h 42

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